[Africa Diligence] La facture d’Ebola pourrait coûter plus de 32 milliards USD d’ici à la fin 2015 au contribuable ouest-africain si l’épidémie devait s’étendre hors des trois pays actuellement touchés. Telle est la dernière conclusion de la Banque mondiale. Malgré cette note, Ebola n’arrivera pas à freiner la croissance africaine, dans son ensemble, selon Knowdys Consulting Group.

«Si l’épidémie devait frapper un nombre important de personnes dans les pays voisins, dont certains ont des économies bien plus importantes, l’impact régional financier sur deux ans pourrait atteindre 32,6 milliards de dollars d’ici à la fin 2015», assure le dernier rapport de la Banque mondiale.

Se fondant sur les chiffres de l’OMS au 07 novembre 2014, Knowdys Database comptabilise pour l’heure 13042 cas avec 4818 décès pour l’ensemble des pays touchés. On note 6525 cas avec 2697 décès au Libéria, 4759 dont 1070 décès en Sierra Leone et 1731 cas et plus de 1000 décès en Guinée-Conakry. L’impact économique est déjà «profond» dans ces trois pays mais pourrait devenir «catastrophique» dans un scénario où Ebola ne serait que faiblement contenu, souligne l’institution de Bretton Woods.

Les répercussions pourraient toutefois être limitées si l’action «immédiate» de la communauté internationale parvenait à freiner l’épidémie et à atténuer «le facteur peur» qui pousse les pays voisins à fermer leurs frontières ou à suspendre leurs échanges commerciaux, aggravant l’impact économique du virus, souligne le rapport.

Selon la BM, l’efficacité de la lutte contre l’épidémie au Sénégal et au Nigeria démontre qu’un tel objectif est atteignable si le système de santé a déjà quelques «capacités» et si la réponse politique est «déterminée».
«La communauté internationale doit trouver les moyens de contourner les obstacles logistiques et transporter plus de docteurs et de personnels médicaux, plus de lits d’hôpitaux et plus d’assistance sanitaire et d’aide au développement pour stopper Ebola», a déclaré le président de la BM, Jim Yong Kim, cité dans un communiqué.

La Banque mondiale comme le Fonds monétaire international ont récemment augmenté leur aide à destination des pays touchés. A plus long terme, un effort particulier devra être consenti pour «rétablir» la confiance afin que les investisseurs locaux et internationaux reviennent dans les pays frappés par Ebola.

Pour Knowdys, si l’impact d’Ebola limite clairement la croissance dans les principaux foyers de l’épidemie, cette dernière n’aura pas d’influence substantielle sur la croissance du continent. D’après les calculs du N°1 africain de l’intelligence économique, le PIB des trois pays (Guinée, Libéria, Sierra Léone) les plus touchés par Ebola représente à peine 1% de celui du continent.

(Avec AFP et Knowdys Database)

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