[Africa Diligence] En signant la déclaration dite de Marrakech le 30 septembre 2016, vingt-sept pays se sont pays se sont engagés à soutenir l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture africaine (AAA) lancée par le Maroc, hôte de la COP22. Mais est-ce un hasard si ce triple « A » coïncide avec la meilleure évaluation des agences de notation ?

« AAA » est plus connue comme la note maximale accordée à un titre émis par une entreprise ou un État. Elle est attribuée par les agences de notation financière telles que Standard and Poor’s ou Fitch Ratings pour évaluer la solvabilité d’un débiteur. Elle consacre une excellente capacité à honorer un crédit. Ce faisant, elle permet à l’entreprise ou à l’État d’emprunter à des taux d’intérêt moins élevés qu’une autre entité économique moins bien notée. Est-ce le message qu’ont voulu faire passer les signataires de la « Déclaration de Marrakech » ?

Toujours est-il que lors de la séance de clôture de cette rencontre de deux jours qui a été sanctionnée par une déclaration, les participants ont réaffirmé leur soutien aux pays du continent africain pour faire face aux effets néfastes des changements climatiques sur l’agriculture africaine. Ils se sont engagés, dans ce cadre, à accompagner l’Initiative « AAA » pour appuyer le principe d’un financement public et privé plus important, plus efficace et plus efficient et d’un suivi (monitoring) des fonds effectivement déboursés pour l’Adaptation, l’Agriculture et l’Afrique, ainsi qu’un accès facilité des projets africains aux fonds climat.

Les intervenants ont également soutenu « Triple A » pour contribuer à l’action et aux solutions à travers le Plan Mondial d’Action pour le Climat (Global Climate Action Agenda) et tout autre cadre pertinent, en mettant en avant des projets et bonnes pratiques africaines dans des domaines tels que la gestion des sols et l’agroforesterie, de la maîtrise de l’eau agricole, de la gestion des risques climatiques et du financement des petits exploitants, qui constituent l’un des groupes les plus vulnérables, et contribuant également à faire valoir les efforts de recherche et développement dans le secteur agricole.

 Ils ont, par la même occasion, réitéré leur engagement à soutenir cette initiative pour positionner l’agriculture au centre des négociations climat en mettant en exergue une augmentation durable de la productivité et des revenus agricoles, l’adaptation et le développement de la résilience face aux changements climatiques, ainsi que pour œuvrer à un renforcement des capacités africaines en matière de politiques et de programmes agricoles, de montage et de gestion de projets agricoles durables et résilients face au climat.

Les conférenciers ont par ailleurs affirmé que cette initiative qui s’inscrit dans le sillage de l’Initiative Africaine pour l’Adaptation (« IAA ») portée par la Conférence Ministérielle Africaine sur l’Environnement (l’AMCEN) et lancée par la République Arabe d’Egypte à la COP21, en sa qualité de coordinateur du Comité des Chefs d’Etat et de Gouvernement Africains sur le Changement Climatique (CAHOSCC), est structurée en deux volets. A savoir : mettre l’agriculture au centre des négociations climat et appuyer le principe d’un financement climat plus important, plus efficace, et plus efficient, pour l’agriculture africaine, et contribuer au Plan Mondial d’Action pour le Climat et tout autre cadre pertinent en mettant en avant des projets d’adaptation et bonnes pratiques agricoles en Afrique.

Lancée en avril 2016 à l’initiative du Maroc, l’Initiative « AAA » est née du constat qu’en l’Afrique, l’agriculture et l’adaptation sont trop peu prises en compte dans les négociations internationales et en matière de mobilisation de fonds climat.

Cette initiative propose d’agir sur deux volets, à savoir le volet négociations pour mettre l’adaptation de l’agriculture africaine au cœur des enjeux des COP et obtenir une répartition équitable des fonds climat entre adaptation et atténuation et le volet solutions pour promouvoir et favoriser la mise en œuvre de projets concrets et innovants en matière de gestion des sols, de maîtrise de l’eau agricole, de gestion des risques climatiques et de renforcement des capacités, outre les solutions de financement.

La Rédaction (avec MBG et Knowdys Database)

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