(Africa Diligence) Le Cameroun veut concrétiser son objectif de devenir une économie émergente à l’horizon 2035. Son économie est la plus diversifiée de la région. Malgré un contexte international difficile marqué notamment par la baisse des cours des matières premières et la dégradation des termes de l’échange, l’activité économique au Cameroun est restée soutenue. La demande intérieure s’est maintenue en hausse, induite par la poursuite des grands projets d’infrastructures d’une part, et par des actions de relance de la production dans plusieurs branches marchandes d’autre part. Pour les conseils en intelligence économique d’Africa Diligence, la croissance du PIB au Cameroun devrait rester autour de 5% en 2014 et 2015.

Le Cameroun se caractérise par une grande diversité sur le plan du relief et du climat. Cette variété permet un grand nombre d’activités économiques et agricoles. La croissance observée en 2012 s’est consolidée en 2013 (4.9%), malgré une baisse par rapport aux prévisions. Cette croissance est principalement soutenue par la contribution du secteur tertiaire qui représente 47.8 % du produit intérieur brut (PIB) en hausse d’un point par rapport à 2012, en lien avec la bonne tenue des activités dans les branches des transports, des télécommunications, du commerce et de l’hôtellerie.

La croissance camerounaise bénéficie également du regain de certaines branches du secteur secondaire, avec le dynamisme du sous secteur des bâtiments et travaux publics, soutenu par les investissements en infrastructures structurantes, et les activités extractives (pétrole et gaz). Cette tendance devrait se poursuivre en 2014 et 2015.

Les finances publiques pâtissent de la hausse des subventions aux carburants. Ces dernières empêchent la réalisation de dépenses de développement plus productives et génèrent des arriérés intérieurs. C’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement camerounais a rendu public, le 30 juin 2014, un communiqué annonçant une augmentation des prix des produits pétroliers sur le territoire national, à compter du 1er juillet 2014. Le prix du litre de super passe ainsi de 569 Fcfa à 650 Fcfa, soit une hausse de 81 Fcfa, tandis que le litre de gasoil, lui, passe de 520 Fcfa à 600 Fcfa, en augmentation de 80 Fcfa.Dans le même temps, la bouteille de gaz domestique de 12 Kg qui coûtait jusqu’ici 6000 Fcfa, sera désormais cédée à 6500 Fcfa.

La gouvernance au Cameroun freine le développement du pays et nuit à son attractivité pour les investisseurs. Avec un score de 25/100 (contre 26/100 en 2012), le Cameroun se classe à la 144e place sur 177 pays dans l’indice de perception de la corruption 2013 de Transparency International (ex æquo avec l’Iran, le Nigéria, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la RCA et l’Ukraine). Il se retrouve par ailleurs à la 168e place (sur 189 pays) dans l’édition 2014 du rapport Doing Business, en recul par rapport à 2013, où il occupait la 162e place.

Au Cameroun, outre les actions qui concourent à réduire les coûts des facteurs de production, des mesures visant à promouvoir la modernisation de l’appareil de production, notamment dans le secteur agricole (usine de montage des tracteurs d’Ebolowa) et le développement des industries manufacturières (crédit-bail) ont été mises en œuvre. L’objectif visé est d’organiser l’exploitation judicieuse des ressources naturelles, notamment dans les domaines agro-sylvo-pastoraux et halieutiques, par un accroissement de la chaîne de valeur des filières porteuses (coton-textile-confection, bois, cacao, caoutchouc, etc.) à travers la promotion de l’agro-business.

Cette stratégie contribue à la soutenabilité fiscale, par la réduction de la forte dépendance des recettes d’exportation aux cours du pétrole. Par ailleurs, elle vise au renforcement de la compétitivité en vue d’engranger des parts supplémentaires de marché dans le commerce intra-régional. Le désenclavement externe, par la densification du réseau routier vers les grands centres de consommation sous-régionaux, en zone CEMAC et vers le Nigeria, devrait y contribuer.

Le Cameroun a un rôle limité dans les chaînes de valeurs mondiales, mais il développe les filières comme l’agriculture, le bois, la pêche, les mines et hydrocarbures.

(Knowdys Database, avec Perspectives économiques en Afrique, Banque mondiale et Investir au Cameroun)

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