L’Angola plus fiable pour les investisseurs

[Africa Diligence] Après deux décennies de guerre civile qui ont ravagé le pays, Luanda a su consolider son économie. Chez Knowdys, l’Angola est désormais regardée comme un terrain plus fiable pour les investisseurs. Un avis motivé par les bons scores enregistrés au niveau socio-économique et par l’abondance des ressources naturelles dans le pays.

Au plan économique, en effet, la croissance de l’Angola est en amélioration constante depuis une dizaine d’années. D’après le Fonds monétaire international (FMI), une hausse de près de 10% de son PIB a été enregistrée en 2010. Ses trois principales composantes sont : l’agriculture à 10.2%, l’industrie à 61.4% et les services à 28.4%. La croissance a été de 5.2% en 2012 et de 5.1% en 2013. Elle a été stimulée par les remarquables performances des secteurs de l’énergie, de l’agriculture, des pêches, des industries manufacturières, des transports, du bâtiment et travaux publics (BTP). Pour l’année 2014, la croissance devrait atteindre 7.9%, avec la réalisation d’un important investissement d’infrastructure public.

L’inflation devrait continuer à ralentir mais restera forte jusqu’à la fin du quatrième trimestre 2014. Les mesures de « dédollarisation » prises par le gouvernement, obligeant depuis juillet 2013 les compagnies pétrolières à réaliser leurs transactions en monnaie locale, accentuent la hausse des prix. Le taux d’inflation pourrait toutefois rester inférieur à 10%, grâce à la modération des prix des biens alimentaires, sous réserve du maintien du taux d’intérêt par la banque centrale après les baisses décidées en 2013.

Le déficit budgétaire enregistré en 2013, une première depuis 2009, devrait se creuser en 2014. La moitié des recettes du pays provenant des revenus pétroliers, la hausse de la production et un cours du brut qui reste élevé, assurent d’importants revenus à l’Etat angolais. Ceux-ci ne seront cependant pas suffisants pour compenser la hausse des dépenses (qui sont désormais estimées à plus de 40% du PIB).

Au plan commercial, la balance des opérations courantes et la balance commerciale se sont détériorées en 2013 en raison d’une croissance des recettes pétrolières plus faible que prévu. Dans le cadre de l’exploitation et de la commercialisation de ses produits miniers, Luanda a noué des partenariats stratégiques avec plusieurs pays. Il est le premier fournisseur africain de la Chine pour le pétrole brut et le deuxième partenaire du pays derrière le Portugal. La Chine achète 44% des exportations totales de pétrole de l’Angola et les échanges bilatéraux entre ces deux pays ont dépassé 120 milliards USD en 2010. L’Angola importe des machines et des équipements en métal, des véhicules et du matériel de transport, ainsi que des produits alimentaires de la Chine. Les compagnies américaines, pour leur part, extraient et exportent jusqu’à 54% du pétrole angolais. La Russie entretient également des partenariats avec l’Angola dans le cadre de l’exploitation et de la commercialisation du pétrole, du gaz et des diamants.

À moyen terme, l’excédent de la balance courante devrait fortement se détériorer à cause du fléchissement attendu des cours du pétrole. À la fin 2014, les réserves de change nettes pourraient atteindre le niveau record de 35.6 milliards USD, équivalant à huit mois d’importations. Les entrées de capitaux étrangers continueront cependant à augmenter pour s’établir à 15.7 milliards USD en 2014. Ils seront principalement injectés dans l’industrie pétrolière, l’immobilier, la construction, l’hôtellerie et le tourisme, d’après la feuille de route des autorités locales.

Au plan financier, le secteur bancaire angolais reste fragilisé par sa forte dépendance au secteur pétrolier et son exposition à des systèmes financiers étrangers en difficulté (en particulier portugais). De plus, les récentes mesures obligeant les compagnies pétrolières à mobiliser les banques locales pour leurs transactions, suscitent des inquiétudes sur la capacité du système bancaire angolais à gérer l’afflux de liquidités qui en résultera. D’après les experts en intelligence financière de Knowdys, le pays a cependant les moyens d’y faire face.

Au plan politique, le pays est dirigé depuis son indépendance par le président José Eduardo dos Santos et son parti (MPLA). Même s’il augmente, le poids de l’opposition reste insuffisant pour envisager une alternance. Le problème de la succession de l’actuel chef de l’Etat se pose et interroge la communauté des investisseurs à laquelle Knowdys propose des scénarii. Compte tenu de l’emprise politique mais aussi économique du président et de son parti, une succession chaotique pourrait déstabiliser le pays. Par ailleurs, le mécontentement de la population grandit face aux inégalités et à la pauvreté alors que les recettes pétrolières affluent dans le pays.

Au le plan social, l’Angola a réalisé des avancées significatives dans l’amélioration du niveau de vie de sa population depuis la fin de la guerre civile. Des améliorations notables ont également été relevées sur le plan de la formation. 28.6% du budget total du pays a été alloué à l’éducation et au recrutement de plus de 95 000 nouveaux enseignants entre 2006 et 2012. Les taux d’inscription, quant à eux, ont progressé de plus de 50% par an depuis 2002.

Au plan des réformes, Luanda a mis en place un programme de réformes stratégiques du FMI qui lui a permis de renouer avec la stabilité économique, d’améliorer sa situation budgétaire, de stabiliser le cours de sa devise et de faire reculer l’inflation avec succès. Le pays a été en mesure de réduire sa dette intérieure et d’évoluer de manière remarquable pour ce qui de la transparence et de la responsabilité budgétaire. Conscientes du besoin d’accélérer la diversification, les autorités ont récemment mis en place un Fonds souverain doté d’un montant initial de 5 milliards USD destiné à mieux profiter des revenus pétroliers. Luanda compte sur le lancement de son marché financier pour passer à la vitesse supérieure. Le gouvernement a également mis en place un cadre institutionnel pour le développement de l’entrepreneuriat et la création d’emplois. En 2013, le programme de formation professionnelle institué par le ministère de l’emploi et de la sécurité sociale a contribué à créer 110 000 emplois, notamment dans les secteurs de l’énergie (39 000), des transports (29 000) et de la construction (24 000).

Préconisation : les analystes de Knowdys encouragent les autorités angolaises à accroître leurs investissements dans les compétences et les infrastructures pour accélérer l’émergence du pays.

(Knowdys Database, avec Coface, FMI et PEA)

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