[Africa Diligence] Certes, il y a la chute des cours du pétrole, l’insécurité en Centrafrique, au nord du Cameroun et au Tchad du fait de Boko Haram. Mais cela ne suffit pas à justifier la sous-performance des banques d’Afrique centrale, comme l’ont montré les dernières publications de KCG.  La Cobac voit rouge. Mais est-ce le pire ?

Le secteur bancaire de l’Afrique centrale commence à subir les contrecoups de la conjoncture pétrolière internationale. D’après une note de présentation de Lucas Abaga Nchama, président de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), par ailleurs gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, (BEAC), les 52 banques en activité en Afrique centrale présentent un produit net bancaire qui est resté presque statique depuis l’année dernière. Ainsi, l’état du secteur bancaire en Afrique centrale indique par exemple que 16 banques ont déclaré un résultat négatif au 30 juin 2016. Selon les chiffres communiqués par la Cobac, le produit net bancaire de l’ensemble des banques de la sous-région s’élève à 444 milliards de FCFA à cette période. Une performance mitigée qui est presque identique à celle de l’année antérieure.

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De même, devant les directeurs généraux des établissements de crédit ayant pris part aux travaux de la 8e réunion annuelle de concertation avec la profession bancaire et financière qui s’est tenue à Douala, au siège du groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), Lucas Abaga Nchama a pu démontrer que le total de bilan est en légère augmentation de 1,1% à 12 966 milliards de FCFA, entre juillet 2015 et juillet 2016. Sur un autre plan, les crédits bruts ont augmenté de 5,9% à 8 323 milliards de FCFA. Les dépôts de la clientèle quant à eux ont baissé de 1,9% à 9 827 milliards de FCFA sur la même période, notamment du fait des dépôts publics. De même, indiquent les chiffres de la Cobac, la qualité apparente du portefeuille de crédits s’est dégradée, les créances en souffrance sont en hausse de 41,6%. Une situation imputable principalement à l’augmentation significative des créances immobilisées et des créances douteuses. Bien plus, l’excédent de trésorerie recule de 16,8% à 2 756 milliards de FCFA, du fait d’une progression du volume des crédits distribués et d’une baisse des dépôts collectés. En ce qui concerne le coefficient net d’exploitation, il reste néanmoins dans une limite raisonnable à 58,72%. A contrario, les frais généraux s’accroissent de 10%, pour se situer à 260,7 milliards de FCFA, mettant en exergue un accroissement des charges d’exploitation, d’après des experts en finance.

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La combinaison du double choc consécutif à la chute des cours des matières premières, notamment le pétrole qui constitue une source de revenus non négligeable pour cinq des six pays membres de la Cobac, et l’insécurité qui menace certains pays à l’instar du Cameroun et du Tchad, ainsi que l’instabilité en Centrafrique, ont eu un impact négatif sur l’économie sous-régionale dont le taux de croissance est passé de 4,7% en 2014 à 2,8 % en 2015 et à 1,8 % en 2016. Le président de la Fédération des associations professionnelles des établissements de crédit de la Cemac, les présidents des associations professionnelles des établissements de crédit, les directeurs généraux des établissements de crédit et de microfinance qui ont pris part à cette rencontre ont fortement apprécié des échanges qui se sont voulus francs par le président de la Cobac. Ce dernier ne s’est pas d’ailleurs empêché de tirer la sonnette d’alarme pour une nécessaire amélioration au plus vite, des indicateurs de performance du secteur bancaire de la Cemac.

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La Rédaction (avec Simplice Oyono)

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