[Africa Diligence] Base du développement agricole, l’industrie semencière africaine est confrontée à des difficultés, entre autres: le financement du secteur et celle concernant la mise en place d’un instrument régional de consolidation de l’industrie semencière en Afrique. Ces deux questions étaient à l’ordre du jour de la réunion internationale rassemblant plusieurs organisations régionales du secteur, tenue  en juillet 2018.

À l’initiative du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), soixante-dix experts de l’industrie semencière des 17 pays du Comité régional des semences et plants de l’Afrique de l’ouest (CRSPAO) se sont réunis à Dakar du 9 au 11 juillet 2018.

Au centre des débats se trouvait la question de l’état de mise en œuvre du Règlement semencier régional harmonisé sur le plan national au niveau de chaque État membre et surtout les défis que rencontre l’industrie, de façon générale.

Adopté en 2008 par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et en 2009 par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Règlement semencier régional harmonisé concerne 17 pays de la CEDEAO, de l’UEMOA et du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).

Il vise à créer les conditions favorables à l’émergence d’une industrie semencière forte.

Depuis l’adoption, les 17 États s’appliquent à implémenter les 14 points fondamentaux de ce règlement, non sans défis.

« Nous avons des problèmes quant à la mise en œuvre du règlement semencier régional harmonisé, parce que nous n’avons pas assez de ressources humaines pour encadrer l’industrie semencière », déclare à SciDev.Net, Okelola Folarin Sunday, conseiller technique du directeur général du Conseil national des semences agricoles du Nigeria (National Agricultural Seeds Council – NASC).

Le responsable nigérian ajoute que « le budget alloué par le gouvernement n’est pas suffisant pour permettre la mise en œuvre de certains points du règlement ».

Cet aspect est également souligné par Halimé Mahamat Hissen, directrice des semences et plants au ministère tchadien de l’Agriculture et de l’irrigation.

« Le manque de financements est l’un des principaux défis que nous devons résoudre, pour avoir une filière semencière forte », affirme-t-elle dans un premier temps, avant de souligner l’insuffisance de la sensibilisation des autorités publiques à la liste des défis rencontrés.

À quelques nuances près, les défis relevés sont les mêmes au niveau de tous les États membres du comité, qui, à en croire leurs experts-représentants, ont pourtant une volonté affichée de secourir une filière semencière souffrante.

Les participants à la réunion s’accordent sur le fait qu’il faut non seulement résoudre les défis énumérés plus haut et mettre proprement en œuvre le règlement, mais aussi régler d’autres défis d’ordre structurel, propres à la filière semencière elle-même.

La Rédaction (Bilal Taïrou)

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