[Africa Diligence] Avec des richesses minérales abondantes, de larges réserves pétrolières offshore, des ressources halieutiques et de nombreux atouts touristiques, la Mauritanie constitue une véritable terre d’opportunité pour les investisseurs. Le pays devrait cependant développer son secteur non minier pour assurer son développement effectif.

Au plan économique, la croissance a été dynamique en 2012 (7%). Elle a maintenu son cap pour l’année 2013 (6.8%), tirée par l’agriculture, la production minière et le bâtiment et travaux publics (BTP). Elle devrait être de 6.9% en 2014, portée par les investissements dans le secteur des industries extractives, mais aussi dans les infrastructures. Les IDE se maintiendront à un niveau élevé et se concentreront dans l’exploration de pétrole et de métaux non ferreux (projet d’expansion de la mine d’or de Tasiast, troisième plus grande mine du monde, à hauteur de 2.7 milliards de dollars, soit près de 2/3 du PIB en 2014). Ces perspectives favorables s’appuient sur une série d’hypothèses optimistes : les nouveaux gisements de fer dont dispose le secteur minier, de bonnes conditions climatiques et l’impact positif du nouvel accord de pêche passé en octobre 2013 avec l’Union européenne (UE).

Le déficit budgétaire se creusera de nouveau en 2014. Le gouvernement devrait faire croître significativement les dépenses afin de combler les lacunes du pays en termes d’infrastructures et de lutte contre la pauvreté, mais aussi afin de calmer le mécontentement social. L’aide internationale devrait progressivement se tarir bien que l’administration espère recevoir un nouveau prêt de la part du FMI afin de consolider ses acquis obtenus grâce à la Facilité élargie de crédit (Fec) acquise en 2010. La dette publique, quant à elle, va de nouveau régresser grâce à de nouvelles annulations de dette et à l’augmentation progressive des remboursements.

Au plan commercial, les exportations vont continuer à profiter de la reprise en zone euro. Mais l’économie reste vulnérable à un ralentissement de l’économie chinoise et à une détérioration des termes de l’échange. La hausse des exportations liées à l’exploitation minière permettra de réduire le déficit commercial en 2014. De plus le rythme de croissance des importations, poussé ces dernières années par les investissements dans les explorations gazières et pétrolières ainsi que dans les infrastructures, devrait ralentir. De même, pour les raisons similaires, la balance des services s’améliorera. Le déficit courant, bien que demeurant élevé, se réduira significativement et ce malgré la baisse importante des flux d’aides. Ce déficit sera largement financé par les investissements étrangers dans les industries extractives et les prêts concessionnels. Par ailleurs, le pays s’est doté, grâce à l’aide du FMI, d’importantes réserves en devises qui permettent d’amortir les chocs externes – environ 7 mois d’importations.

Au plan politique, le parti présidentiel, Union pour la République, a largement remporté les élections législatives de décembre 2013. Mohamed Ould Abdel Aziz a été réélu en 2014, avec 80% de voix. L’opposition n’a pas su tirer parti de la grogne sociale dans le pays et s’est présentée aux élections législatives divisée et affaiblie. Un des principaux membres de la coalition d’opposition « Coordination de l’opposition démocratique », le parti islamiste Tawassoul, a brisé le boycott des urnes proposé par cette dernière. A cause d’Al-Qaida au Maghreb Islamique qui sévit dans la sous-région, la situation sécuritaire relativement incertaine continue malheureusement de dégrader le climat des affaires et menace l’attractivité du pays.

Au plan des réformes, l’année 2013 a été marquée par l’exécution satisfaisante du programme triennal appuyé par la Facilité élargie de crédit (Fec), qui s’est achevé en juin 2013. Les autorités nationales en ont respecté la quasi-totalité des critères quantitatifs de réalisation. Les réserves officielles ont atteint l’équivalent de 7.3 mois d’importations fin 2013. En plus d’une bonne performance budgétaire, la stabilité macroéconomique a été soutenue par une politique monétaire prudente, visant à résorber les pressions inflationnistes résultant de la surliquidité bancaire. Le gouvernement prévoit en outre d’importants investissements dans le secteur agricole. Nouakchott s’est fixé comme objectif d’accroître la culture des terres arables afin de réduire l’insécurité alimentaire et la dépendance aux cours des matières premières.

Au plan social, le dynamisme économique semble avoir déclenché la dynamique de l’emploi. Selon l’Enquête nationale de référence sur l’emploi et le secteur informel (ENRE/SI) menée en 2012 et publiée en 2013, le taux de chômage global s’élève à 10.1%. Ces résultats paraissent encourageants même si le marché du travail pose encore des défis structurels. Le secteur informel reste en effet prépondérant, puisqu’il emploie 96% des actifs du secteur privé non agricole. La part de l’emploi vulnérable (53%) s’avère elle aussi préoccupante. En outre, certains des OMD fixés à l’horizon 2015 seront difficiles à atteindre, notamment sur le plan la santé. Des progrès significatifs ont cependant été réalisés en matière d’éducation, d’adduction d’eau potable, d’assainissement et d’égalité des sexes.

Principal conseil : pour consolider la croissance du pays, il serait judicieux d’accélérer le développement du secteur non minier, l’agriculture et l’élevage notamment.

La Rédaction

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