[Africa Diligence] Dans un rapport daté du 3 septembre 2014, l’ONG britannique ONE pointe 1000 milliards USD/an minimum perdus par les pays en développement à cause de la fraude et du blanchiment. Des activités illicites qui empêchent le financement de leur lutte contre l’extrême pauvreté, les maladies et la famine. 

C’est la «casse du siècle». Chaque année, les pays pauvres seraient privés «d’au moins mille milliards de dollars (750 milliards d’euros)», à cause du blanchiment d’argent, de la corruption et d’autres fraudes. Dans un rapport publié mercredi, l’organisation britannique ONE fondée par le chanteur Bono dénonce ces activités illicites et opaques, qui «dépouillent» les pays en développement.

En termes de recettes fiscales, ces pertes représenteraient au minimum 38 à 62 milliards de dollars. Une somme que les gouvernements devraient, selon la directrice de ONE France Friederike Röder, pouvoir investir dans les «soins de santé, la sécurité alimentaire et les infrastructures essentielles», ce qui permettrait d’«éviter le décès de 3,6 millions de personnes dans les pays les plus pauvres chaque année».

En Afrique subsaharienne, ONE assure que l’éradication de ces détournements d’argent pourrait financer l’éducation de 10 millions d’enfants supplémentaires par an, 500.000 instituteurs supplémentaires, des médicaments antirétroviraux (ARV) pour plus de 11 millions de personnes touchées par le VIH, et près de 165 millions de vaccins.

 Quatre domaines d’action

À la veille de la réunion des ministres de Finances du G20 placée sous l’objectif de la croissance mondiale, qui se tiendra les 20 et 21 septembre en Australie, ONE demande au groupe de puissances mondiales de réagir. Des «mesures simples et peu coûteuses» sont attendues. Elles permettront, selon l’organisation, de «récupérer des revenus provenant d’auteurs de fraude fiscale et créant de nouvelles opportunités économiques».

Concrètement, l’organisation demande aux dirigeants du monde d’agir sur quatre points spécifiques. Une «lutte contre l’opacité des sociétés écrans», en ouvrant nombre de données, notamment sur les propriétaires réels des sociétés et trusts devrait être instaurée. Il s’agit également d’exiger le respect de «normes mondiales de transparence en matière d’exploitation de ressources naturelles», obligeant les entreprises à rendre publiques toutes leurs informations sur les paiements aux gouvernements. Pour lutter contre la fraude fiscale, ONE demande également un système d’échange automatique des données fiscales obligatoire pour toutes les entreprises et accessible partout. Enfin, l’organisation souhaite un meilleur accès aux informations et données pour les citoyens, leur permettant de contrôler l’utilisation des ressources publiques.

Ces mesures devraient également bénéficier aux pays développés. Le 02 septembre 2014, l’Espagne déclarait en effet avoir récupéré 28 milliards d’euros depuis le financement en 2012 d’un plan contre la fraude fiscale, qualifiée de «fléau» freinant la reprise économique.

Jeanne Fremin du Sartel

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