[Africa Diligence] La Tunisie présente l’exemple d’une politique économique bien intentionnée mais qui n’a pas donné les résultats escomptés, écrit la Banque mondiale dans son rapport intitulé «La révolution inachevée: créer des opportunités, des emplois de qualité et de la richesse pour les Tunisiens». Pour Knowdys, les Tunisiens doivent rétablir la confiance et trouver de nouveaux alliés financiers. Mais comment les y aider?

Présenté lors d’un point de presse, mi-septembre 2014 au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprises, le rapport de la Banque mondiale (BM) est une invitation directe à repenser le modèle actuel en mettant le cap sur les réformes susceptibles d’accélérer la croissance ou encore de promouvoir le développement régional. «La Tunisie passe par une transition historique mais son modèle économique ne diffère pas de ce qui existait avant la révolution», soulignent les rédacteurs du rapport de la BM

L’économie tunisienne fermée à la concurrence

Etayant leurs propos, les économistes Anatonia Nucifora et Bob Rijkers estiment que des pans entiers de l’économie locale restent fermés à la concurrence. «Si l’idée généralement répandue est que ce cloisonnement contribue à protéger les entreprises tunisiennes, la réalité indique que cette situation profite principalement à un petit groupe d’individus», décrient-ils. Pour preuve, les exportations tunisiennes ont augmenté au cours des deux dernières décennies sans pour autant évoluer au rythme des autres pays émergents. Le secteur a à peine dépassé le seuil de la production à faible valeur ajoutée avec des emplois mal rémunérés.

La simplification pourrait générer 50.000 emplois

L’absence de concurrence coûte à l’économie tunisienne plus de 2 milliards de dollars par an, soit près de 5% de la richesse du pays. Les entreprises tunisiennes consacrent près de 18% de leur chiffre d’affaires annuel aux tracasseries bureaucratiques et aux pratiques de petite corruption. Les experts estiment que la levée des restrictions imposées aux entreprises à l’entrée et la simplification du cadre réglementaire dans lequel elles opèrent pourraient contribuer à la création de 50.000 emplois par an. De même, la réforme du secteur bancaire pourrait libérer jusqu’à 10 milliards de dollars de financements pour les entreprises sur une période de 10 ans, permettant ainsi la création de quelque 38.000 emplois par an.

Plusieurs projets dans les starting-blocks

Le rapport de la BM intervient à un moment où toutes les forces sont mobilisées pour redorer le blason de l’économie nationale. Le climat des affaires commence enfin à donner des signaux positifs après de nombreuses tergiversations dans un contexte instable. Le dernier événement économique «Investir en Tunisie» a confirmé l’intérêt des investisseurs étrangers de tous bords. Dans les coulisses de la conférence, différentes sources ont pu confirmer l’existence de plusieurs projets dans les starting-blocks qui n’attendent que des signaux positifs de l’Etat tunisien, notamment les résultats des prochaines échéances électorales.

Les recommandations urgentes de la BM

Résumant les maux de l’économie tunisienne, le rapport de la BM estime que les dysfonctionnements émanent principalement d’une persistance de l’affectation inefficace des ressources, d’une paralysie du secteur privé, d’une intégration trompeuse avec l’UE basée essentiellement sur la sous-traitance et l’assemblage. Sur la liste des recommandations urgentes permettant de remettre l’économie sur les rails, arrivent en tête : la suppression des barrières à l’accès au marché, la libération de la croissance du secteur privé et les réformes des secteurs éducatif et financier. Tout cela requiert, à l’évidence, une stabilité sécuritaire et politique, avec un leadership politique qui puisse servir de véritable moteur.

La prescription de Knowdys Consulting Group

Pour les analystes de Knowdys, la Tunisie souffre encore d’un déficit de confiance important malgré les efforts de Tunis. De nombreux investisseurs continuent, en effet, d’interpréter les poches d’instabilité comme des signes d’une « révolution inachevée ». Il faut impérativement rétablir la confiance avec de grands acteurs financiers (investisseurs internationaux, bailleurs de fonds, femmes et hommes d’affaires nationaux). L’audace, pour Tunis, doit consister d’une part à sortir l’économie de l’informel vers le formel (pour améliorer la croissance), et d’autre part à sélectionner des alliés prêts à miser sur le nouveau modèle économique (à mettre en place), ce qui est l’une des missions essentielles de Knowdys Consulting Group en Afrique.

(Avec Sihem Jamil et Knowdys Database)

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