[Africa Diligence] Depuis quelques années, le Burundi a progressé dans la mise en place d’un environnement macroéconomique relativement stable. Pour Knowdys, le pays doit diversifier son économie pour réduire son exposition aux chocs tout en renforçant la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Le décollage économique est à ce prix.

Au plan économique, la croissance a été modérée en 2013 (4,6% contre 4,2 % en 2012), à cause de la hausse des prix mondiaux des hydrocarbures et des produits alimentaires qui ont affecté l’activité économique. Elle devrait légèrement progresser au quatrième trimestre 2014, pour atteindre 5,2%, tirée par l’activité agricole, en particulier la production de café et dans une moindre mesure de thé. Après le nouveau record atteint en 2012 (18,2%), l’inflation a baissé en 2013, pour atteindre 2%. Elle devrait ralentir davantage en 2014-2015, grâce à la modération des prix des biens importés (produits alimentaires et matières premières) et à une politique plus restrictive de la Banque centrale.

Le déficit budgétaire s’est réduit, passant de 9,1% en 2012 à 2% en 2013, engendrant ainsi une baisse de poids de l’endettement sur l’économie. Le franc burundais (BIF) s’est déprécié de 5% par rapport au dollar américain entre janvier et décembre 2013.

Le secteur financier reste peu diversifié et largement dominé par le secteur bancaire, en dépit d’une évolution économique relativement positive. Il se distingue par la faiblesse de l’épargne à long terme, laquelle rend difficile le financement des investissements. Le taux d’intérêt moyen pondéré appliqué par les banques en 2013 avoisine 20% (TVA incluse). Les crédits accordés au secteur privé se concentrent sur le secteur du commerce (environ 60% du total), traduisant une préférence pour les prêts à court terme (plus de 63% du total). Les transactions se font pour la plupart en espèces et au travers d’échanges physiques des paiements.

Au plan politique, une stabilité politique est observée depuis les dernières élections de 2010. Des progrès ont été accomplis pour la consolidation de la démocratie et la reconstruction du pays. Les ateliers inter-burundais (AIB) ont été mis en place en mars et en mai 2013, sous l’égide de la communauté internationale, regroupant tous les partis politiques, y compris les opposants en exil, dans un climat relativement apaisé. Les AIB ont permis de relancer le dialogue politique dans la perspective des élections de 2015. Ces dernières constituent un défi de taille pour la stabilité du pays et son attractivité aux yeux des investisseurs internationaux.

Au niveau des réformes, le cap des politiques d’optimisation des performances inscrites dans le cadre de la stratégie de croissance et de lutte contre la pauvreté, deuxième génération (CSLP II), est assez bien tenu par les autorités. Les efforts engagés ont déjà permis d’enregistrer d’importants progrès, notamment dans l’amélioration du climat des affaires. Toutefois, le Burundi est confronté à des défis majeurs, en particulier la nécessité d’asseoir les bases d’une croissance économique accélérée aptes à créer des emplois et à améliorer durablement les conditions de vie de la population. À cet effet, les réformes visant à consolider le système de gouvernance, améliorer davantage le climat des affaires et développer les infrastructures dans les secteurs vitaux de l’économie (transports et énergie notamment) doivent être amplifiées.

Au plan commercial, les exportations restent fortement tributaires du café. Ce dernier représente plus de 70% du total des exportations. Leur destination est relativement peu diversifiée : la sous-région (Communauté de l’Afrique de l’Est – CAE –, RDC) et l’Europe (20% du total). Les importations sont en grande partie constituées de produits manufacturés en provenance des pays de la CAE, de l’Union Européenne (UE) et d’Asie. En 2013, le niveau des importations totales est estimé à 20.5% du PIB contre 22,9% en 2012, tandis que les exportations ont reculé de 5,5% en 2012 à 4,3% du PIB en 2013.
Pour ce qui est de l’Indice de développement humain, les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la politique de gratuité des frais de scolarité pour le cycle primaire ainsi que dans les soins destinés aux enfants de moins de 5 ans et aux femmes enceintes ont permis au Burundi de progresser entre 2012 (0,355) et 2013 (0,389) sur l’Indice de développement humain.

Le niveau de sécurité s’est lui aussi considérablement amélioré dans le pays depuis 2003, année de signature de l’Accord Globale de Cessez-le-feu entre le CNDD-FDD et le gouvernement de transition. Cette amélioration s’est poursuivie après les élections de 2005 et les conséquences sont visibles sur la vie des citoyens du pays, malgré les menaces. La détérioration de la sécurité suite au retrait du mouvement PALIPEHUTU-FNL est palpable, même si le gouvernement ne ménage aucun effort pour que la paix soit assurée dans le pays.

Côté business, l’environnement des affaires burundais s’est nettement amélioré au cours des trois dernières années. Selon le rapport Doing Business de la Banque Mondiale, le pays est passé de la 157e place au classement 2013, à la 140e au classement 2014, soit une variation de 17 places. Le Burundi est cependant en retard par rapport aux autres pays de la sous-région sur la base d’indicateurs que Bujumbura œuvre à améliorer. Le pays est en effet classé 146e sur 148 pays selon le rapport 2013/2014 sur la compétitivité mondiale (Global Competitiveness Report) publié par le World Economic Forum, avec un indice de 2,85 en 2013 contre 2,9 en 2010.

Préconisation: Pour rendre sa croissance inclusive, la poursuite des réformes engagées est absolument nécessaire. Elle permettra de stimuler davantage le développement du secteur privé, surtout en ce qui concerne la compétitivité des entreprises. L’énergie est vitale pour rehausser l’économie burundaise et la diversification est (avec la paix) la clé pour un vrai décollage économique.

(Knowdys Database, avec Coface, FMI et PEA)

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