[Africa Diligence] Depuis quelques années, un vent entrepreneurial puissant souffle sur l’Afrique et fait de plus en plus pousser des ailes à de jeunes africains. Tenter de monter une entreprise, c’est espérer pouvoir s’en sortir. C’est ainsi que l’on assiste à une multiplication des classements de jeunes start-up africaines. 

On enregistre plus d’initiatives locales au moment où la France veut  de nouveau s’affirmer dans ses relations économiques avec l’Afrique. Il était temps au vu des parts de marchés perdues par la France sur le continent africain. Ses échanges ont fondu de presque moitié. Ils sont tombés à 4 %. Et ce recul est général, y compris sur l’ouest africain à dominante francophone. Du coup, sa présence la ramène au même niveau que l’Amérique latine.  C’est fort peu.

Si la France a perdu ce terrain au tournant du siècle, ce n’est pas faute d’opportunités.

Les investissements en Afrique ont bondi de 10 à 60 milliards de dollars: dans les infrastructures, les télécommunications, l’énergie, l’eau, l’agro-business…Cela a représenté la croissance la plus vive au monde. La France est certes restée dans la course, mais en descendant dans le  classement, se faisant même doubler par l’Italie.

Pourquoi ce tassement ? Par crainte de l’instabilité des états africains, et une fascination pour les marchés asiatiques. C’est aussi la montée en puissance de la Chine qui a redistribué les cartes économiques en Afrique.

Au moment où la France voyait sa présence reculer autour de 4 %, celle de la Chine montait à 22 % ! On aurait tort d’oublier qu’elle n’est pas seule: l’Inde a accéléré à toute allure, la Corée, la Turquie aussi.

Comment faire pour reprendre pied  durablement ? 

Depuis ces 3 dernières années, on assiste à une remobilisation des acteurs politiques et économiques, Medef en tête afin de générer des courants d’affaires. Des missions appuyées par les grands acteurs traditionnels, fortement implantés, de Vivendi à Total en passant par Vinci, Areva et les grands équipementiers. Parmi ces missions on compte de plus en plus de PME.

Mais pour remobiliser des projets d’entreprise vers l’Afrique, encore faut-il des financements et des réseaux efficaces.

C’est la raison qui a souvent été invoquée: il ne suffit pas d’appeler à investir s’il n’ya pas d’incitations à le faire.

Il aura fallu attendre le début de l’année pour que soit lancé un fonds d’investissement franco-africain dédié aux PME. La fondation Africa France qui joue comme un espace de concertation et de réseautage est récente. C’est toute une diplomatie économique qui essaie de se recentrer sur l’Afrique afin d’encourager des partenariats durables, mais qui doit elle aussi se réorganiser entre les agences et les services de l’état qui ont du mal à bien s’articuler…. Et là aussi il faudra sans doute accélérer la cadence.

Compte tenu des difficultés liées à l’entreprenariat en Afrique, il est essentiel de faciliter l’entrée sur le marché en Afrique, afin que davantage d’entreprises puissent s’implanter dans les pays où les coûts de création d’une société sont plus faibles qu’ailleurs. Il convient d’élaborer de meilleurs dispositifs d’aide financière, de façon à permettre le développement du crédit aux entreprises, tout en accordant aux hommes et aux femmes entrepreneurs les mêmes droits économiques.

La Rédaction (avec Jean-Marc Chardon)

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