[Africa Diligence] « Bon gré, mal gré, l’Afrique sera durablement attractive pour les investisseurs internationaux, tant que tout son potentiel n’aura pas éclos », selon les analystes de Knowdys. Cet avis est confirmé, d’est en ouest, et du nord au sud du continent, par la BAD et des deux sœurs de Bretton Woods. Mais comment y aller ?

Maintenant que la distance entre les colloques internationaux et la réalité africaine est établie, le darwinisme peut s’emparer du consulting.

En Afrique australe, la croissance qui a ralenti en 2015, ne devrait pas redémarrer avant 2017. Une conjoncture internationale défavorable, notamment avec la baisse des cours des produits de base, conjuguée à la sécheresse et d’autres facteurs (comme les coupures d’électricité), ont entravé la croissance de la région en 2015. L’Afrique du Sud ne parvient pas à sortir de la morosité et devrait même voir sa croissance ralentir encore en 2016, avant de se redresser en 2017. De nombreux facteurs, au nombre desquels les cours des matières premières, l’atonie de la demande d’exportations et les pénuries d’électricité, sans oublier les grèves et la sécheresse, rejaillissent sur la confiance des consommateurs et l’activité des entreprises. L’Afrique du Sud constituant un débouché important d’exportations pour ses voisins, ce passage à vide pénalise toute la région. Dans les autres pays encore plus tributaires des exportations de produits de base, et notamment en Angola (pétrole), en Zambie (cuivre) et au Botswana (diamants), la croissance n’a pas non plus été au rendez-vous. Au Mozambique, les performances ont été en recul en 2015 mais sont néanmoins restées solides, grâce à la hausse de la production dans l’agriculture et les secteurs de l’énergie et des industries extractives. Par ailleurs, les IDE ont continué de jouer un rôle déterminant, même s’ils ont nettement diminué en 2015.

En Afrique centrale, la croissance a elle aussi marqué le pas en 2015. En République du Congo, les coupes dans les investissements publics d’infrastructure consécutives à la chute des recettes pétrolières sont à l’origine de ce repli. En Guinée équatoriale, le PIB a pâti de la diminution de la production de pétrole qui devrait se poursuivre en 2016/17. En République centrafricaine (RCA), le PIB s’est redressé, malgré la crise politique et les risques sécuritaires. La normalisation de la coopération internationale et le retour à la sécurité devraient soutenir cette reprise. Fort d’une croissance alerte et diversifiée dans l’agriculture, la sylviculture, la construction, l’industrie et la production pétrolière, le Cameroun devrait poursuivre sur cette voie, malgré les problèmes sécuritaires en certains endroits du Nord du pays. Au Gabon, la poursuite de la politique d’investissement du gouvernement a dopé la croissance, malgré l’érosion des recettes pétrolières. En RDC, la croissance a certes marqué le pas en 2015 mais est restée solide grâce à l’agriculture, les services et les industries, la production ayant augmenté dans la plupart des filières extractives.

L’Afrique de l’Est a confirmé son rôle de locomotive et devrait poursuivre sur sa lancée en 2017. La région bénéficie d’importants flux d’IDE même si l’évolution réelle de ces mouvements de capitaux en 2015 suscite des interrogations. Les bonnes performances enregistrées en 2015 concernent un grand nombre de pays (Djibouti, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie) qui ont affiché un taux de croissance supérieur à 5% et devraient conserver cette dynamique en 2016/17. Le Soudan, ébranlé par la sécession de 2011, a également renoué avec une croissance alerte. Dans ces pays, la croissance a souvent été tirée par les services et la construction, qui ont profité entre autres de programmes d’investissements par les pouvoirs publics, mais également en partie par l’industrie et, là où les conditions météorologiques ont été propices (Soudan et Tanzanie), par l’agriculture. Au Soudan du Sud, a contrario, la chute des cours du pétrole et de la production ainsi que la crise politique ont pénalisé la croissance du PIB en volume, qui s’est rétracté en 2015. L’application effective du dernier accord de paix sera un facteur déterminant pour l’évolution économique du pays. En Érythrée, l’atonie de la demande d’exportations et un environnement difficile pour les entreprises et l’investissement ont induit une stagnation de l’économie, tandis qu’aux Comores, c’est la crise de l’énergie qui freine toujours la croissance.

L’Afrique du Nord reste éminemment contrastée dans sa situation macroéconomique. En Libye, les ruptures de production de pétrole, la crise politique qui se prolonge et l’incertitude ambiante continuent de faire chuter le PIB en volume. Seules la fin des hostilités entre milices rivales et l’installation d’un gouvernement national permettront d’envisager une reprise économique. En Tunisie, les bonnes récoltes de l’année 2015 ont soutenu la croissance, qui est restée malgré tout modérée, les autres secteurs de l’économie étant atones. La chute des exportations a pénalisé le secteur minier et les industries tandis que le tourisme, qui redémarrait progressivement, s’est à nouveau effondré à la suite d’attaques terroristes. En Algérie, la croissance s’est maintenue grâce à un rebond de la production pétrolière. Le Maroc a connu une croissance plus forte et plus diversifiée que le reste de la région : côté demande, l’activité a été soutenue par la consommation et l’investissement privés tandis que, côté production, les bonnes performances doivent beaucoup au secteur de la construction et à l’agriculture, dopée par de bonnes conditions météorologiques et les investissements antérieurs dans l’irrigation. Si le tourisme a lui aussi pâti des problèmes sécuritaires de la région, l’impact a été nettement moins marqué qu’en Tunisie. En Égypte, la croissance s’est renforcée sur fond de stabilisation du paysage politique et d’amélioration de la confiance des entreprises. Des salaires et des dépenses sociales en hausse ont soutenu la consommation parallèlement à l’augmentation des investissements. Du côté de la production, le secteur des services a dynamisé la croissance même si le tourisme a de nouveau payé le contrecoup des problèmes sécuritaires. Les réformes économiques envisagées et les méga-projets devraient, s’ils se concrétisent, renforcer encore l’économie.

En Afrique de l’Ouest, deux facteurs ont déprimé la croissance en 2015 : l’effondrement des cours des produits de base et l’épidémie d’Ebola. Au Nigéria, première économie de la région, la production pétrolière est restée modeste et la croissance du secteur non pétrolier a ralenti, le gouvernement ayant taillé dans les dépenses faute de rentrées pétrolières suffisantes. L’activité du secteur privé a également souffert d’une politique monétaire moins accommodante et de restrictions sur les changes, deux décisions prises pour contrecarrer la dépréciation de la monnaie. Le retour à un budget plus expansionniste devrait contribuer au redressement progressif de l’économie. Avec l’épidémie d’Ebola, les économies de la Guinée, du Libéria et, surtout, de la Sierra Leone – où la chute des cours des matières premières est venue compliquer la donne – ont beaucoup souffert. D’autres pays sont néanmoins parvenus à afficher une croissance solide en 2015 (Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal et Togo) et devraient confirmer ces bonnes performances en 2016/17.

Plus que jamais, Knowdys Consulting Group renforce ses positions dans les segments qui font sa notoriété internationale : due diligence, business intelligence et intelligence économique. Objectif : anticiper et répondre aux besoins de sa clientèle internationale grâce à son solide encrage continental et sa dynamique d’innovation permanente. Cet attelage unique, en Afrique, permet un décryptage à 360° de chaque marché ciblé.

La Rédaction (avec BAD, BM, FMI et Knowdys Database)

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