[Africa Diligence] Ouvrage de référence de la diplomatie économique chérifienne au sud du Sahara, Maroc-Afrique : ils ont trahi le roi attire l’attention sur l’étonnante impuissance des opérateurs économiques marocains à s’aventurer dans les marchés non francophones et non musulmans d’Afrique. L’assaut des investisseurs sud-africains réussira-t-il à sortir les grands champions nationaux marocains de leur zone de confort ?

Le Maroc attire de plus en plus d’investisseurs sud-africains et notamment des fonds d’investissement en quête de diversification géographique. Après le fonds immobilier Delta (qui s’est offert en 2014 l’Anfa Place à Casablanca pour un milliard de DH) et Vantage Capital, le fonds spécialisé en dette mezzanine qui est cours de création d’une équipe locale pour piloter, à partir de Casablanca, ses investissements en Afrique du nord, c’est au tour d’un autre géant sud-africain du private equity de s’intéresser au royaume chérifien.

Cette fois, c’est le groupe financier multi-métiers Investec, coté à la bourse de Johannesburg Stock Exchange dont la division de capital investissement planche actuellement sur l’acquisition d’au moins deux cibles potentielles parmi des ETI (Etablissements de Taille Intermédiaire) dont le chiffre d’affaire se situe entre 500 millions de dirhams et 2 milliards de dirhams.

Il faut dire qu’à l’instar de Vantage Capital, Investec Asset Management a créé plusieurs véhicules d’investissement dédiés à ses opérations hors Afrique du sud dont Africa Crédit Opportunity Fund1, un fonds obligataire d’un montant de 226,5 millions $. Une ambition qu’il a refinancée en 2015 par un prêt syndiqué de 300 millions USD coordonné par Standard Chartered Bank et Commerzbank.

En rappel, le groupe Investec est un poids lourd du capital investissement en Afrique avec neuf fonds sous gestion, pour un total des actifs estimé à plus de 600 millions USD. Le Maroc qui est aujourd’hui dans son viseur a déjà bénéficié indirectement du concours de la filiale bancaire de ce groupe Investec Bank qui vient d’accorder un prêt de 50,2 millions de dollars au groupe immobilier mauricien Delta Africa pour financer ses investissements au Maroc.

Il y a fort à parier que le rush des fonds d’investissements sud-africains au Maroc n’est que l’amorce d’un mouvement plus structurel émanant des premières puissances économiques d’Afrique. Mais cela suffira-t-il à sortir les investisseurs marocains de leur zone de confort ?

Commandez Maroc-Afrique : ils ont trahi le roi (nouvelle édition)

Rachida Cleda (avec Challenge)

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