[Africa Diligence] « Depuis qu’un flamboyant philosophe en chemise blanche de marque Charvet a vendu la guerre en Libye, sans assurer le service après-vente, Paris est sur le qui-vive au Sahel », affirme Guy Gweth. Pour le fondateur de Knowdys, Paris doit encore renforcer le dispositif Barkhane dans la bande sahélo-saharienne. Pour l’intérêt de tous, il faut accroitre le soutien aux pays en guerre contre Boko Haram.

Le 11 mars 2015, le ministre français de la défense a annoncé que la France allait diminuer ses effectifs militaires de l’Opération Sangaris en Centrafrique et accroître son déploiement au Sahel pour renforcer la lutte contre Boko Haram. Cette dernière mesure était attendue depuis le début de l’année. Les attentats du 7 mars 2015 à Bamako, au Mali, ont précipité son annonce.

Selon Guy Gweth, conseil en intelligence économique et stratégique chez Knowdys, « Paris a tardé à effectuer ce redéploiement à cause notamment de la tension sur les effectifs militaires disponibles, mais le geste est à saluer. »

Le fondateur de Knowdys précise que « depuis qu’un flamboyant philosophe en chemise blanche de marque Charvet a vendu la guerre en Libye sans assurer le service après-vente, Paris est sur le qui-vive au Sahel. »

D’après Guy Gweth, « les forces françaises sont pratiquement obligées d’être aux côtés de leurs alliés africains dans la bande saharo-sahélienne, non seulement pour la stabilité régionale, mais aussi pour la sécurité de l’Hexagone.»

« On va augmenter légèrement notre chiffre sur Barkhane précisément pour nous donner des moyens de soutien et d’accompagnement sur les tensions qui se produisent autour du lac Tchad », a déclaré le ministre français de la Défense lors d’une conférence de presse le 15 mars. Sitôt après, les autorités françaises ont tenu à préciser : «nous n’avons pas la volonté d’intervenir dans le combat, nous sommes dans le soutien. »

Au total, ce sont 3.000 soldats français qui sont déployés dans la bande sahélo-saharienne dans le cadre de l’opération antiterroriste « Barkhane ». La France apporte depuis décembre son soutien en matière de renseignement au Cameroun, au Niger, Nigeria et au Tchad, quatre pays confrontés aux attaques de Boko Haram, lesquelles ont causé plus de 15 000 morts en cinq ans.

Alors que Paris poursuit les tractations en vue d’obtenir le soutien d’autres puissances occidentales à la force régionale de lutte contre la secte islamiste, Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense s’est voulu direct et explicite : « Africains et Européens doivent s’engager pour éviter que le Sahel ne devienne le creuset des terrorismes ».

Awa Diallo

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