[Africa Diligence] Après la décennie de conflits et la crise Ébola qui ont littéralement déconstruit son tissu social et son réseau d’infrastructures, la Sierra Leone est en train de réaliser des progrès remarquables sur la voie du redressement et de la reconstruction d’un État stable et démocratique. D’incroyables réformes institutionnelles boostent l’entrepreneuriat dans ce pays regardé comme un chantier de reconstruction à ciel ouvert.

Développer les infrastructures énergétiques et de transport

Le secteur des entreprises structurées en Sierra Leone est relativement réduit et se développe progressivement. Le pays est classé parmi les dix nations du monde ayant le mieux réformé leur cadre des affaires au cours des dernières années. Il est passé de la 176ème place sur 185 pays à la 140ème place en l’espace de cinq ans. Parmi les réformes les plus remarquables du cadre des affaires, on peut citer celles touchant au délai de création d’une entreprise (91ème rang mondial sur 185) : il faut désormais 12 jours (contre 300 jours auparavant) pour créer une entreprise. Par ailleurs, le pays a bénéficié d’importantes entrées de capitaux privés, avec la multiplication par trois des investissements directs étrangers (IDE) au cours des cinq dernières années. Malgré ces progrès, l’étude diagnostique du Millenium Challenge Corporation (MCC) sur la croissance conclut que les principales contraintes qui pèsent sur la croissance de la Sierra Leone sont liées aux graves déficits d’infrastructure dans les secteurs de l’énergie et du transport routier qui, s’ils ne sont pas traités de façon adéquate, freineront sérieusement la croissance du secteur privé. D’où le désir de Freetown d’encourager plus d’entreprises à se créer dans le secteur. Et même si des investissements substantiels ont déjà été réalisés dans le domaine des infrastructures depuis 2009, les déficits restent énormes sur le chemin de l’émergence tant souhaitée.

6 étapes pour créer une entreprise

La création d’entreprise se résume à 6 étapes pour une durée moyenne de 12 jours contre 300 jours auparavant.

  1. Vérifier l’unicité du nom de l’entreprise. La recherche de nom de l’entreprise est menée par le requérant avec l’aide d’un agent du bureau de l’administrateur et régisseur général.
  1. Enregistrer l’entreprise auprès du Registrar of Companies au bureau de l’administrateur et régisseur général.
  1. Obtenir un numéro d’identification fiscale à laNational Revenue Authority.
  2. Demander une licence d’exploitation à la municipalité de Freetown. Une fois le numéro d’identification fiscale attribué, le certificat de licence de l’entreprise et l’enregistrement est obtenu auprès du bureau du conseil municipal de Freetown situé au guichet unique au sein du bureau de l’administrateur et régisseur général.
  1. Enregistrer les travailleurs autochtones à la sécurité sociale.
  1. Faire un sceau de la société. Selon la Loi sur les sociétés, l’entreprise doit faire un sceau officiel et un sceau commun. Pour les documents utilisés en dehors de Sierra Léone, le sceau officiel est utilisé pour sceller les documents de l’entreprise.Pour les documents à utiliser en Sierra Leone, une impression est faite avec un sceau commun, qui est habituellement faite à l’encre avec un(ou caoutchouc) bloc de bois.

Une économie portée par le secteur primaire

L’économie sierra-léonaise est tirée par les produits primaires, notamment par l’agriculture et la production minière. L’on assiste à une modification de la structure de l’économie du pays, marquée par une évolution de la taille de ses principales composantes en fonction des variations de leur part dans le produit intérieur brut. La part du secteur minier dans le PIB devrait augmenter sensiblement selon les projections de la Banque mondiale, passant de 4% en 2011 à 22% en 2013 pour atteindre 30% en 2017, surtout grâce à l’extension des sites d’extraction à grande échelle de minerai de fer. L’agriculture, y compris la foresterie et la pêche, représentent toujours la composante la plus importante du PIB. Mais cette part est en baisse. Elle est tombée de 52% en 2011 à près de 42% en 2013. Malgré cette tendance baissière, le secteur agricole demeure le principal pourvoyeur d’emplois et représente plus de 70% de la main-d’œuvre locale. Le secteur minier, qui est le moteur de la croissance dans le pays, représente moins de 3% de la main-d’œuvre totale.

Un climat des affaires en chantier

Au cours de la décennie écoulée, le pays a accompli des progrès importants en matière de bonne gouvernance. Selon l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique, la Sierra Leone a amélioré son classement, au cours des cinq dernières années, malgré les contraintes. Les Indicateurs de la gouvernance dans le monde reflètent les bonnes performances de la Sierra Leone sur les six paramètres de la gouvernance, d’où qu’on regarde. Les moyens d’expression citoyenne et les mécanismes de responsabilité, ainsi qu’au niveau. Mais si le pays enregistre de bons points en matière de stabilité politique, contre toute attente, d’importants défis subsistent dans les domaines de l’efficacité des pouvoirs publics (9,95 sur une échelle de 0 à 100), de l’État de droit (22,54) et de la lutte contre la corruption (26,54).

Benjamin OMBE (Avec Knowdys Database, BM, PEA et SLIEPA)

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