[Africa Diligence] Avec une ville plongée dans le noir toutes les 72h, il est illusoire de parler d’émergence. Contrairement à d’autres capitales africaines, Abuja ne s’est jamais fait d’illusion à ce sujet. Les pourparlers engagés en 2012 avec le russe Rosatom pour la construction de quatre centrales nucléaires sont sur le point d’aboutir. Coût : 20 milliards USD.

Le Nigeria est en pourparlers avec Rosatom depuis 2012 pour la construction de quatre centrales nucléaires évaluées à 20 milliards de dollars. Abuja veut attirer plus d’investisseurs pour booster son économie entravée, entre autres, par des pannes d’électricité quotidiennes. La première centrale pourra voir le jour en 2025. Les trois autres attendront 2035 pour être opérationnelles.

De Goodluck Jonathan à Muhammadu Buhari, les Exécutifs nigérians sont quasiment unanimes sur le fait que pour résister à la concurrence, le leadership économique de leur pays devra être chauffé au nucléaire civil.

« Trois fois moins peuplée que le Nigeria, l’Afrique du Sud (deuxième économie du continent noir) est 8 fois plus électrifiée que la première économie d’Afrique », soulignent les analystes de Knowdys. Ces derniers rappellent qu’au premier trimestre 2014, « pas moins de 300 investisseurs internationaux ont manifesté l’intérêt d’appuyer les plans du gouvernement fédéral visant à intensifier les investissements dans le secteur électrique du Nigeria. »

Bras nucléaire de Moscou, Rosatom est connu pour commercialiser ses réacteurs avec des offres de financement plutôt favorables au départ. A l’arrivée, l’entreprise d’État russe sera majoritaire dans le montage qui sera conclu prochainement avec le nouvel Exécutif nigérian. Au cours de l’année écoulée, les commandes internationales de Rosatom ont enregistré un gain de plus de 100 milliards USD grâce à des contrats de construction de nouveaux réacteurs en Hongrie, Inde, Iran et Jordanie.

Le taux d’accès à l’électricité dans le monde est de 80 % contre 30 % en Afrique, où 600 millions de personnes vivent sans courant électrique, d’après les Nations Unies. Selon les dernières estimations de Knowdys, n°1 du conseil en intelligence économique et due diligence en Afrique subsaharienne, une ville africaine connaît en moyenne une interruption d’électricité toutes les 72h, ce qui génère un gigantesque manque à gagner pour les économies locales.

Paradoxalement, cette situation qui freine l’implantation de certains industriels étrangers crée une aubaine pour d’autres investisseurs comme le montrent les études de marché des groupes électrogènes et des panneaux solaires. Knowdys délivre les détails les plus significatifs de ces secteurs au premier trimestre 2014 et les prévisions du marché jusqu’au quatrième trimestre 2020. Toutes les économies africaines ne sont pas éligibles au nucléaire civil.

La Rédaction (avec Knowdys Database)

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