[Africa Diligence] Pourquoi le super papy aux citations à tordre de rire un imam fait-il la grimace aux investisseurs étrangers ? D’abord parce que le marché boursier du Zimbabwe est au plus mal. Le chiffre d’affaires du mois d’août 2016 a chuté de plus d’un tiers. Ensuite parce que les politiques de Mugabe, aux dires de l’opposition, sont pleines de surprises.

Jusqu’en 2013, le marché boursier du Zimbabwe était le plus performant de tout le continent. Mais en à peine 3 ans, le pays a perdu ce statut, a perdu de l’argent et est aujourd’hui en train de perdre des investisseurs. Le chiffre d’affaires du mois d’août 2016 a baissé de 38%, soit 7 millions USD, car les investisseurs étrangers, qui représentent plus de 60 % des activités, ont retiré leurs actions.

Happiness Zengeni, analyste financière

« Nous avons une faible économie et du coup les entreprises ne se portent pas bien, elles ne payent pas les dividendes et les investisseurs sont sur le marché pour ces dividendes. »

Une longue pénurie de liquidité a retardé le paiement des dividendes, chassant un apport de capital. Plus de 300 millions de dollars dans le marché de la capitalisation ont été perdus lors de la première moitié de l’année. Les chiffres d’affaires quotidiens ont dégringolé, atteignant le niveau le plus bas en 7 ans, à seulement cent cinq mille dollars le 26 juillet 2016.

Kudzai Sharara, analyste financier

« Nous nous attendons à des chiffres d’affaires supérieurs à 1,5 million de dollars, ce qui a été la tendance ces dernières années, mais cette année, ces 20 derniers jours d’affaires ont été très faibles, en-dessous de deux cent mille dollars, ce qui est quelque chose d’inattendu pour un marché comme le nôtre. »

Le Z-S-E essaie d’injecter une nouvelle vie dans le marché des actions. Il travaille sur une Bourse alternative pour les petites et moyennes entreprises et créer un marché des obligations, qui a un revenu fixe, pourrait attirer davantage d’investisseurs.

Happiness Zengeni, analyste financière

« La relance du marché des obligations ne connaîtra une réussite que si l’implication est une réussite et cela nous permettra de lever des capitaux étrangers. Localement, oui, il existe un appétit pour les obligations, mais très limité, alors cela pourrait ne pas fonctionner dans l’environnement actuel. Cela dépend de la façon dont ZSE s’y prend. »

Les investissements nationaux et étrangers au Zimbabwe sont faibles. Les opposants disent qu’il existe des politiques inconsistantes et défavorables. Harare a mis en place des réformes pour simplifier les affaires dans le pays et a décontracté les lois, accusées, préalablement, de faire fuir les investisseurs. Mais cela suffit-il ?

Il reste tant à faire, selon les analystes…

L’Union européenne a décidé la reprise de l’aide directe au Zimbabwe à travers plusieurs mécanismes dont l’apport hors budget de 270 millions USD au cours des cinq prochaines années. Mais il reste tant à faire pour accroitre le soutien de la communauté internationale. La restructuration de la dette zimbabwéenne et le changement de politiques économiques apparaissent comme les clés d’une reprise des prêts et dons des bailleurs de fonds dont le pays est fortement dépendant. A défaut, Robert Mugabe continuera de faire des yeux doux à Pékin.

La Rédaction (avec CAVIE, CCTV et Knowdys Database)

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