[Africa Diligence] Pour comprendre les enjeux cachés de l’eau minérale en Afrique, la journaliste marocaine Elhame Medjahed est allée à la rencontre de Guy Gweth pour le compte du magazine Afric’Invest de Radio Medi1. Pour le fondateur de Knowdys, auteur d’une vaste étude sur la question, « la guerre de l’eau aura lieu en Afrique ».

Pendant 7 minutes, Guy Gweth a apporté des réponses documentées à plusieurs questions clés pour les investisseurs et les décideurs politiques : Quel est l’état des lieux de l’eau en bouteille sur toute l’Afrique. Existe-t-il un marché de l’eau minérale sur le continent ? Comment l’eau en bouteille s’est-elle imposée en Afrique ? Peut-on dire aujourd’hui que l’eau minérale est un peu l’or du 21ième siècle ? Peut-on parler d’un or bleu en Afrique ? On voit depuis quelques années les multinationales racheter de nombreuses sources sur le continent africain… (Danone et Nestlé entre autres…). Plus récemment la société Marocaine Les eaux Minérales d’Oulmès a aussi décidé de se lancer dans l’aventure au Bénin… Peut-on dire que le marché africain est en croissance exceptionnelle ? Avec l’installation de toutes ces entreprises en Afrique… la concurrence devient-elle rude sur le marché de l’eau minérale ou il y a de la place pour tout le monde puisque la demande n’est pas encore satisfaite ? Peut-on parler d’une guerre de l’eau en bouteille désormais ? Quelles conséquences pour les Africains ? Au Kenya, par exemple, les compagnies privées en possession de sources ont fait fortune. L’eau a été vendue à prix d’or. Peut-on craindre que cette situation se propage sur le reste du continent ? Pour éviter que l’eau ne soit vendue à des prix abusifs… que dit la législation en vigueur ? Quelles sont les perspectives du marché à moyen et long terme ?

Dans ses réponses, le fondateur de Knowdys Consulting Group a révélé que l’Afrique compte plus de 650 000 kilomètres cubes de réserves d’eau dans son sous-sol, bien que 400 millions d’Africains manquent d’eau potable, qu’en Afrique centrale et de l’Ouest, 70% des lits d’hôpitaux sont occupés par des patients souffrants de pathologies liées à la qualité de l’eau et de l’assainissement, qu’il faut 12 milliards USD par an pour assainir et distribuer l’eau potable à tous les Africains, que le coût des projets de creusement est dissuasif pour accéder aux nombreuses nappes situées à plus de 50 m de profondeur, toutes choses qui font le lit de l’industrie de l’eau en bouteille et en sachet plastique.

Selon Guy Gweth, 90 millions de bouteilles d’eau, en moyenne, sont produites par an et par pays, en Afrique centrale et de l’Ouest, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2020 d’après ses estimations. Cette année-là, la moitié des ménages africains, environ 130 millions, auront des revenus annuels supérieurs à 5 000 USD et des exigences toujours plus importantes pour une meilleure qualité de l’eau.

Le problème, explique le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE), sur les antennes de la radio marocaine, c’est que « dans cette région, l’eau minérale coûte aussi cher que l’essence, voire plus. 1,5 litre revient à 0,50 dollars, en moyenne, contre 500 ml à moins de 15 centimes de dollars pour les sachets en plastique. La privatisation de l’eau, et donc la démission progressive des États de cette mission régalienne, laisse sur le bas-côté des millions de personnes qui pourraient se soulever pour survivre.»

Le magazine “Afrique Invest” sera diffusé le samedi, 5 septembre 2015, à 13h45 (heure française). Les lecteurs d’Africa Diligence peuvent écouter le podcast en cliquant sur Medi1Radio.

La Rédaction (avec Knowdys Database)

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