[Africa Diligence] Situé en Afrique de l’Ouest, le Libéria est un pays bordé au sud par l’océan Atlantique. En 2013, sa population se chiffrait à 4 294 077 millions, répartie sur 111 370 km² de superficie. Affecté par Ébola en 2014, les pertes enregistrées ont durement impacté l’économie et l’emploi. 80% des jeunes sont au chômage. La création d’emploi-jeunes est au centre des programmes de réduction de la pauvreté mis en place au Libéria. Pour Monrovia, l’emploi est synonyme de paix.

Contrat de travail

D’après le code du travail libérien, un contrat de travail peut être oral ou écrit, individuel ou collectif. On distingue également les contrats à durée déterminée de ceux à durée indéterminée. La période d’essai est fixée à un mois minimum et elle ne doit excéder trois mois. Tous les contrats oraux doivent, sous réserve de toute stipulation contraire, être résiliés le dernier jour du terme convenu ou à l’issue du nombre de jours de travail spécifié.

Chaque contrat écrit doit comporter les mentions suivantes :

  • le nom de l’employeur ou le groupe des employeurs et le lieu de travail
  • le nom de l’employé, le lieu d’engagement et, lorsque cela est possible, le lieu d’origine de l’employé et tout autre renseignement nécessaires à son identification
  • la nature de l’emploi et du poste qu’il doit occuper
  • la durée de l’emploi
  • les taux de rémunération et de la méthode de calcul de celle-ci, la manière et la périodicité du paiement des salaires
  • les mesures à prendre pour assurer le bien-être de l’employé
  • les conditions de rapatriement
  • la période appropriée de préavis de rupture de contrat
  • les conditions particulières du contrat.

Durée de travail et salaire

La durée légale de travail est de 8 heures par jour, ou 48 heures par semaine. Un repos hebdomadaire est obligatoire. Il est de 24 heures consécutives, de préférence le dimanche. Il y a possibilité d’effectuer des heures supplémentaires. Elles sont rémunérées à hauteur de 50% du taux normal. Un salarié qui travaille un jour férié ou pendant son jour de repos doit bénéficier d’une rémunération supplémentaire à hauteur de 50% du taux normal.

Le code du travail libérien garantit l’égalité pour tous en termes d’emploi, y compris les étrangers titulaires d’un permis de travail valide.

Le salaire minimum national est actuellement en cours de réévaluation. Pendant ce temps, le gouvernement du Libéria, conscient de la situation économique qui prévaut dans le pays, a rehaussé le salaire minimum mensuel pour les fonctionnaires de 15 USD en 2006 à 80 USD en 2009. Le gouvernement a sensiblement réduit l’impôt sur ​​le revenu en 2010 afin d’augmenter le revenu nominal pour les employés. Il est donc prévu que pendant l’intérim, les employeurs du secteur privé utilisent l’initiative du secteur public comme le point de référence dans la détermination du salaire minimum à leurs employés .

Partenaires Sociaux

Les employés jouissent de la liberté d’association, et ils ont le droit d’établir et de devenir des membres d’organisations ou syndicats de leur choix sans autorisation préalable ou de la coercition. Il est interdit aux employeurs d’exercer une discrimination contre un employé en raison de son appartenance à un syndicat. En Septembre 2013, le Libéria a adopté le projet de loi sur le travail décent (Decent Work Bill). La nouvelle législation du travail est destinée à améliorer les incitations des travailleurs, à normaliser les congés de maternité et de paternité, et à définir le salaire minimum du secteur privé.

Cotisations sociales

Le régime de protection sociale au Libéria est géré par la National Social Security and Welfare Corporation (NASSCORP). Ce régime couvre les pensions : invalidité, retraite et survivant. Il est applicable à tous les employés qui travaillent pour un employeur et possédant au moins 5 salariés.

Les travailleurs indépendants peuvent adhérer à ce régime, leurs contributions sont volontaires. Pour les employés salariés le taux de cotisations est fixé à 3% de la masse salariale.

Le chômage, un défi pour la stabilité

En 2010, selon le Labour Force Survey, 78% de la main d’œuvre occupe des emplois précaires, sans salaire assuré, et 68% des effectifs au travail se trouvent dans le secteur informel. Environ un tiers de la population vit à Monrovia et l’urbanisation se poursuit. Si l’on ajoute que 70% de la population a moins de 30 ans, la concentration de jeunes sans emploi formel en ville présente un risque d’instabilité. Les femmes sont particulièrement menacées par la stagnation du marché du travail, 60% des femmes sont aujourd’hui sans travail, contre 40% des hommes.

Le gouvernement a lancé en décembre 2012 son programme National Vision en vue d’atteindre en 2030 le statut de pays à revenu moyen. Il a également lancé le programme de transformation (Agenda for Transformation –AFT) pour la période 2012-2017.

Après Ébola, la création d’emplois pour tous est indispensable au maintien de la paix et de la stabilité. Le taux de chômage selon la Banque mondiale est de 3,7%. Plus de 80% des jeunes sont au chômage et l’activité est durement touchée par l’épidémie. Au cours des cinq prochaines années, à compter de 2014, 75 millions USD seront investis dans les 15 comtés en faveur de l’emploi des jeunes à travers le Liberia Youth Employment Program (LYEP), 3 000 emplois ayant déjà été créés en 2013. Le programme Youth, Employment, Skills Training (YES) a assuré la formation de 2 088 jeunes en 2013 dans divers domaines de compétences, avec à la clé un travail pour 580 d’entre eux.

Gaétan Awa (Avec Knowdys Database, BM, PEA, l’OIT, et le Code du travail libérien)

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