Suivez la trajectoire de Marie Joséphine Mapcko Ngosso grâce à Knowdys Database

[Africa Diligence] Titulaire d’un Bachelor en banque et finance de l’Université de Buea et de deux Masters de l’Institut des relations internationales du Cameroun, Marie Joséphine Mpacko Ngosso est connue sur Twitter sous le nom de “Chouchou Mpacko”. Au cours des ans, la fiancée nationale du petit oiseau bleu est devenue une femme d’influence dont les avis, sur l’émergence de l’Afrique, pèsent sur plus de 7 000 followers.

Elle présente une trajectoire atypique pour les systèmes conventionnels : un baccalauréat littéraire, des études supérieures scientifiques, une première carrière dans la finance, une seconde dans l’administration publique et une troisième vie sur Twitter. « Suite à mon Bachelor In Sciences in Banking and Finance obtenu à l’Université de Buea, j’ai pris une année sabbatique, espérant plonger directement dans le monde du travail » confie-t-elle. Après un passage à la Société nationale d’électricité du Cameroun, elle décide de revoir ses objectifs à la hausse : retour à l’école. Elle présente alors le concours de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), et obtient un Master en relations internationales, option banque, monnaie, finances internationales.  Au sortir de cette formation, elle intègre la cellule des études et du développement chez Afriland First Bank où elle est formée à l’analyse des risques et crédits dans les projets d’investissement. Elle croit avoir trouvé sa voie. Mais c’est sans compter avec sa soif de connaissances. Marie Joséphine Mpacko Ngosso entame et obtient un deuxième Master en relations internationales, option diplomatie, à l’IRIC.  Son but secret : comprendre les arcanes administratifs de son pays et intégrer la fonction publique camerounaise où elle se sert actuellement de réseaux sociaux pour promouvoir l’image de marque du Cameroun. « Passionnée de la finance internationale, des économies émergentes et de la culture en général, je me sens honorée, avoue-t-elle, d’être de cette jeune génération d’Africains qui savent dorénavant pourquoi ils ont choisi une destinée particulière, plutôt qu’une autre. »

Pour la fiancée du petit oiseau bleu, l’outil 2.0 est une véritable bibliothèque, le moyen le plus efficace, et le plus rapide, de porter haut le message d’une Afrique jeune, éduquée, solidaire, ambitieuse, mais aussi réaliste devant les difficultés du terrain. Amoureuse de son pays, Miss Mpacko est aussi une fervente militante du facteur « solidarité » qui, pour elle, est vrai un levier de croissance. « J’ai créé, avec trois amies, le groupe Kamer Sisters, une plateforme virtuelle de partage d’astuces et de bonnes adresses regroupant plus de 7 000 femmes du Cameroun et de la diaspora », rappelle fièrement la twitteuse qui a accepté de répondre à nos questions.

Africa Diligence : Croyez-vous en l’émergence économique du continent africain ?

Marie Joséphine Mpacko Ngosso : Bien sûr que je crois en l’émergence économique du continent africain. La nouvelle configuration des relations internationales qui place la diplomatie économique au centre des débats nous laisse présager une Afrique alléchante où de nouvelles opportunités d’investissement se créent chaque jour. Je crois en l’émergence du continent africain. Mais pas pour maintenant. Quand on parle d’émergence on parle du futur, 10 ans, 15 ans, voire 20 ans pour certains pays. Et encore… Avant de croire en l’émergence du continent africain, laissez-moi croire en sa croissance, puis en son développement. L’émergence se conjuguant au futur, la jeune Africaine que je suis a besoin de parler au présent. L’Afrique est un continent en pleine croissance. Tout a repris sur les chapeaux de roue et tous les secteurs sont à explorer. Mais même si la croissance se poursuit, le développement ne suit pas partout. Le développement c’est l’humain. Si les pays arrivent à avoir une croissance positive d’une année à l’autre mais un Indice de développement toujours médiocre, c’est qu’il y a un problème. C’est que l’humain qui est le socle même du développement ne jouit pas des fruits de cette croissance. Le continent africain doit donc songer à être un continent, non pas seulement émergent, mais un continent en pleine croissance, où le développement inclusif transparaît sur les populations et l’amélioration de leur socle de satisfaction. L’Afrique y arrivera si et seulement si elle s’approprie les outils de son propre développement.

S’il fallait vous aider à contribuer au développement rapide de l’Afrique quels leviers pourrait-on activer ?

L’éducation, les infrastructures, l’agriculture et la culture. Le développement a pour base l’humain qui constitue la main d’œuvre intellectuelle et physique. Poser des bases d’une éducation à la conscience du développement, dès le bas âge, est crucial. Éduquer les jeunes Africains à participer à leur propre développement, que ce soit en tant que simples citoyens ou décideurs me semble primordial. Les Africains doivent être formés dès le bas âge et selon les réalités propres à chaque pays. Injecter la création des « African Schools of » Business, Economics, Law, Arts, pour éduquer dès la base aux œuvres du continent serait très bénéfique. Vous me direz peut-être que l’éducation prend du temps… Oui, mais il faut bien commencer un jour.

Les infrastructures aussi constituent un chantier urgent en Afrique. Je pense notamment aux infrastructures routières, maritimes, industrielles, énergétiques ou sanitaires. Les besoins sont tellement nombreux. Avec des importations élevées de produits manufacturés et des exportations constantes de matières premières, l’Afrique dépense plus à faire transformer ses produits qu’à les consommer localement. Le transport des matières premières souffre de l’absence d’infrastructures routières dans de nombreux pays africains. La transformation elle-même souffre du déficit énergétique. Les coûts de revient à l’importation sont, quant à eux, un corolaire de ce manque d’industries de transformation.

Et puis, il y a l’Agriculture. J’insiste sur ce secteur que je qualifierai de nouveau, même s’il est ancré dans nos mœurs depuis des siècles. Pratiqué par la tranche la plus âgée de la population, il y a quelques années, elle révèle aujourd’hui son énorme potentiel à la jeunesse active africaine. Les terres fertiles et les semences qui sont les deux éléments primordiaux de ce secteur sont tellement accessibles dans certains pays du continent qu’il y a largement de quoi faire. Les politiques internes devraient assister et outiller la nouvelle main d’œuvre jeune afin qu’elle se tourne davantage vers ce « nouveau » secteur, gage du développement du continent.

Enfin, il y a la culture. Le continent africain est l’un des plus riches, y compris du point de vue culturel. Alors pourquoi préserver artisanalement sa culture lorsqu’on pourrait se développer grâce à elle ? Le Nigeria a bien démontré qu’une trajectoire plus heureuse est possible. Vendre sa culture implique de la préserver tout en l’impliquant comme levier de croissance pour le tourisme, les arts, et les autres industries créatives qui sont des facteurs essentiels de l’économie de la connaissance.

Si vous vous retrouviez à la tête de votre pays, dans les 24 heures, quelles seraient vos trois premières décisions ?

C’est très loin d’être un désir pour moi. Mais s’il s’agit un jour de conseiller, je proposerai quatre axes d’action :

  1. Accélérer la coopération économique régionale et sous-régionale via une intégration économique et monétaire solide.
  2. Vendre la « Marque Cameroun » en encourageant davantage les PME à partir à la conquête des marchés étrangers.  La visibilité du Cameroun en dépend.
  3. Intensifier les Partenariats Public-Privé par la création d’emplois durables, l’incitation à l’auto emploi, et la transition progressive des activités du secteur informel vers le formel.
  4. Perfectionner l’accès aux NTIC via une offre internet de qualité, car la découverte du potentiel économique d’un pays passe de plus en plus par sa découverte virtuelle.

Propos recueillis par la Rédaction

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