[Africa Diligence] Au cœur du continent, le Cameroun est regardé comme l’Afrique en miniature. Grâce à des secteurs à fort potentiel (agriculture, mines, énergie, tourisme), au dynamisme de son économie et à sa position stratégique, le pays favorise des projets qui contribuent à faire reculer le chômage endémique. Un lion dompté est toujours un lion.

Le chômage des 17-40 ans est un phénomène très marqué dans les deux capitales du Cameroun. Douala et Yaoundé connaissent les niveaux de chômage et de sous-emploi des jeunes les plus élevés du pays. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont les plus touchés. Autant ils préfèrent la sécurité du salariat, autant ils n’acceptent pas le premier emploi proposé… Sous la pression qui en découle, les autorités multiplient les efforts pour venir à bout du phénomène à travers des normes juridiques et des dispositifs incitatifs qui bénéficient de très peu de publicité.

Contrat de travail

Les principaux types de contrats de travail en vigueur au Cameroun sont : les contrats atypiques (le contrat d’apprentissage, le tâcheronnat et les contrats de travail précaire) et les contrats typiques (le contrat de travail à durée indéterminée et le contrat de travail à durée déterminée).

Le contrat à durée déterminée ne peut ni être conclu pour une durée supérieure à deux ans ni être renouvelé plus d’une fois avec la même entreprise. Au terme du premier renouvellement, si les relations de travail se poursuivent, le contrat se transforme en un contrat à durée indéterminée.

Avant la signature de l’un de ces contrats, un contrat d’engagement à l’essai est préalablement signé pour une durée de 6 mois, renouvellement compris. Il a pour but :

  • Pour l’employeur : d’apprécier la qualité des services du travailleur et son rendement
  • Pour le travailleur : d’apprécier les conditions de travail, de vie, de rémunération, d’hygiène et de sécurité ainsi que le climat social.

Le contrat de travail concernant un travailleur de nationalité étrangère doit également être constaté par écrit et doit avant tout commencement d’exécution être visé par le Ministre du Travail. Il en est de même de son renouvellement. Si le visa est refusé, le contrat de travail est nul de plein droit. Si le Ministre n’a pas fait reconnaître sa décision dans les 2 mois consécutifs à la demande de visa, ce dernier sera réputé avoir été accordé.

L’employeur doit délivrer au travailleur un certificat de travail, quel que soit le motif de la résiliation du contrat. Ce certificat doit indiquer exactement la date d’entrée du travailleur, celle de sa sortie, la nature et la date des emplois successivement occupés au sein de l’entreprise.

Durée de travail

La durée légale de travail est fixée à 40 heures par semaine. Le repos hebdomadaire est obligatoire. Il est au minimum de 24 heures consécutives par semaine, en principe le dimanche et ne peut être remplacé par une indemnité compensatrice. Tout travailleur a droit à un congé annuel payé. Il est d’un jour et demi par mois et est majoré pour l’ancienneté. La durée du congé annuel est donc augmentée à raison de deux jours ouvrables par année à partir de 5 ans d’ancienneté dans la même entreprise.

Le travail de nuit est considéré comme tout travail effectué entre 10 heures du soir et 6 heures du matin. Il est interdit aux femmes, aux femmes enceintes et aux enfants d’exercer le travail de nuit dans l’industrie. Il est interdit de faire effectuer plus de 20 heures supplémentaires par semaine.

Le Cameroun interdit (théoriquement) tout emploi salarié des enfants âgés de moins de quatorze ans, même pour un apprentissage. Les faits sont autre chose… Toutefois, il est possible d’obtenir des dérogations par autorisation ministérielle, ce qui arrive rarement. L’âge minimum pour le travail de nuit est de dix-huit ans pour l’industrie seulement. Dans le secteur public, l’âge de la retraite est fixé à 50, 55 et 60 ans, en fonction de la branche d’activités dans laquelle on évolue.

Cotisations sociales

Le salaire mensuel minimum au Cameroun est de 36 270 FCFA. En principe, les paiements mensuels doivent être effectués au plus tard 8 jours après la fin du mois de travail qui donne droit au dit salaire. Chaque salarié doit être affilié à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) pour assurer sa subsistance pendant sa retraite. Le montant mensuel de la pension de vieillesse est égal à 30% de la rémunération mensuelle moyenne de l’assuré. Une partie importante des cotisations est à la charge de l’employeur :

1 – Prestations familiales :

  • 7% pour les travailleurs relevant du régime général, y compris les domestiques et les gens de maison
  • 5,65% pour les travailleurs relevant du régime agricole et assimilés
  • 3,7% pour le personnel de l’enseignement privé.

2 – Assurance Pension : 4,2% à la charge de l’employeur

3 – Accidents du travail et Maladies professionnelles : de 1,75% ; 2,5% ou 5 % suivant les risques encourus dans l’entreprise. Seulement 2,8% de pension assurance est à la charge du salarié.

Partenariats Sociaux

Les travailleurs et les employeurs ont le droit de s’affilier à un syndicat de leur choix dans le cadre de leur profession ou de leur branche d’activité. Il est cependant interdit à l’employeur :

1 – tout acte de discrimination tendant à porter atteinte à la liberté syndicale du travailleur

2 – toute pratique tendant à :

  • subordonner l’emploi à l’affiliation ou à la non-affiliation du travailleur à un syndicat
  • licencier un travailleur ou lui causer un préjudice quelconque en raison de son affiliation ou de sa non-affiliation à un syndicat ou de sa participation à des activités syndicales.

(Avec Knowdys Database, l’OIT et le Code du travail camerounais)

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