[Africa Diligence] Chez Knowdys Consulting Group, leader du conseil en intelligence économique en Afrique subsaharienne, les analystes considèrent que le positionnement du Maroc en tant que hub régional est une réalité qui repose sur au moins quatre éléments concrets : l’histoire, la géographie, la diplomatie économique et le commerce.

« Au plan historique, argument Guy Gweth, fondateur de Knowdys, et auteur de ‘Maroc-Afrique : ils ont trahi le roi’, le Maroc était déjà un hub commercial entre l’Afrique et l’Europe il y a 800 ans. A ce moment-là, une grande voie de commerce reliait le sud de l’Europe au Niger en passant par le Royaume chérifien. L’histoire se poursuit donc. Au plan géographique, le Maroc est à 14 km de l’Europe et une partie (60%) de son territoire est située entre le Maghreb, le Sahara et le Sahel, du sud d’Agadir au sud de la Mauritanie. Son appartenance à la zone MENA souligne parfaitement son encrage pluri-civilisationnel. Au plan diplomatique, Rabat a signé de précieux accords de partenariats avec plusieurs Etats africains, le Monde arabe, les Etats-Unis et l’Union européenne. Ces instruments renforcent la position du Royaume en tant que porte d’accès à plus d’un milliard de consommateurs. Au plan commercial, enfin, l’attractivité du pays est incontestable.»

Le Maroc s’acquitte donc d’une mission singulière en matière de commerce inter-africain grâce à sa position stratégique et ses atouts économiques et infrastructurels, a indiqué, début octobre à Washington, le président directeur général de l’Initiative for Global Development (IGD), Mima Nedelcovych.  « Grâce à sa position géostratégique, le Maroc joue un rôle clé en matière de commerce interrégional, notamment en tant que trait d’union entre le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest et le reste du continent », a-t-il souligné dans une déclaration rendue publique, en marge du Forum « Frontier 100 » de l’Initiative Globale de Développement (IGD), qui s’est tenu dans la capitale fédérale étasunienne les 4 et 5 octobre 2016.

La présence croissante des entreprises marocaines dans le reste de l’Afrique, notamment dans les pays francophones, se confirme depuis plusieurs années, a relevé le président de l’IGD, notant que les entreprises de services se sont particulièrement bien implantées, avec en tête de file le secteur bancaire, de l’immobilier, des assurances et celui des télécommunications. La stratégie économique développée sous le leadership du Roi Mohammed VI en direction du continent africain, a érigé le Royaume en hub régional, au service du co-développement dans d’autres différents domaines clés, notamment la sécurité alimentaire, les infrastructures, les énergies renouvelables, et la croissance verte, a-t-il ajouté. Pour cet habitué de l’Afrique, la réalisation d’une intégration régionale plus poussée dans ses multiples dimensions devrait contribuer à libérer le potentiel du continent et offrir l’espoir d’une vie meilleure à ses peuples. Cette intégration économique devrait également aider le continent à se prendre en charge et compter sur ses propres potentialités, en développant les partenariats public-privé sud-sud et en facilitant les transferts de technologie dans un cadre mutuellement bénéfique, a-t-il conclu.

Créée à l’initiative des anciens secrétaires d’Etat US Madeleine Albright et Colin Powell, l’IGD est constituée d’un réseau de dirigeants de compagnies opérant dans des secteurs à fort potentiel de croissance avec pour objectif la lutte contre la pauvreté à travers la promotion de la croissance stratégique et l’investissement dans les pays en voie de développement, notamment en Afrique. Le Forum se tient deux fois par an aux Etats-Unis et en Afrique. Lors du conclave de Washington, sur le thème « Le développement du secteur privé en Afrique : moteur d’une croissance inclusive », les participants ont débattu de plusieurs sujets axés notamment sur la promotion des économies africaines à travers l’industrie et le commerce, le rôle du secteur privé dans le développement économique, le potentiel du secteur agricole et agroalimentaire, et le rôle des investissements chinois dans le continent.

L’IGD dispose d’un réseau solide au Maroc à travers la participation de plusieurs compagnies marocaines, dont Attijariwafa Bank, BMCE Bank-Bank of Africa, les eaux minérales d’Oulmès, Maghreb Industries, OCP Group, et Zinafrik Holding.

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La Rédaction (Avec MAD et Knowdys Database)

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