[Africa Diligence] Devant l’accroissement continu de la concurrence internationale, l’attractivité des marchés africains et la rude compétition à laquelle se livrent les Etats, les entreprises, les organisations de la société civile, l’Afrique a plus que jamais besoin de renforcer ses positions et de se doter d’un arsenal solide pour être compétitive. La jeunesse apparait, ici encore, comme le fer de lance indiqué.

Il n’est plus à démontrer que la veille et l’intelligence économique sont les armes les plus redoutables, d’un point de vue légal, pour permettre à toute structure de se positionner ou de se renforcer sur un marché afin d’y développer ses activités de façon sûre et sécurisée.

Il apparaît alors manifeste que pour les Africains, et spécialement sur leur territoire, que la veille et l’intelligence économique sont les blocs supports de toute ambition de développement d’affaires ou de tout positionnement réussi face à une rude concurrence.

Il est à déplorer qu’en Afrique ces armes soient encore méconnues et/ou mésusées, d’où la nécessité de les remettre sous le feu des projecteurs, de les remettre au centre du débat sur les défis du continent africain et sur la conjoncture et la contingence qui se présentent à lui. De plus en plus d’événements médiatisés s’inscrivent dans cette dynamique à l’instar de la deuxième édition du Tunisian African Empowerment Forum (TAEF) qui s’est ouverte (17 et 18 juillet 2018) avec un premier panel axé sur l’Intelligence Economique (IE) en Afrique ainsi que sur l’enseignement des stratégies des puissances sur le continent. Ce forum a opportunément placé l’IE au cœur des enjeux majeurs du continent africain dans un contexte où la discipline est timidement considérée alors que le continent fait face à de grands défis de compétitivité vitaux à son développement.

Les efforts incessants du CAVIE pour la promotion de l’IE ont permis des avancées significatives qui positionnent aujourd’hui l’IE comme un levier d’une importance capitale pour l’avenir du continent africain.

Ces efforts se sont concrétisés à travers le consensus qui a rassemblé l’ensemble des panélistes à la seconde édition du TAEF autour des deux constats suivants :

  • L’IE est insuffisamment connue sur le continent ;
  • Il est urgent de créer des formations d’élites suivant un modèle proprement africain afin de former des compétences capables de répondre efficacement aux défis de l’heure.

La création des clubs CAVIE se justifie par les constats ci-dessus. Car réalisant qu’il est d’une importance capitale, dans une dynamique de démocratisation de l’IE, d’adopter des stratégies holistiques et inclusives, pour atteindre des objectifs ambitieux ; le CAVIE a établi l’agenda 2020 de la démocratisation de l’IE qui fait partie entière de ces dernières.

La mise en place de l’initiative d’implantation des clubs CAVIE dans les collèges et lycées répond au besoin d’expliquer l’intelligence économique aux jeunes africains en des termes simples et de leur insuffler les nécessités de curiosité et de vigilance ainsi que de surveillance de leur environnement notamment au travers des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans un monde récurremment sujet à la propagation facile d’informations falsifiées (fake-news) à des fins de désinformation.

Alors, sachant que :

  • « Le continent africain, représentera un (1) humain sur quatre (4) en 2050 et un (1) humain sur trois (3) en 2100, ce qui en fera dès 2050 le potentiel de ressources humaines le plus important dans le monde » Professeur Ababacar Mbengue, TEDx Talks, Abidjan, 2016 ;
  • « Contrairement à ce que racontent les médias de complaisance, l’Afrique n’a pas encore les ressources humaines suffisantes pour l’émergence du continent » Guy Gweth, intelligence économique made in Africa, Forbes Afrique Magazine, 17 avril 2016 ;
  • Comme le souligne si bien le rapport d’août 2018 sur les manipulations de l’information, « en 2013, le Forum économique mondial a identifié la mésinformation en ligne comme l’une des dix tendances à suivre en 2014 », ce qui dit tout le risque auquel sont exposés les jeunes africains dans un environnement où l’information de sources dignes de foi est prisée.

La vulgarisation des notions de veille et d’intelligence économique à l’endroit des jeunes africains – les moins de 25 ans représentent 64% de la population en Afrique de l’Ouest et du Centre – constitue un enjeu crucial pour préparer toute une génération aux défis actuels et futurs du continent africain.

Cette initiative constitue une véritable police d’assurance face à la configuration qui se dessine sur le territoire africain, terrain phare de l’expression paroxystique de « l’hypercompétition » au sens de Richard D’Aveni. Les enjeux économiques sont au cœur de la concurrence internationale. Il ne fait alors aucun doute qu’orienter un viatique informationnel vers la jeunesse du continent afin de susciter chez elle un éveil et que créer une cellule dédiée à faire mijoter ces outils et concepts dans son esprit est la première étape pour s’inscrire dans une stratégie durable de démocratisation de l’IE et de la veille.

Cette mission d’envergure, au caractère transversal et global, revêt un intérêt particulier dans le cadre de la création d’une jeunesse africaine vigilante, informée et consciente des défis de l’Afrique et de l’impact de l’IE pour y répondre avec efficience.

Dans ce contexte, l’IE est à prendre avec la plus grande considération à l’échelle du continent africain ; car elle est directement concernée par le défi du développement de compétences génériques, techniques et opérationnelles appropriées au regard des besoins du secteur économique africain. Il convient donc de la rendre accessible pour tous et cela présage qu’il faut déployer tous les efforts en veillant à n’en ménager aucun pour asseoir cette discipline dans l’esprit des jeunes africains.

La Rédaction (avec Beaugrain Doumongue, Coordonnateur des Clubs CAVIE pour collèges et lycées)

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