[Africa Diligence] Après avoir essuyé l’une des plus terribles opérations de guerre de l’informations des 50 dernières années, au sein de l’industrie chocolatière, l’huile de palme respire encore. Cette fois, le père de Nutella, Kinder, Ferrero Rocher, Mon Chéri et Tic Tac part à la conquête de l’opinion publique avec l’idée d’utiliser de l’huile de palme certifiée.

Dans la poursuite de sa démarche en faveur de l’huile de palme durable, le groupe italien a récemment annoncé l’utilisation de Starling, un nouveau système de vérification des engagements « zéro déforestation », développé par The Forest Trust, Airbus Defence and Space et SarVision. Objectif affiché : fournir de l’information aux consommateurs et garantir de meilleures conditions d’exploitation de l’huile de palme en Afrique notamment.

C’est peu dire que la guerre de l’information a réussi à donner mauvaise presse à l’huile de palme au sein de l’opinion publique occidentale. Activité aux mains de grands groupes industriels, la production de cette huile est accusée de dévaster de nombreux pays d’Afrique (le Cameroun, le Mozambique et une partie du Ghana ou de Côte d’Ivoire) et d’Asie ( la Malaisie, l’ Indonésie, les Philippines) où les cultures vivrières et les espaces vitaux sont de plus en plus grignotés pour faire place aux vastes étendues de palmiers.

L’huile de palme est produite artisanalement en Afrique depuis la nuit des temps. Les productions d’exportation d’aujourd’hui entrent en conflit direct avec le discours sur le développement durable, la lutte contre le réchauffement climatique et même la sécurité alimentaire. Car, lorsqu’on passe à une grande échelle de production d’huile, les cultures vivrières sont délaissées, l’espace qui leur est laissé se réduit et, petit pot de terre contre les pots de fer, le petit fermier traditionnel ne vend toujours pas son huile de palme à un juste prix.

S’ajoutent à cela les accusations d’exploitation portées contre les grands producteurs mondiaux d’huile de palme, qui exproprient des terrains et/ou emploient une main d’œuvre d’autant moins chère qu’elle est constituée d’enfants mineurs. Sans parler de la mauvaise réputation que traîne l’huile de palme dans l’alimentation : huile grasse, elle n’est pas vraiment l’ennemie du cholestérol. Mis au ban parmi les grands groupes industriels du secteur, le chocolatier italien Ferrero, mondialement connu, a réaffirmé mardi à Rome sa volonté de lutter contre les mauvaises pratiques en ce domaine.

« Les sociétés agroalimentaires doivent baser leurs choix sur la science de la nutrition. Il n’y a qu’ainsi que nous respecterons les consommateurs qui, pour leur part, doivent abandonner le « il paraît que », a dit Laurent Cremona, directeur global de Ferrero à une conférence organisée dans la capitale italienne par l’ambassade de Malaisie à Rome.

Ferrero s’engage dans le combat de faire la lumière sur tous les aspects de production de son huile de palme, notamment sur sa valeur nutritive. Pique contre les concurrents de l’industrie cosmétique qui emploient énormément d’huile de palme, M. Laurent Cremona a assuré que pour son groupe, il ne s’agissait pas de dire mais de faire. Il s’agit de se joindre par le concret à la lutte pour la préservation de l’environnement.

En ouvrant les travaux, l’ambassadeur de Malaisie, Datò Abdul Samad Othman, a assuré que son gouvernement et l’industrie huilière de son pays étaient déterminés à placer sur le marché une huile de palme produite de manière éthique, de bonne qualité et sûre pour la santé de l’homme. Il a affirmé que la Malaisie produit 25% d’huile de palme certifiée au monde. Cette certification, dite RSPO, garantit que l’huile produite préserve les forêts, protège la biodiversité et n’exploite pas des enfants ou des populations vulnérables.

La Rédaction (avec Lucien Mpama et Ferrero)

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