[Africa Diligence] La création de la Banque de développement des BRICS pourvue d’un capital initial de 50 milliard USD et du fonds commun de réserves de change de 100 milliards USD en juillet 2014 vont changer le visage de la coopération économique entre l’Afrique et les BRICS. Ces derniers pèsent 40% de la population et 1/5 du PIB de la planète.

À son arrivée à Yaoundé, le Haut-commissaire de l’Inde au Cameroun, A. R. Ghanashyam, dont la mission diplomatique couvre également le Nigéria, le Bénin et le Tchad, a fait remarquer que les échanges commerciaux entre l’Afrique et les pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) « ont progressé plus rapidement au cours de ces dernières années que les échanges entre le continent africain et toutes les autres régions du monde ».

Ghanashyam prédit un dynamisme plus accru de cette coopération économique entre les BRICS et les États africains, avec l’entrée en activité des institutions financières (la Banque de développement des BRICS et du fonds commun de réserves). Il ajoute que ces échanges Afrique-BRICS « ont doublé entre 2007 et 2012, pour se situer à 340 milliards USD cette année-là, et doivent atteindre 500 milliards USD en 2015 ».

« Le succès des BRICS dans la promotion de la croissance économique inclusive, la création des emplois et la structuration du secteur de la transformation locale des produits, afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités, ont apporté beaucoup d’enseignements aux pays africains…», a expliqué le diplomate indien.

Le dernier Sommet des BRICS à UFA en Russie a montré la volonté des pays du groupe et particulièrement la Chine et la Russie de réformer l’ordre financier et politique mondial. Les BRICS ont fait montre jusque-là de leur volonté d’influencer la gouvernance mondiale moyennant la création de nouvelles institutions faisant contrepoids à celles déjà existantes. Ce qui laisse entrevoir leur remise en cause de l’ordre économique mondial issu de la grande guerre.

Cette posture permet de mesurer l’émergence d’un monde dans lequel plusieurs puissances s’affirment et souhaitent influencer la marche du monde. Dans ce contexte, la question de la gouvernance mondiale se pose avec acuité. En effet, cette nouvelle situation mondiale qui ressemble, à bien des égards, à la guerre froide, d’après certains analystes, nécessite la coordination des efforts entre les États afin de répondre aux nouveaux défis mondiaux.

De leur point de vue, la meilleure option pour éviter la prolifération des institutions de portée internationale serait d’organiser des conférences visant la réforme radicale des institutions internationales avec, en filigrane, l’idée d’accorder aux puissances émergentes toute la place qu’elles méritent dans le concert des nations.  Un vœu pieux ? À suivre…

La Rédaction (Avec CT et LM)

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