[Africa Diligence] Pour son 2ème numéro, le magazine « Emergences Afrique », créé par Fabienne Diouf, fille de l’ex-Président Abdou Diouf, a réservé quatre pleines pages au fondateur de Knowdys Consulting Group. Pour Guy Gweth, auteur de « 70 chroniques de guerre économique », l’Afrique doit donner un contenu africain à l’émergence, pour éviter que cette dernière ne ressemble aux slogans de type « Santé pour tous en l’an 2000 ».

Extraits :

« À l’état actuel de la littérature scientifique, il n’existe aucune définition consensuelle de l’expression « Économie émergente ». C’est la raison pour laquelle les analystes sont contraints d’observer une ‘émergence’ à conceptions diverses et visages multiples sur le continent africain. Trois principales caractéristiques s’en dégagent cependant. Pour qu’une économie soit dite ‘émergente’, d’après la pensée dominante, il faut que le discours qui l’accompagne respecte trois paramètres : (a) le descriptif qui rend compte du taux de croissance ; (b) le prescriptif qui invite à la libéralisation des activités économiques ; et (c) l’évolutif qui marque le passage d’une économie dirigée à une économie ouverte aux échanges internationaux.

« De la pléthore de définitions et de classements sui generis, nous avons extrait sept dénominateurs communs. (i) Une progression du commerce extérieur supérieure à celle des échanges internationaux ; (ii) la hausse régulière du PIB et du revenu par habitant ; (iii) la présence de capitaux étrangers placés sur une longue durée ; (iv) la possession des entreprises de taille mondiale dans le pays ; (v) une économie diversifiée qui ne repose pas seulement sur l’exportation de matières premières ; (vii) une démographie consistante pour constituer une masse critique de consommateurs ; et (vii) l’optimisme des jeunes dans un avenir meilleur. Ces critères posent une question centrale aux Africains : sont-ils atteignables dans le temps imparti ?

« L’émergence de l’Afrique ne procède pas uniquement à un rééquilibrage économique au niveau mondial. Elle induit également une nouvelle distribution des cartes sur les échiquiers géoéconomiques et géopolitiques. L’Afrique émergente occupera une place qui n’était pas vacante jusque-là… Elle se fera au détriment de certaines puissances parce l’Afrique exigera, avec plus d’insistance, une meilleure représentativité au sein du système des Nations Unies et des autres institutions de coopération multilatérale. Parvenue à une taille critique, elle tendra inéluctablement à bouleverser l’ordre international si jalousement défendu par les vainqueurs de la grande guerre en sollicitant plus fortement une nouvelle gouvernance mondiale. »

Lire la totalité de « L’émergence de l’Afrique sera africaine ou ne sera pas » in « Emergences Afrique », n°2, Octobre-Novembre-Décembre 2015, pp 90-91-92-93. Le magazine est en kiosque au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Centrafrique, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Guinée, au Mali, au Niger, au Maroc, au Sénégal et en République Démocratique du Congo.

Parmi les autres dossiers traités dans cette livraison de « Emergences Afrique » : « Portrait de Dominique Ouattara, femme de tête, femme de cœur », les stratégies d’implantation des grandes marques sur le marché des cosmétiques, la grande distribution et le high tech, « les créateurs africains à la conquête du monde », ainsi qu’une enquête sur « les Libanais d’Afrique ».

La Rédaction

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici