[Africa Diligence] 1,3 milliards de personnes sont en situation de pauvreté énergétique dans le monde. Elles sont 620 millions en Afrique subsaharienne. C’est la zone qui présente le taux d’électrification le plus bas des régions en développement avec seulement 31% de personnes vivant sans électricité. Vu l’évolution démographique, ce chiffre devrait doubler d’ici à 2030, échéance à laquelle 3/4 des pays africains espèrent être émergents…

Malgré l’explosion économique du continent et une croissance de plus de 5% enregistrée au cours des 15 dernières années, la faiblesse du secteur électrique pourrait bien empêcher l’Afrique de tirer profit de ce potentiel pour atteindre l’émergence tant espérée. L’électrification du continent constitue en effet un enjeu de croissance prioritaire et revient aujourd’hui au centre des préoccupations politiques et économiques des pays comme la France et les États-Unis.

Une électrification à 80% du continent pourrait déjà générer une croissance de 8% (contre 5% actuellement), ce qui permettrait à l’Afrique d’atteindre, à terme, les Objectifs du millénaire fixés en 2000 pour lutter contre la pauvreté qui touche encore 300 millions de personnes. Pour l’instant, la capacité installée totale s’élève en Afrique à 114 GW. Celle de la France est de 120 GW. Le taux moyen d’électrification y est de 30% en moyenne. Il monte à 60% dans les villes et stagne en deçà de la barre des 15% en zones rurales.

L’électrification rurale décentralisée, qui porte sur des zones le plus souvent éloignées de tout réseau électrique, constitue un enjeu déterminant pour le progrès social et le développement économique du continent. L’isolement de ces populations, ainsi que la faible demande en énergie liée à la pauvreté dans ces régions, rendent toute politique d’électrification nationale très coûteuse, nécessitant d’importantes subventions publiques et peu rentable à moyen terme.

La consommation moyenne par habitant est de 145 kWh, sur le continent noir contre 1 900 kWh en Chine et le prix moyen du kilowattheure dans la région est de 0,14 USD contre 0,15 en Europe et 0,04 en Asie. Au total, le temps de coupure cumulé est de 56 jours par an, une configuration qui coûte à l’Afrique 2,5 points de PIB chaque année.

Selon les institutions de Brettons Woods, il faudrait mobiliser 50 milliards d’euros par an pendant dix ans pour satisfaire la demande en électricité pour accompagner l’émergence du continent.

La Rédaction (avec Knowdys Database et Afrique Énergie)

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