[Africa Diligence] Pour les analystes de l’intelligence économique africaine, le hub installé par Alger à In Guezzam illustre l’insertion de l’Algérie dans l’espace africain, d’une part et dans la mondialisation via la constitution d’une porte d’entrée internationale vers l’Europe, d’autre part.

Accompagné des ministres des Travaux publics et des Transports, celui du Commerce, ainsi que du SG du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, s’est rendu début janvier 2019, dans l’extrême Sud algérien pour une visite de travail et d’inspection. La délégation ministérielle a fait une première escale dans la commune de Tine Zaouatine (500 km au sud de Tamanrasset).

Le représentant du gouvernement a ainsi procédé au lancement de la deuxième tranche du projet de la route reliant cette collectivité à Silet sur 207 km. Le projet, tant attendu par la population locale, aura bénéficié d’une enveloppe financière de plus de 6 milliards de dinars, a-t-on indiqué au ministre qui a insisté sur le respect des délais et des normes de réalisation.

Cette région frontalière a également bénéficié de plusieurs projets, dont une piscine de proximité, un poste avancé de la Protection civile, un centre de formation professionnelle et d’apprentissage et un groupement scolaire que le ministre a mis en service à cette occasion. Ce dernier a posé la première pierre du projet de construction d’un lycée et donné le coup d’envoi d’une opération de solidarité en direction des populations nomades. Cette opération porte sur la distribution de 2 000 kits alimentaires, à savoir 981 à Tine Zaouatine et 1 019 à In Guezzam, apprend-on.

Une rencontre avec les représentants de “la société civile” était aussi au programme de cette visite ministérielle. Au terme de cette réunion consacrée à débattre des problèmes socioéconomiques dans lesquels se morfond la population locale, le ministre de l’Intérieur s’est envolé pour la wilaya déléguée d’In Guezzam où il a inspecté les installations aéroportuaires et lancé un projet de base logistique pour développer les exportations, notamment vers le marché africain.

Ce hub d’échanges économiques donne à l’Algérie, en général, et à Tamanrasset, en particulier, le moyen de construire un réseau plus efficace, tout en réalisant, grâce à la concentration des moyens humains et matériels, des économies d’échelle par rapport aux coûts de production et des coûts de revient des produits destinés à l’exportation.

Selon des spécialistes de l’intelligence économique africaine, c’est une alternative stratégique qui illustre l’insertion de l’Algérie dans l’espace africain et la mondialisation via la constitution d’une porte d’entrée internationale vers l’Europe. Il convient de rappeler à ce titre que l’acheminement actuel des marchandises en provenance de l’Afrique subsaharienne ne profite point à notre pays. L’itinéraire passe par l’Afrique du Sud, la Zambie, la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Bénin, le Burkina Faso, la Gambie, le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc pour atteindre le Vieux Continent en faisant une petite escale dans l’Ouest algérien. Ce nœud de communications générera sans nul doute le développement d’un bassin d’activités permettant de booster l’économie locale et nationale.

Pour ce faire, il est impératif d’adapter la juridiction d’usage aux exigences de cette stratégie et de procéder au développement d’un maillage routier sécurisé et des hangars de stockage, a-t-on recommandé. Cette plateforme multimodale doit réunir toutes les infrastructures nécessaires pour assurer, dans les meilleures conditions possibles, le regroupement et la redistribution du trafic de marchandises ou du fret.

Rabah Kareche

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