[Africa Diligence] Cécile Thiakane est Chief Sales and Marketing Officer chez la parisienne Dreamquark. Cette société à forte croissance est spécialisée dans les big data et le deep-learning dont les technologies proviennent de la physique des particules. Titulaire d’un Master marketing et communication de l’Université Panthéon Assas, cette adepte de l’afro-responsabilité décrypte l’émergence africaine à l’aide de métadonnées.

D’une discrétion exceptionnelle, Cécile Thiakane travaille patiemment à répondre durablement aux problématiques d’entreprises des secteurs de l’assurance, de la santé, des cosmétiques ou du conseil pour ne citer que quelques secteurs. La Sénégalaise ambitionne ni plus ni moins que de réinventer les modèles d’affaires de ses clients et de mobiliser les technologies pour sortir le continent africain du piège de la pauvreté dans lequel l’enferment le déficit des technologies.

Africa Diligence : Croyez-vous en l’émergence économique du continent africain ?

Cécile Thiakane : Je crois en l’émergence de l’Afrique par les Africains et pour les Africains au travers d’une démarche concomitante des systèmes et des acteurs en référence au concept d’Afro-responsabilité développé par Mathias Mondo, spécialiste de l’innovation technologique. Il mobilise les droits politiques, l’égalité et la liberté des acteurs, pour les amener à remplir leurs devoirs de sauvegarde des valeurs, de gouvernance et d’ouverture réfléchie au monde. Mondo implique davantage les Africains dans la conscientisation, l’assomption de leurs responsabilités et la formation, toutes choses structurantes pour les systèmes économique, social et politique du continent. Je crois donc d’autant plus à cette Afrique émergente que la mise en œuvre de ce concept permettra peut-être, enfin, à l’Afrique de parler d’égal à égal avec ses interlocuteurs, de pleinement tirer profit du socle de soft et de hard power constitué par ses ressources naturelles, ses ressources intellectuelles et par le dynamisme de sa diaspora. L’afro-responsabilité offre des possibilités de procéder à des rapprochements internationaux bilatéraux ou multilatéraux permettant à tout Africain de s’intégrer à un ensemble affectif ou intellectuel. L’on pourrait ainsi s’honorer de voir les universitaires et autres chercheurs qui lui sont étrangers venir s’enrichir de ses modèles de croissance

S’il fallait vous aider à contribuer au développement rapide de l’Afrique, quels leviers pourrait-on activer ?

Le principal levier de développement rapide de l’Afrique est inéluctablement celui de la technologie et plus particulièrement, l’émergence des big data sur le continent. C’est une source inestimable de bien-être des populations qui reposera sur un savant mélange de volonté politique et de nouvelles technologies. Ce gap technologique sera comblé, et j’y contribue, par la mise en place de partenariats de transferts de compétences et des processus d’industrialisation du Deep-learning qui ont vocation à transformer autant les industries des services que celles des produits sur le continent.

Si vous vous retrouviez à la tête de votre pays, dans les 24 heures, quelles seraient vos trois premières décisions ?

Je lancerais de grands travaux visant à réduire de manière drastique les coûts de communications et à maximiser leur qualité. La deuxième décision serait la réalisation des travaux d’infrastructures routières permettant de désenclaver les régions et d’assurer la mobilité des personnes et des biens intra et inter pays. Enfin, un plan stratégique serait élaboré, qui prendrait la forme d’un vaste chantier de réformes de l’éducation en vue de sélectionner les métiers dans lesquels l’Afrique devrait se spécialiser pour être compétitive dans un contexte de mondialisation.

Que pensez-vous de l’avènement du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique ?

Le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique est déjà d’une grande utilité. Au-delà de la prise de conscience des acteurs, il donne accès aux données aux entreprises déjà établies et à celles projetant de s’installer sur le continent. C’est un référentiel d’informations fiables sur les marchés. Cette connaissance des écosystèmes locaux est structurante dans le processus de prise de décision et dans les cycles d’analyse stratégique et de réduction de l’incertitude qui resteront inéluctables durant des opérations de fusion-acquisition ou de croissance organique via la pénétration de marchés.

Propos recueillis par la Rédaction

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