[Africa Diligence] Les rapports successifs du National Intelligence Council, en charge de la veille et de l’intelligence économique au sein de la CIA, sont d’un apport certain pour les entreprises américaines. Mais leurs prévisions erronées, depuis 2000, sur le développement du numérique en Afrique oblige le Centre Africain de Veille et d’intelligence économique à nuancer leurs analyses.

Depuis l’an 2000, le chef de la magistrature suprême des Etats-Unis d’Amérique fait ses premiers devoirs d’élu en lisant très attentivement the « Global Trends », un rapport de prospective délivré par le National Intelligence Council (NIC), un organe de la Central Intelligence Agency (CIA). NIC est la cellule de veille et d’intelligence économique des services de renseignements des Etats-Unis. Le but de « Global Trends » est d’aider le chef de la Maison blanche et l’ensemble des décideurs économiques et politiques étatsuniens à anticiper les principales mutations à venir dans les champs économique, industriel, commercial, technologique ou scientifique. Cette anticipation s’opère aussi bien à travers la création de normes, les négociations internationales, que par le biais des innovations à caractère concurrentiel.

Depuis quinze ans, la place de l’Afrique n’a cessé de croître dans les radars des analystes du NIC, même si le continent relève encore de ce qu’ils continuent d’appeler « tiers monde » … Si la pertinence de certaines analyses de la cellule américaine est indiscutable, d’autres conclusions relèvent ni plus ni moins que du jus de cerveau. Cette situation oblige désormais le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) à rectifier le tir au profit des décideurs africains à travers des notes de synthèse ou des rapports complets. C’est le cas de la démocratie numérique et de la gouvernance de l’Afrique en 2030. Que dit la CIA ? Qu’en sera-t-il selon le CAVIE ? Petite synthèse.

Dans sa dernière livraison, les rédacteurs de « Global Trends », soulignent que les gouvernements qui ne réagiront pas aux évolutions démographiques et ne répondront pas aux attentes populaires seront confrontés à « une déstabilisation accrue et à une hausse de la criminalité et de l’émigration ». Ce que la Centrale américaine ne dit pas, c’est la manière avec laquelle le monde développé devra réagir face à la criminalité migratoire. Le CAVIE estime que les gouvernements occidentaux seront contraints de jouer cartes sur table, en cessant le soutien aux dictateurs et l’exploitation des peuples africain, par leurs multinationales, bousculés qu’ils seront par une opinion nationale de plus en plus effrayée par l’immigration et l’extrêmisme. Cette situation pourrait voir l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir dans de nombreux pays d’Europe et même aux Etats-Unis…

En somme, le CAVIE estime que la création de filets de sécurité sociale et de dispositifs favorisant l’entrepreneuriat des jeunes, ainsi que la lutte contre la corruption et les injustices seront de puissants stabilisateurs sociaux. Pour cela, les dirigeants devront risquer de démocratiser les technologies de l’information, plus propices à la croissance et à l’innovation, qu’aux troubles à l’ordre public. Face à l’enfermement des Etats occidentaux, et en réponse à une Afrique toujours plus jeune, plus peuplée et en quête d’opportunités, les technologies de l’information et de la communication agiront comme un arc-en-ciel reliant – sans visa – le monde développé et les peuples en développement.

En tout état de cause, estime le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique, la diaspora africaine jouera un rôle d’accélérateur de démocratie numérique et les régimes autoritaires devront se battre en 2030 pour récupérer le contrôle laissé aux opérateurs privés sur le terrain du big data.

Accéder aux notes et rapports complets

Couvrant les 54 Etats du continent, le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique se présente comme la plus importante agence non gouvernementale de renseignement économique du continent, une source d’informations unique au profit des décideurs, des chercheurs, des journalistes, des acteurs économiques, et des organisations de la société civile. Si vous voulez devenir adhérents, correspondants-pays, sponsors, donateurs ou partenaires stratégiques du CAVIE ; si vous voulez accéder aux notes de synthèse, ainsi qu’aux rapports complets, moyennant participation, et/ou apposer votre logo sur le site à paraître en mai 2016, écrivez à : welcome@africadiligence.fr.

La Rédaction

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