[Africa Diligence] Exposée à l’incertitude économique et politique de sa région d’origine, la banque nationale d’Abu Dhabi cible désormais l’Afrique pour son activité de gestion de fortune. « Nous allons les aider à réaliser ce que nous avons suggéré à Merill Lynch France, il y a 2 ans» confie Guy Gweth, fondateur de Knowdys Consulting Group, conseil en intelligence économique et stratégique en Afrique subsaharienne.

Plus connue sous le code NBAD (National Bank of Abu Dhabi), la banque nationale d’Abu Dhabi est le n°1 bancaire dans les Émirats arabes unis, et « la banque la plus sûre du Moyen-Orient » d’après les analystes de Global Finance. Créée en 1968, la banque est cotée à l’Abu Dhabi Securities Exchange. Plusieurs fois primée en raison de ses bons chiffres, la NBAD étend son réseau sur les cinq continents.

Particulièrement exposée à l’incertitude économique et politique de sa région d’origine, d’une part, et menacée par la concurrence locale, d’autre part, la NBAD cible désormais les marchés africains pour son activité de gestion de fortune. Cette décision est vue d’un très bon œil par les experts en due diligence de Knowdys, leader du conseil en intelligence économique et stratégique en Afrique subsaharienne.

« A la veille de son mariage avec la banque suisse Julius Baer, nous (Knowdys) avons proposé au bureau parisien de l’américain Merill Lynch de l’accompagner à la conquête des grosses fortunes africaines, mais ils n’étaient pas prêts […] La NBAD offre l’occasion de montrer ce que l’un des meilleurs acteurs africains de due diligence peut apporter à un leader du secteur bancaire dans la pêche sécurisée aux grosses fortunes africaines », a déclaré Guy Gweth, professeur de due diligence au sein de l’Executive MBA « Stratégie et Consulting » de l’Ecole Supérieure de Gestion (ESG) de Paris et fondateur du cabinet Knowdys.

De l’avis des plus hautes autorités de la NBAD, la chute des cours du pétrole couplée à des troubles dans de nombreux pays du Moyen-Orient ont négativement impacté une partie de l’activité traditionnelle de la banque et freiné les ardeurs des investisseurs dans la région. Contrainte de diversifier son offre, la NBAD s’oriente stratégiquement vers des régions autrefois dominées par les bailleurs de fonds internationaux. Outre l’Afrique, l’Inde et la Chine sont également dans la ligne de mire de la banque.

« L’économie africaine reste largement sous-évaluée à cause de la grande part d’informel qui la constitue. Si nous réussissons à convaincre trois quarts des grosses fortunes africaines d’emprunter la voie bancaire, les financiers de Bretton Woods devront sortir leurs calculettes pour revoir, à la hausse, le poids de l’Afrique » prévient Guy Gweth. Pour le Responsable de « Doing Business in Africa » à Centrale Paris/EM Lyon, « l’Afrique est pauvre d’ignorer qu’elle est riche. Et pas seulement en ressources naturelles…»

Sanaa Benjelloun

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