(Africa Diligence) Tirée essentiellement par la demande intérieure, dont l’investissement public, l’économie algérienne a enregistré en 2013 une croissance réelle de 3%. Cette performance a été réalisée dans un contexte de décélération de l’inflation, ressortie à 3.3 %, grâce aux efforts des autorités algériennes pour maîtriser la liquidité monétaire, contenir l’expansion de la demande de biens et services et accroître l’offre. Selon les experts en intelligence économique d’Africa Diligence, l’Algérie doit développer les meilleures pratiques de financements des PME.

La bonne position extérieure de l’Algérie a continué de s’affaiblir en 2013 : l’excédent de la balance courante s’est en effet établi à 1.2 % du PIB, en recul par rapport aux 5.9 % atteints en 2012, sous l’effet conjugué d’une baisse des exportations d’hydrocarbures et de la hausse des importations. Toutefois, l’Algérie poursuit sa politique de faible endettement vis-à-vis de l’extérieur et possède des réserves de change confortables équivalent à plus de trois ans d’importations.

Le développement du secteur privé est entravé par les difficultés d’accès au crédit, les complexités de l’environnement réglementaire et la lourdeur des procédures de création d’une entreprise. Sur le plan budgétaire, l’adoption de politiques expansionnistes a permis à l’économie de se redresser, mais a creusé le déficit, qui a atteint un niveau record de 4% du PIB en 2012 et devrait se maintenir à ce pourcentage en 2014-2015 compte tenu de la baisse des recettes tirées des hydrocarbures.

Les dépenses publiques se situent autour de 40 % du PIB, en raison notamment d’un accroissement du budget alloué au programme d’investissement (280 milliards de dollars pour la période 2010-2014), mais surtout à cause de la forte hausse des dépenses consacrées aux salaires et transferts. Les subventions, en particulier, qui ont représenté plus de 15 % du PIB en 2012, continuent de peser sur les finances publiques, ce qui souligne l’urgence d’une réforme en la matière.

Depuis le 24 juin 2014, la Banque d’Algérie a réformé le dispositif réglementaire prudentiel pour être en conformité avec les règles prudentielles et les nouveaux standards et normes du Comité de Bâle. D’après le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohammed Laksaci, trois règlements ont été édictés par le Conseil de la monnaie et du crédit au premier trimestre 2014, avec effet à partir d’octobre, portant ratios de solvabilité, grands risques et participations, et classement et approvisionnement des créances et engagements par signature.

Dans cette nouvelle réglementation, le ratio de solvabilité minimum par rapport au « Tier one » est fixé à 9.5%, soit un ratio supérieur au minimum recommandé par le Comité de Bâle. De plus, en matière de renforcement de sa capacité d’évaluation de la situation de risque bancaire, la Banque d’Algérie pourra compter, à partir de 2015, sur l’utilisation effective du nouveau modèle de stress testing ainsi que sur la généralisation du système de notation des banques de la place.

L’Algérie entend moderniser sa centrale des risques en mettant en place une infrastructure plus globale des risques qui permettront de disposer dès 2015, d’un outil important de surveillance du risque. Pour Laksaci  « L’approfondissement de la réforme du secteur financier, à partir de cette année, permettra d’asseoir une allocation plus efficace des ressources d’épargne nationale au profit de l’investissement productif et du financement de la croissance hors hydrocarbures, une croissance inclusive créatrice d’emplois, moins dépendante de la sphère budgétaire et portée par le développement des PME ».

Le fort rythme de progression des crédits à l’économie en 2013, 20.3% contre 15.1% en 2012 et 14% en 2011, tiré par le dynamisme des crédits à moyen et long termes (27.6%), émerge comme principal déterminant de l’expansion monétaire en 2013. De l’année 2000 à 2013, le taux d’accroissement moyen des crédits a été de 19.4%, au moment où le cadre macroéconomique est caractérisé par un excès de l’épargne sur l’investissement. Des efforts importants ont été consentis ces dernières années en Algérie pour promouvoir une activité économique inclusive, notamment en accélérant les efforts d’inclusion financière.

(Knowdys Database, avec Perspectives économiques en Afrique, Banque mondiale et Liberté)

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