(Africa Diligence) Avec une position géographique stratégique au bord du golfe de Guinée qui en fait le débouché naturel pour les pays et les régions enclavées d’Afrique centrale (Tchad, Centrafrique et Nord Congo), le Cameroun est incontestablement un pays influent de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Pour les experts en intelligence économique d’Africa Diligence, le Cameroun gagnerait à booster son économie en augmentant davantage les investissements.

L’économie en légère hausse en 2013 (4.9% contre 4.4% en 2012), devrait demeurer vigoureuse en 2014 (prévision de 5% selon la Banque africaine de développement). Le Cameroun est doté de ressources naturelles abondantes et variées (pétrole, bois, cacao, fruits, caoutchouc, coton). Cependant, l’environnement des affaires reste difficile, ce qui freine la participation du secteur privé. Le pays continu à pâtir du sous-investissement chronique de ces dernières années (notamment dans le secteur de l’électricité) et l’économie reste très exposé à la volatilité des cours mondiaux des matières premières, dont ceux du pétrole (49% des exportations et 29% des recettes budgétaires).

La hausse de l’investissement se reflète dans celle des importations de biens d’équipement mais la progression des exportations devrait freiner celle du déficit courant, qui devrait baisser légèrement au regard du PIB en 2014. Ce déficit est, par ailleurs, couvert sans difficulté majeure par l’emprunt à long terme et l’investissement direct étranger, le secteur le plus ciblé par ces derniers est celui des industries extractives. Le déficit budgétaire global, base caisse et dons compris, est estimé à 4.1% du PIB en 2013, contre 2.5% du PIB en 2012. L’augmentation des dépenses a contribué à la détérioration des résultats. Pour ce qui est de l’inflation, elle est descendue à 1.9%, contre 2.4% en 2012.

Grâce à l’allégement de la dette obtenu en 2006 dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale, la dette publique a été ramenée à un niveau soutenable. Toutefois, son stock et son service pourraient sensiblement augmenter dans les années à venir, du fait de la progression de la dette intérieure et d’un recours accru aux emprunts non concessionnels.

Le système bancaire s’est stabilisé mais, certaines petites banques commerciales demeurent en grande difficulté et leur restructuration se fait attendre. Le reste du secteur, dominé par de grandes banques internationales, est sain mais demeure exposé à la concentration excessive du crédit sur un petit nombre d’emprunteurs, dont la raffinerie de pétrole nationale (SONARA), elle-même fragilisée par les retards de paiement du gouvernement. Les créances douteuses se maintiennent à un niveau relativement élevé.

Le Cameroun demeure politiquement l’un des pays les plus stables de la région. Le président Biya (81 ans) a été réélu, en octobre 2011, pour un mandat de sept ans. Son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), a largement remporté les élections municipales et législatives de septembre 2013. La principale incertitude porte sur la succession du chef de l’Etat dont le départ pourrait déclencher une lutte interne pour le pouvoir et remettre en cause l’équilibre interethnique. Le président du nouveau Sénat, devenu la deuxième personnalité de l’Etat, pourrait toutefois faciliter la transition.

Bien que les causes d’insatisfaction soient nombreuses (population jeune et souvent au chômage, pauvreté endémique, fossé entre l’élite économique et la majorité de la population, insécurité, corruption), les capacités de mobilisation sociale semblent limitées.

Les frontières du Cameroun sont fragilisées par les conflits et tensions existantes dans les pays voisins. Notamment au Nigeria, avec la secte islamiste Boko Haram, en République Centrafricaine (RCA), avec la guerre entre les rebelles Seleka et le gouvernement qui dégénère aujourd’hui en conflit religieux entre les musulmans et les chrétiens. La porosité des frontières camerounaises avec ces pays instables augmente le risque de passage de bandits et de trafiquants.

Le gouvernement s’est engagé dans une série de réformes économiques soutenues par la Banque mondiale et le FMI. Cependant, les ressources publiques du Cameroun sont toujours caractérisées par une forte dépendance vis-à-vis des recettes pétrolières. Celles-ci ont continué à augmenter en 2013. Elles devraient rester soutenues dans les prochaines années, grâce à la mise en service de nouveaux puits et à la mise en œuvre de nouvelles techniques d’extraction.

(Knowdys Database, avec la Banque mondiale, le FMI, CIA et Coface)

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