[Africa Diligence] Intervenant à la conférence du CERDOTOLA, du 18 au 21 juin 2015, au Sofitel Mont-Febe de Yaoundé, Guy GWETH, fondateur de Knowdys, aura la lourde responsabilité de ressusciter l’âme et l’esprit de la stratégie africaine face à l’hypercompétition. Thème des travaux: « L’Afrique à la quête d’un développement culturellement soutenable: la place et le rôle des traditions africaines dans la dynamique contemporaine de l’émergence ».

Avec le glissement de la géopolitique vers la géoéconomie, la nature des affrontements entre nations a muté. Depuis la chute du mur de Berlin, ce changement de paradigme a fait de l’économie le terrain de compétition par excellence. Organiser et codifier la pensée, produire des connaissances et décerner des prix d’excellence, fixer les normes et les standards internationaux sont autant d’armes de guerre économique aux mains des puissances. A défaut d’être contrôlée ou étouffée, l’émergence des uns se fait donc nécessairement au détriment des autres. Dans ce contexte, est-il possible que ceux qui sont chargés de défendre et de promouvoir les intérêts de l’Afrique y parviennent si, essentiellement formés et inféodés à la pensée stratégique occidentale, ils ignorent, perdent ou renient toute notion de stratégie africaine ? Après avoir documenté les apports des jeux d’échecs et de go dans les stratégies de puissances occidentale et chinoise, l’intervention de Guy GWETH aura en vue de montrer, à l’aide de cas concrets, comment les ressorts de l’Awélé – jeu de stratégie africain – peuvent contribuer à révolutionner la pensée stratégique des décideurs africains face à l’hyper-compétition.

Guy GWETH est le fondateur de Knowdys Consulting Group, leader du conseil en intelligence économique et due diligence en Afrique centrale et de l’Ouest. Ancien de la 4ème promotion de l’Executuive Doctorate in Business Administration de l’Université Paris Dauphine, il est également diplômé de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), du Centre d’études Diplomatiques et Stratégiques de Paris (CEDS), de l’Institut International de Communication de Paris (IICP) et de la Faculté de droit et sciences politiques de l’université de Yaoundé II. A 36 ans, il est Responsable du programme « Doing Business in Africa » à l’École Centrale de Paris et professeur de due diligence internationale pour MBA à l’Ecole Supérieure de Gestion de Paris. Il enseigne par ailleurs la géostratégie africaine à l’Université de Reims Champagne Ardennes, l’économie d’entreprise et les stratégies d’émergence à la BGFI Management School de Libreville au Gabon. Il est l’auteur de deux ouvrages publiés en janvier et mars 2015 : « Maroc-Afrique : ils ont trahi le roi » et « 70 chroniques de guerre économique ».

COMMUNIQUE DU CENTRE INTERNATIONAL DE RECHERCHE ET DE DOCUMENTATION SUR LES TRADITIONS ET LES LANGUES AFRICAINES (CERDOTOLA), INSTITUTION INTER-ETATS DE COOPERATION SCIENTIFIQUE POUR LA PRESERVATION, LA DIFFUSION ET LA MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE AFRICAIN

S’inscrivant dans les projections d’expansion de la prospérité capitaliste après la guerre froide, un rapport de la Banque mondiale sur la transposabilité du modèle de développement asiatique en Afrique ouvrait la voie à un des programmes de recherche les plus importants dans l’histoire des études comparées du développement. Vingt ans plus tard, ce programme est presque complètement abandonné en tant que référence prescriptive. Une des raisons majeures de cet abandon est l’impératif catégorique de trouver des voies et moyens qui, certes comparables, doivent nécessairement être propres à l’Afrique.

Si l’enjeu qui garde toute son actualité, il oriente cependant la réflexion dans des directions opposées. D’une part, l’idée de transposabilité des modèles, orientaux ou occidentaux, reste assise sur des prédicats dépendantistes ou exogénistes, dont les corrélats développementalistes appliqués aux politiques de construction des Etats et des régimes d’accumulation ont depuis longtemps fait faillite en Afrique. D’autre part, l’émergence de l’Asie, et le « miracle japonais » qui en est l’étape inaugurale, et donc d’une certaine manière émulée par les pays du sud-est asiatique, réhabilite l’idée de transposabilité qui apparaît dès lors sous-tendue par des possibilités d’exemplarité ne serait-ce que partielle ou sectorielle.

L’inévitable tension conceptuelle qui s’en dégage réactualise le débat des traditions et modernités en Afrique, débat dont pour sa part l’Asie semble avoir résolu les questions sans les poser publiquement – ce qui participe déjà d’une performativité traditionnaliste –, les pays orientaux ayant assis leur développement et leur modernisation sur les fondements millénaires de leurs traditions. Le contexte contemporain du redéploiement des efforts de développement de l’Afrique, placé sous le signe de l’émergence comme cadre d’orientation et de projection politico-économique, impose au monde académique, aux décideurs et aux praticiens de reprendre à neuf ce débat, et donc de réexaminer la place et le rôle des traditions et des langues africaines dans le décollage annoncé. Il s’agit d’une condition essentielle permettant de dégager les modalités les plus crédibles de la satisfaction des besoins infrastructurels, de croissance et d’emploi à cout et moyen terme, d’industrialisation à moyen et long terme, et d’accumulation corrélative de la puissance à plus long terme encore.

En vue de la mise en évidence de ces conditions et possibilités, ce Colloque International du CERDOTOLA se veut initiateur d’un programme de recherche fondamentale et appliquée, capable de générer des outils adéquats tant pour l’action à la base que l’aide à la décision au sommet. De tels outils connecteraient également les deux niveaux d’action, leur raison d’être étant de consolider les orientations, de soutenir les politiques d’émergence et d’en accélérer les processus en recherchant les fondements les plus viables et les perspectives les plus optimales du développement de l’Afrique dans les dynamiques contemporaines de transition de puissance globale.

Afin de tirer le meilleur parti possible des atouts de l’Afrique dans ce contexte, les réflexions auront pour centre de gravité la mise en évidence et en exploitation de l’endogénisme. L’on systématisera ce terme ayant assis leur développement et leur modernisation sur les fondements millénaires de leurs traditions. Le contexte contemporain du redéploiement des efforts de développement de l’Afrique, placé sous le signe de l’émergence comme cadre d’orientation et de projection politico-économique, impose au monde académique, aux décideurs et aux praticiens de reprendre à neuf ce débat, et donc de réexaminer la place et le rôle des traditions et des langues africaines dans le décollage annoncé. Il s’agit d’une condition essentielle permettant de dégager les modalités les plus crédibles de la satisfaction des besoins infrastructurels, de croissance et d’emploi à court et moyen terme, d’industrialisation à moyen et long terme, et d’accumulation corrélative de la puissance à plus long terme encore.

En vue de la mise en évidence de ces conditions et possibilités, ce Colloque International du CERDOTOLA se veut initiateur d’un programme de recherche fondamentale et appliquée, capable de générer des outils adéquats tant pour l’action à la base que l’aide à la décision au sommet. De tels outils connecteraient également les deux niveaux d’action, leur raison d’être étant de consolider les orientations, de soutenir les politiques d’émergence et d’en accélérer les processus en recherchant les fondements les plus viables et les perspectives les plus optimales du développement de l’Afrique dans les dynamiques contemporaines de transition de puissance globale.

Au stade actuel de la longue quête africaine postcoloniale d’un développement authentique, il importe de renouveler de façon décisive cette articulation dans laquelle les processus dynamiques et les acquis s’enrichissent mutuellement par découverte, valorisation et réinvention permanente. Le défi ultime pour l’Afrique est d’asseoir son émergence sur les bases sûres de cette articulation qui donne toute sa densité à la texture identitaire, tout son sens à l’ouverture, toute son ampleur et toutes ses chances de soutenabilité au succès. C’est alors qu’il devient possible de dépasser les limites de la croissance, du ‘‘développement’’, voire du développement durable, pour ouvrir les voies d’un développement culturellement soutenable.

Privilégiant l’opérativité sur l’exhaustivité mais restant ouvertes à l’ensemble des domaines et des approches pertinents, les contributions aborderont, sans s’y limiter, les questions, enjeux et perspectives suivants :

– L’histoire des idées sur la place et le rôle des langues et traditions africaines dans l’émergence du continent ;
– La place et le rôle avérés des traditions africaines dans le bilan du développement et du sous-développement du continent depuis les indépendances ;
– L’évaluation des obstacles et adjuvants historiques et actuels à la valorisation des traditions ou des langues africaines dans le développement et l’émergence du continent ;
– La définition rigoureuse de l’émergence à la lumière de l’endogénisme et de ses enjeux ;
– L’évaluation des plans d’émergence nationaux, de leur focalisation économiciste et de leur faisabilité à l’horizon prospectif avec ou sans un renforcement endogéniste ;
– La mise en évidence des possibilités d’harmonisation des plans nationaux d’émergence et de développement d’économies de proximité à travers la valorisation systématique et l’exploitation industrielle des traditions ;
– L’inventaire des traditions constituant un capital dormant pour l’émergence et l’industrialisation de l’Afrique ;
– Les exemples de plans, de projets et d’applications des traditions pouvant permettre à l’Afrique d’exploiter de façon optimale son potentiel dans les quatre modernisations indispensables à l’émergence : agricole, industrielle, technologique et militaire ;
– Les perspectives comparatives potentiellement utiles entre l’Afrique et des exemples récents d’émergence impliquant les traditions : Asie, Israël, etc., les possibilités d’émulation et de coopération, ainsi que les limites stratégiques de la coopération ;
– Le bilan et les perspectives de la créativité concernant l’exploitation industrielle des traditions africaines dans les domaines agricole, culinaire, médical, technologique, architectural, entrepreneurial, financier, de l’ingénierie, du tourisme, etc. ;
– Les réformes à entreprendre et les politiques publiques à adopter pour asseoir l’émergence sur les traditions, ainsi que leur potentiel chiffré, en comparaison ou non avec les projections institutionnalisées de l’émergence ;
– Les reconfigurations nécessaires dans l’éducation, la culture, les arts de faire et l’information pour intégrer les langues et traditions africaines dans la planification d’une émergence culturellement soutenable ;
– La réflexion sur les meilleures stratégies d’industrialisation, ainsi que leurs fondements normatifs et pragmatiques: questions d’autonomie et d’hétéronomie, d’endogénéité et d’exogénéité, de ré-enracinement et d’inculturation ;
– Les avantages comparatifs et absolus que ses traditions et langues procurent à l’Afrique ;
– Les enjeux et défis de l’émergence projetée dans le cadre du réalisme souverainiste extraverti, à la différence des cadres endogénistes et panafricanistes ;
– Les bases philosophiques ou idéologiques susceptibles de soutenir les systèmes socioculturels et politico-économiques d’une Afrique développée, émergée et puissante, capable de marquer sa singularité, de penser et réaliser sa fonction au monde ;
– Les rapports entre les enjeux environnementaux et le rôle des traditions dans l’industrialisation de l’Afrique.

La Rédaction (avec le CERDOTOLA)

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