(Africa Diligence) Avec près de 90 millions d’habitants, l’Éthiopie est le deuxième pays d’Afrique le plus peuplé derrière le Nigéria. Les spécialistes en intelligence économique d’Africa Diligence considèrent cette donnée comme un atout à moyen et à long terme pour booster la transformation éthiopienne. Et ce, particulièrement à l’heure où la Commission économique des Nations Unis pour l’Afrique et la Commission de l’Union Africaine placent les politiques d’industrialisation des économies africaines au cœur de leur stratégie.

Le pays enregistre une croissance solide (8.8% en 2012 et 9.7% en 2013). Elle est toujours portée par des investissements publics, dans le cadre du plan de transformation de la croissance (GTP) – plan quinquennal de développement lancé par le gouvernement –. Celui-ci vise principalement l’essor de l’agriculture, l’industrialisation et l’investissement en infrastructures. Les grands travaux qui en découlent favorisent la croissance de l’Ethiopie, en créant de l’emploi et en développant l’économie du pays. Un accord a été signé dans ce sens en juillet 2013, entre Djibouti et Addis Abeba, dans le cadre de la construction d’une ligne ferroviaire et d’une ligne électrique afin de relier les deux pays. Par ailleurs, la construction en cours du barrage Grand Renaissance continuera de participer à la croissance du pays, avant son entrée en fonction prévue fin 2014.

Le déficit courant restera élevé en 2014, du fait des importations de biens et services liées aux investissements publics et étrangers dans les infrastructures notamment énergétiques (second projet d’énergie éolienne, Adama II). Néanmoins, il diminuera légèrement, car le changement de politique monétaire, visant à favoriser la dépréciation du taux de change, pèsera sur les importations à des fins non productives. Dans le même temps, les exportations devraient légèrement diminuer en ligne avec le ralentissement de la Chine (qui représente 13% des exportations du pays). L’Ethiopie exporte principalement des produits miniers et agricoles.

Le déficit budgétaire devrait légèrement diminuer en 2014, du fait d’une amélioration de la collecte fiscale en lien avec la recommandation du FMI. Toutefois, pour limiter l’ampleur du déficit budgétaire, le pays restera dépendant de l’aide extérieure (1.3% du PIB en 2013). Mais, le niveau de dette publique (40% du PIB) reste toutefois modéré.

Le niveau élevé des transferts de revenus des travailleurs expatriés et de l’aide extérieure (à hauteur d’environ 10% du PIB) compensera en partie le déficit commercial. Les IDE, en forte progression depuis la mise en place du programme GTP, permettront de couvrir une partie du déficit courant (environ 30%) et le pays devra donc s’endetter davantage. Le pays a également bénéficié de la crise du secteur textile au Bangladesh (suite à l’effondrement meurtrier d’une usine en 2013) pour attirer des entreprises étrangères. Fin 2013, 58 entreprises étrangères y avaient délocalisé leurs productions.

Le secteur financier est exposé à des risques importants en raison du mode de financement des grands projets du plan quinquennal (GTP). Le rôle important joué par la banque publique Commercial Bank of Ethiopia lui confère un risque systémique qui demande une surveillance accrue. La régulation contraignante qui vise à diriger l’épargne domestique vers le financement des besoins publics, pèse sur les banques privées et limite l’investissement privé. Ces dernières font face à des problèmes de liquidités et d’obtention de devises étrangères.

Le parti au pouvoir, l’Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Party (EPRDP), avait remporté les élections législatives de mai 2010 avec une majorité écrasante au parlement (546 sièges sur 547). L’absence d’une opposition structurée ne favorise pas l’éclosion des revendications. De fortes tensions militaires subsisteront néanmoins avec la Somalie et l’Erythrée. Le partage des eaux du Nil est aussi un facteur de tensions récurrentes avec l’Egypte et le Soudan. En effet, l’Ethiopie remet en cause le traité de 1959 qui garantissait l’exploitation exclusive des eaux du Nil par le Soudan et l’Egypte.

Il faut cependant noter que les progrès réalisés dans la diversification de l’économie et les investissements publics dans les infrastructures (transport, énergie et télécommunications) constituent une avancée non négligeable vers l’émergence de l’Ethiopie.

(Knowdys Database, avec la Banque mondiale, le FMI et Coface)

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