[Africa Diligence] Amorcé au 3ème trimestre 2014, le Traité de géopolitique africaine dont la sortie est imminente paraitra en trois langues : anglais, français, et portugais. Au menu : l’analyse de 54 discours de leaders qui ont marqué la période de décolonisation dans les domaines politique, économique, sociologique et culturel. L’ouvrage, signé de Patrick Bey et Christophe Bastid, est préfacé par la directrice générale de l’Unesco.

Au total, le Traité de géopolitique africaine comprendra 54 textes analysés et 24 annexes ainsi que le récapitulatif historique de toutes les gouvernances du continent. Le livre sera connecté à un site Internet auquel chaque analyste impliqué dans la rédaction est associé.

Pour chaque discours, le contexte est décrypté par les auteurs et une analyse est faite par un leader d’opinion, homme politique, diplomate, écrivain, journaliste, industriel ou artiste. Dans cet ouvrage, Guy Gweth, fondateur de Knowdys Consulting Group et enseignant de géopolitique et géostratégie à l’université de Reims analyse le discours 41 prononcé le 17 février 2007, à Cannes, par Jacques Chirac, alors président de la république française.

Extrait du discours de Jacques Chirac

« Les choix économiques seront capitaux. L’Afrique est riche, mais les Africains ne le sont pas. Le continent détient le tiers des réserves minérales de la planète. C’est un trésor. Mais il ne doit être ni pillé, ni bradé. Pour cela, il faut le concours des entreprises et des pays les plus demandeurs. Il faut plus de transparence et s’inspirer de l’expérience du processus de Kimberley et de l’initiative EITI, à laquelle s’associent la plupart des pays africains. Il faut bâtir une économie qui ne soit pas trop dépendante des matières premières et de leur volatilité, en accroissant la compétitivité des filières agricole ou industrielle, en développant un secteur tertiaire moderne qui s’intègre dans les réseaux mondiaux. L’Afrique a aussi sa place dans la société de l’information : les nouvelles technologies sont une des clés qui lui permettront d’entrer de plain-pied et sans délai dans la mondialisation. »

Extrait de l’analyse de Guy Gweth

« Les trois autres domaines sensibles – éducation des filles, eau, forêt – cités par le président Chirac restent d’une étonnante gravité. Au quatrième trimestre 2013, les analystes de l’UNESCO estimaient qu’en Afrique subsaharienne, si toutes les filles (une sur huit est mariée à l’âge de 15 ans) achevaient leurs études primaires, le nombre des décès maternels serait réduit de 70 %, ce qui permettrait de sauver près de 50.000 vies par an […] Au premier trimestre 2014, près de 400 millions d’Africains manquaient d’eau potable, selon les Nations Unies. Certes le continent dispose de 5.400 milliards de mètres cubes d’eau dans ses nappes phréatiques, d’après l’Association Africaine de l’Eau (AAE), mais la question de la distribution reste posée. Au troisième trimestre 2014, le bassin du Congo reste le deuxième poumon écologique du monde avec 250 millions d’hectares de superficie et Greenpeace chiffre à 10% la quantité de forêt menacée à long terme dans la région. En mobilisant ainsi les facteurs économiques, politiques et sociaux qui impactent l’Afrique dans les relations internationales, Jacques Chirac délivre un cours de géopolitique africaine d’une incroyable acuité, tant en terme d’actualité que de perspectives. »

Parmi les autres discours analysés dans ce Traité de géopolitique africaine, on signalera notamment ceux de Thomas Sankara, Barack Obama, Habib Bourguiba, Houphouët-Boigny et Mongo Beti. La préface du livre est signée de Madame la directrice générale de l’Unesco.

La Rédaction

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