(Africa Diligence) Membre de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), le Cameroun poursuit une politique budgétaire de moyen terme visant à réduire les déficits pendant les périodes fastes, en utilisant la manne pétrolière pour financer des investissements porteurs de croissance. La mise en place d’un budget-programme en 2013 ouvre la voie à une meilleure gestion des dépenses publiques. Pour les experts en intelligence économique d’Africa Diligence, le secteur financier peut soutenir davantage la croissance.

Finances publiques

En ce qui concerne les finances publiques, le Cameroun s’est doté en 2013 d’un cadre budgétaire à moyen terme conforme à la directive de la CEMAC sur les budgets programmes. Ce cadre budgétaire qui est aligné sur le document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE 2010-2020) met justement l’accent sur la croissance et l’emploi. Il oriente les actions vers le développement des infrastructures, à travers la mise en œuvre de grands projets structurants dans les domaines de l’énergie, du transport et des télécommunications.

Le budget 2014 est le deuxième exercice à réaliser dans le cadre de la réforme des finances publiques prévue par la loi n°2007/006 de décembre 2007 portant régime financier de l’Etat. L’année 2013 a vu le passage très difficile aux « budgets programmes », dont la mise en œuvre n’est en réalité que peu effective, en raison de difficultés d’appropriation. La loi de finances 2014 a fixé les dépenses à 3 312 Milliards de Fcfa (5,05 Milliards EUR, +2,4 %). Les dépenses d’investissement (+4,5%) sont fixées à 1 000 Milliards de Fcfa. Les recettes propres sont attendues à 2 703 Milliards de Fcfa, soit +1,5% par rapport à la loi de finances 2013.

Classement des banques

Le classement des 200 plus grandes banques africaines publiées par la revue Africa Report, en 2013, met en exergue sept banques camerounaises. Il s’agit en premier du holding Afriland First Group, qui est classé 68e, et gagne pour le compte de l’année 2013, 10 places par rapport à l’année 2012. Ensuite, viennent la SGBC (aujourd’hui SGC), 136e en recul de 6 places par rapport à 2012, la BICEC, 137e en recul de 6 places. Afriland First Bank, 139e en retrait de 2 places par rapport à 2012. La Standard Chartered Bank (163e), la Société camerounaise de banque (SCB) filiale d’Attijariwafa Bank 169e, soit un recul de 6 places et Ecobank Cameroun (195e, soit une place de perdue par rapport à 2012).

De manière générale, le classement 2013 d’Africa Report, se fonde sur le total bilan des banques comme principal critère d’évaluation.

Douala Stock Exchange

Située dans la ville portuaire de Douala, capitale économique du Cameroun, la bourse camerounaise (DSX) est une société anonyme dont le tour de table est détenu à 63,7% par dix banques commerciales privées, le Crédit foncier du Cameroun, le FMO hollandais et le reste est complété par des intérêts publics (23%) et des compagnies d’assurances privées (13,3%). Pour attirer plus de souscripteurs et d’émetteurs, l’Etat a mis en oeuvre un certain nombre d’incitations : réduction de l’impôt sur les sociétés (IS) pour une période de trois ans. Les émetteurs peuvent, selon les conditions, bénéficier d’un taux, jusqu’à 10%, soit d’une réduction substantielle par rapport au taux de droit commun (35%). Les dispositions sont valables pour les entreprises non cotées faisant appel public à l’épargne et qui consentent à échanger des titres de capital ou de créance à la bourse.

Aujourd’hui, la question de la fusion DSX et BVMAC (Bource des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale) se pose avec pertinence. En 2011, la Banque africaine de développement (BAD) avait proposé un projet de fusion pour stopper la compétition engagée depuis plusieurs années entre les deux places boursières. Selon la proposition de la BAD, la bourse régionale devrait être déplacée au Cameroun, précisément à Douala où l’activité économique est plus importante, et le régulateur de la sous-région (COSUMAF) devrait être maintenu dans la capitale gabonaise. Ce projet était prévu pour être entériné lors du sommet des chefs d’Etat de la sous-région de janvier 2012. Mais sur le sujet, on a juste admis le principe et renvoyé le dossier pour discussion.

(Knowdys Database, avec Perspectives économique en Afrique, et Investir au Cameroun)

1 COMMENTAIRE

  1. Cette analyse objective nous montre tout simplement que malgré tut ce qu’on peut en dire, l’économie du Cameroun est dynamique. Pas aussi dynamique qu’elle aurait pu l’être dans des CNTP, mais tout de même. Afriland étant la seule à gagner des places, pendant que les « grosses écuries » du nord en perdent, n’y a-t-il pas des raisons là de ne pas être pessimiste?

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