Guinée : soutenir le secteur productif et améliorer le climat des affaires

(Africa Diligence) La Guinée est un pays potentiellement très riche mais son PIB par tête était seulement de 565 USD en 2013, selon le FMI. L’instabilité politique, causée par un dialogue difficile sur l’organisation des élections législatives, ainsi que la question des investissements dans le secteur minier, ont pesé négativement sur la croissance, qui était de 2.5% en 2013 contre 3.9% en 2012. Le scrutin législatif de septembre 2013 a mis fin à la transition politique et permis, selon les conseils en intelligence économique d’Africa Diligence, un climat plus propice à un effort centré sur l’investissement et l’emploi.

La croissance en Guinée était de 2.5% en 2013, contre 3.9% en 2012. Ce ralentissement résulte des mouvements de contestation politique liés à l’organisation des élections législatives, mais aussi de la diminution des investissements dans le secteur minier. En 2014, une reprise de la croissance est attendue à hauteur de 4.2 %, tirée par les performances de l’agriculture, du bâtiment et travaux publics (BTP) et d’un meilleur approvisionnement en électricité.

La mise en œuvre du programme macroéconomique de redressement, soutenu par une facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI), se poursuit de manière satisfaisante. L’inflation est passée de 20.8% en 2010 à 11.9% en 2013, une tendance à la baisse qui devrait se poursuivre en 2014 et en 2015. Le déficit budgétaire devrait être contenu et son financement monétaire stoppé. Les réserves obligatoires, malgré leur taux élevé (20% des dépôts), seront sous surveillance.

Le succès de la stabilisation macroéconomique et l’amorce de réformes visant à soutenir le secteur productif et améliorer le climat des affaires (Le pays est classé 175e sur 184 pays au classement Doing Business 2014) n’ont pas permis d’avancées notables sur le plan social et économique. Plus de 50 ans après l’indépendance, acquise en 1958, la pauvreté persiste, touchant 55.2% de la population. De même, la gouvernance paraît insuffisante. La Guinée occupe le 150e rang sur 177 pays, dans l’Indice de perception de la corruption publié par Transparency International en 2013. Le pays est par ailleurs classé 178e dans l’Indice de développement humain (IDH, 2013) publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Les infrastructures, les services et l’administration demeurent déficients, tandis que le secteur privé reste embryonnaire.

Le gouvernement a adopté en 2013 le troisième Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP 3). Il vise à accélérer les réformes, touchant aussi bien à la gestion des ressources naturelles qu’au secteur productif (agriculture, énergie et eau, mines, cadre d’investissement et des affaires). Il s’agit de lever les obstacles à la transformation de l’économie, parmi lesquels la faible productivité du travail dans l’agriculture. Le secteur primaire emploie les trois quarts des actifs, mais ne contribue qu’à 20% du PIB. La faiblesse du tissu industriel, des infrastructures et de l’approvisionnement en énergie limite l’intégration du pays dans les chaînes de valeur mondiales (CVM). En outre, la faible productivité du capital et une administration pléthorique, peu efficace et démotivée, jouent comme autant de contraintes. La fin de la transition politique et la quête de cohésion sociale paraissent cependant propices à la mise en œuvre du DSRP 3.

La conférence des partenaires et investisseurs de la Guinée organisée en novembre 2013 à Abu Dhabi a mis l’accent sur l’agriculture, les infrastructures et le développement du capital humain. Les 6 milliards USD de financements promis dans ce cadre visent à créer des emplois, à réduire la pauvreté et à favoriser une meilleure intégration du pays au commerce régional et international.

(Knowdys Database, avec Perspectives économiques en Afrique et Banque mondiale)

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