Soft power artistique vs trafic de faux médicaments en Afrique

[Africa Diligence] C’est une drôle façon de s’attaquer au fléau, mais elle a le mérite d’exister. Le 08/09/2015, Claude Chirac a réuni des artistes Africains dans une campagne de sensibilisation contre le trafic de faux médicaments. Le soft power artistique peut-il aider à éviter les 800 000 victimes que cause ce trafic chaque année dans le monde ?

Le trafic de faux médicaments fait plus de morts en Afrique que le virus Ébola. « Il ne fait que croître, confirme le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et ex-président de la Croix-Rouge. On estime que les faux médicaments sont responsables de près de 800 000 morts dans le monde chaque année.

Pour tenter d’enrayer ce phénomène, la Fondation Chirac dévoilé le 8 septembre 2014 au musée du quai de Branly à Paris une campagne de sensibilisation à destination du grand public. Pour se faire entendre aussi en Afrique francophone, cet événement, lancé par Claude Chirac, s’appuie sur des artistes africains connus. Les Magic System de Côte d’Ivoire, les stars congolaises Faly Ipupa et Papa Wemba ou encore le rappeur d’origine malienne Mokobé ont tous participé à des spots vidéo et radio.

« Ce sont des chanteurs qui remplissent des stades entiers, explique Juliette Fievet, animatrice sur RFI qui a ouvert son carnet d’adresses. Leur voix porte beaucoup en Afrique et dans les communautés afro-antillaises. Le problème concerne tellement de personnes que beaucoup de ces artistes ont été touchés personnellement et connaissent un proche qui en a été victime. »

« Les médicaments falsifiés ou périmés, reconditionnés, sont revendus sur les marchés, proposés par des petits dealeurs qui ne font que tenter de survivre et ne font pas de gros bénéfices. Ils sont en général fabriqués en Asie. C’est particulièrement grave quand le faux est un antipaludéen, par exemple », détaille Marc Gentilini qui précise que l’Europe n’est pas à l’abri. « Notamment sur le Web avec des patients qui cherchent à faire des économies ou qui veulent acheter discrètement certains produits. »

« J’ai été extrêmement impressionnée par l’investissement de tous ces artistes », se réjouit Claude Chirac. « C’est un engagement de longue haleine, concède-t-elle. L’égal accès à des soins de qualité pour tous est une préoccupation majeure qui a toujours habité le président. En créant sa fondation en 2008, c’est tout naturellement que la lutte contre les faux médicaments a été définie par lui comme une des priorités. »

(Avec Marie Poussel)

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, lire « Intelligence économique versus contrefaçon ».

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