[Africa Diligence] Une jeunesse bouillonnante d’idées qui s’appuie sur les nouvelles technologies pour rendre les marchés africains plus compétitifs. Une économie boostée par un nombre incalculable de start-up. Des géants du web qui multiplient leur présence sur ces marchés… Surtout, ne le dites à personne.

L’intérêt des investisseurs étrangers pour les start-up sur le continent africain n’est pas nouveau. Mais il croît de façon remarquable, faisant de l’Afrique un immense Centre de recherche et développement (R&D) à ciel ouvert. En 2018, ce sont 146 start-up de 19 pays africains qui ont levé plus d’un milliard de dollars (presque autant en francs suisses). Soit près du double des investissements de 2017, selon le rapport du fonds d’investissement Partech.

Les fonds affluent en majorité dans les secteurs de la Fintech (21%), du solaire (21%) et du e-commerce (19%). Les femmes y jouent un rôle important. Elles représentent 27% des créateurs d’entreprises. Un taux plus élevé que sur les autres continents.

Le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigéria sont déjà considérés comme des hubs à start-up. À eux trois, ils totalisent 75% du volume des levées de fonds opérées en Afrique.

Des agriculteurs africains peuvent désormais commander des antibiotiques via leur smartphone

Le Ghana compte bien participer à cet élan. Selon le Fonds Monétaire International (FMI), il s’agirait de l’économie à la croissance la plus rapide au monde cette année. Concernant le dynamisme de ces start-up, le pays talonne le trio de tête.

Parmi ces jeunes pousses, figurent de petits acteurs prometteurs, comme Cowtribe. Cette société assure une aide logistique afin de fournir des vaccins pour les animaux auprès des agriculteurs mal desservis. Grâce à l’application de Cowtribe, les agriculteurs peuvent commander des antibiotiques via leur smartphone. Pour Alima Bawah, la cofondatrice de la start-up, la technologie peut changer l’Afrique : « Au début, on voulait juste résoudre un problème majeur qui touche notre communauté, mais on s’est rendu compte qu’il y avait aussi une opportunité économique ».

Pour trouver des investisseurs, cette trentenaire a participé à des compétitions internationales, comme Seedstars à Lausanne. Un succès qui lui a rapporté un million de francs.

« Contrairement à la Fintech, qui parvient à lever beaucoup d’argent, il était difficile d’obtenir des fonds pour des start-up agricoles en Afrique. Maintenant, la dynamique a changé », ajoute Alima Bawah. Et des start-up comme celle-ci, il en existe des milliers d’autres sur le continent.

Mais il faut des entrepreneurs, des fonds financiers, des compétences en plus grand nombre

En 7 ans, Jumia est devenu le champion du e-commerce sur le continent. On l’appelle l’Amazon africaine, entrée le mois dernier à la Bourse de New York. C’est une première pour une start-up africaine. Fondée en 2012 au Nigeria, l’entreprise est présente dans 14 pays avec des entrepôts gigantesques.

De grands groupes comme Orange ou Goldman Sachs figurent parmi les investisseurs de la société, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 145 millions de francs en 2018.

La force de Jumia est de livrer tous et partout, même dans les zones les plus reculées. L’entreprise compte aujourd’hui 4 millions de clients sur un territoire de 660 millions de personnes. Le potentiel de développement est donc énorme, dans une Afrique hyper connectée.

« Pour que les start-up se développent en Afrique, il faut beaucoup d’éléments : des entrepreneurs, des fonds financiers, des compétences. Au cours des prochaines années, d’autres entreprises comme Jumia vont éclore et montrer au monde qu’en Afrique, il se passe des choses. Il faut juste donner un peu de temps », souligne le Français Jeremy Hodara, cofondateur de Jumia, rencontré entre deux avions à Nairobi.

L’accès au financement reste le plus grand obstacle pour le développement des petites et moyennes entreprises en Afrique, en raison de la difficulté d’obtenir un prêt des banques.

La Rédaction (avec RTS et AE)

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