[Africa Diligence] Pour les experts en intelligence économique de Knowdys, il ne suffit pas de discourir sur le poids du commerce informel dans l’économie africaine. « Il faut la transformer en opportunité ». C’est ce qu’a réussi Pretoria dans la promotion de l’intégration régionale, comme le montre Malusi Gigaba.

L’EXPOSE DE MALUSI GIGABA

L’intégration régionale (libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux entre les pays) fait partie des aspirations essentielles des pays d’Afrique depuis leur accession à l’indépendance. Elle occupe une place importante dans leurs stratégies de développement, en raison de la nécessité économique de surmonter les obstacles liés à la faible taille et au morcellement des économies.

Ces aspirations se sont concrétisées par l’adoption récente de trois instruments d’intégration régionale par les États membres de l’Union africaine (UA) : l’Agenda 2063 de l’UA ; la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) ; et le Protocole de l’UA sur la libre circulation des personnes.

L’Afrique du Sud souhaite voir se réaliser la vision d’une Afrique où les populations circulent librement au-delà des frontières nationales, et où les échanges entre pays sont facilités pour le bénéfice des citoyens. Elle soutient les objectifs d’intégration régionale et de coopération internationale par diverses initiatives publiques :

  • Tout d’abord, l’Afrique du Sud a adopté un nouveau Livre blanc sur les migrations internationales, centré sur l’Afrique et sur les moyens d’assurer le développement économique. Sa nouvelle politique vise à promouvoir les échanges, l’investissement et le tourisme.
  • Elle a également supprimé l’obligation de visa pour les ressortissants des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
  • Elle a par ailleurs commencé à créer, en faveur de ces ressortissants, des visas spéciaux de travail et des visas destinés aux commerçants du secteur informel.
  • Enfin, elle soutient l’utilisation de l’UniVisa pour les visiteurs qui ne viennent pas de la région, afin de favoriser le tourisme régional.
  • Elle propose aussi un visa à entrées multiples de longue durée (3 à 10 ans) aux hommes et femmes d’affaires, aux universitaires et aux voyageurs fréquents des pays d’Afrique qui exigent un visa et des pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

L’Afrique du Sud continue de soutenir les travaux des agences des Nations Unies comme le HCR, l’ONUDC ou l’OIM pour un monde plus juste et plus pacifique. En outre, son appartenance au groupe des BRICS élargit ses possibilités d’accès au marché et d’investissement dans les économies émergentes.

Parallèlement, dans le cadre de sa stratégie numérique, l’Afrique du Sud déploie, dans ses zones frontalières, des technologies numériques destinées à faciliter la libre circulation des voyageurs. La sécurité du système national d’identification a enregistré des avancées remarquables grâce à des plateformes numériques fondées sur la biométrie.

Enfin, l’Afrique du Sud attache une grande valeur à son partenariat avec l’OCDE qui renforce ses possibilités d’échanges et d’investissement.

Malusi Gigaba

Le Sud-africain Malusi Nkanyezi Gigaba est un jeune homme d’Etat qui a occupé les fonctions de ministre de l’Intérieur de la République sud-africaine du 27 février 2018 jusqu’à sa démission le 13 novembre 2018. Ancien leader estudiantin, il rejoint la Ligue de la jeunesse du Congrès national africain et l’ANC lorsque le Congrès panafricain, le Parti communiste sud-africain et d’autres mouvements de libération sont interdits en 1990. Membre du Parlement de l’ANC, il démissionne en 2001. En juin de l’année suivante, la Fédération étudiante nationale cubaine lui remet la plus haute distinction décernée aux étudiants et animateurs de la jeunesse cubaine, la médaille Jose ‘Antonio Echeverrias Aula Matta de l’Université de La Havane. En 2004, cet esprit libre et indépendant est réélu au Parlement où il devient sous-ministre de l’Intérieur jusqu’en octobre 2010. Le 1er novembre suivant, il est nommé ministre des Entreprises publiques. Un an plus tard, il critique ouvertement les dirigeants de l’ANCYL, les qualifiant d’anarchistes lorsqu’ils appellent à la nationalisation des ressources du pays.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici