[Africa Diligence] Le 28 juin 2019, le campus de l’Ecole Supérieure de Gestion de Paris a été le lieu d’une rencontre passionnante autour de l’intelligence économique africaine. Parmi les intervenants, Hugo CEREJA, fondateur de Africa Stopover. Fort de sa grande connaissance des marchés africains, il est revenu sur quelques axes stratégiques portant sur la croissance de la région.

CAVIE-ACCI : Qu’est-ce qui, de ton point de vue, a changé sur les marchés africains au cours des 15 dernières années ?

Hugo CEREJA : Le principal changement réside dans le fait qu’au fur et à mesure que l’Afrique se développe et adopte un système d’économie de marché, elle tente de se doter de mécanismes d’allocation du capital. Les dernières 15 années ont vu l’émergence de ce type d’acteurs. Cependant le taux d’investissement dans les projets reste faible.  La plupart des marchés boursiers dans les pays africains sont de petites tailles et disposent d’une faible capitalisation et les marchés obligataires africains restent dominés par les émissions souveraines. Ils sont de faible profondeur, avec des échéances courtes, une base d’investisseurs non diversifiée, des marchés secondaires limités et peu liquides.

Le financement de projets nécessite un travail préparatoire important pour les gouvernements, sponsors et autres intervenants. Les études techniques préliminaires et de faisabilité commerciale ainsi que la préparation des études d’impact environnemental, due diligence et social doivent être prises en compte. Toutes ces considérations auxquelles s’ajoutent les conditions commerciales détermineront la viabilité du projet. Une partie de ce processus consiste à choisir la bonne source et le bon type de solutions de financement. Il est donc urgent de renforcer l’intelligence économique.

Quels sont, vus de votre activité, les segments sous tension en termes de pénurie de ressources humaines ?

Il est impératif que les entreprises en Afrique puissent développer des stratégies globales autour du recrutement pour espérer séduire et fidéliser les profils les plus qualifiés, tel que chef de mission, ingénieur, analyste financier et avocat au niveau local. Tout cela passe bien sûr par la formation « in situ » afin d’avoir une réponse qui soit celle du terrain.

Quelles sont, à votre avis, les compétences clés pour accompagner l’émergence des pays africains ?

  1. Disposer d’appareils de production capables de réduire les importations et de s’insérer sur le marché en qualité d’exportateurs de produits manufacturés.
  2. Soutenir le développement de l’Entrepreneuriat.
  3. Auto-financer l’Afrique par les marchés boursiers dans les pays africains.

Propos recueillis par la Rédaction

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