[Africa Diligence] Après 25 ans de règne sans partage à la tête du Soudan, et deux mandats d’arrêt de la CPI pour crime de guerre, crime contre l’humanité et génocide au Darfour, qui pourrait défendre le président soudanais? Lorsqu’elle lit qu’Omar El Béchir « aurait livré des armes aux rebelles sud-soudanais», l’opinion publique ne voit plus le conditionnel.

Omar el-Béchir Béchir est au pouvoir depuis plus de 25 ans. Réélu en avril 2015 avec 94% des votes au suffrage universel direct, le président a prêté serment sur le coran le 2 juin 2015 pour un nouveau mandat de cinq ans. Une cérémonie à laquelle assistaient ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le Zimbabwéen Robert Mugabe et le Kényan Uhuru Kenyatta.

En guise de « cadeau d’investiture », El Béchir a fait l’objet d’une nouvelle campagne médiatique habillement orchestrée par l’ONG britannique Conflict Armament Research l’accusant d’avoir « probablement fourni des armes par largage aérien aux rebelles combattant le gouvernement du Soudan du Sud. » Entraînée aux techniques de guerre de l’information, cette organisation qui se « protège » dernière le conditionnel vise à créer la suspicion au sein de l’opinion publique pour enfoncer davantage le dirigeant soudanais. Sous l’effet de l’influence, plusieurs dizaines de médias internationaux ont repris une information non vérifiée.

« La composition de l’équipement militaire et le fait que du matériel ait été largué aux forces rebelles sud-soudanaises en 2012, avant le début du conflit actuel, montre que le Soudan a directement fourni des armes aux forces du Sudan People’s Liberation Movement-in-Opposition » écrit très sérieusement l’organisation non gouvernementale britannique. En se basant sur ce type de conclusions, on peut espérer qu’un rapport sera prochainement publié sur les pays qui « auraient vendu les armes à la secte islamique Boko Haram au vu de la composition et des équipements militaires retrouvés sur leurs combattants faits prisonniers, début 2015. »

Depuis 2010, Omar El Béchir fait l’objet de deux mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre, crime contre l’humanité et génocide au Darfour. Accusé de graves violations des droits humains et de liens avec le réseau terroriste Al Qaida, son pays est frappé de sanctions économiques imposées par la communauté internationale depuis 1997.

A qui profite le chaos ?

La Rédaction

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