[Africa Diligence] Le scrutin présidentiel passé, les autorités camerounaises doivent s’employer à booster l’économie du pays. Pour le fondateur de Knowdys Consulting Group, invité par les patrons camerounais du GICAM le 08 novembre 2018 à leur siège de Douala, « le diagnostic est connu, le traitement aussi. Il n’y a plus qu’à… »

Lors de sa conférence du 8 novembre dernier, sur les enjeux de l’intelligence économique au Cameroun, Guy Gweth a été direct. Pour atteindre les objectifs de Vision 2035, « le Cameroun, a-t-il déclaré, doit impérativement accroitre sa productivité, booster le secteur privé, passer le taux d’investissement à 30% en 2035, hisser la croissance du PIB réel à 2 chiffres entre 2020 et 2035, élever la croissance de la productivité à 3% entre 2020 et 2035 et… mettre en place un dispositif de veille et d’intelligence stratégique, au plus tard, en Janvier 2020. »

La situation économique du Cameroun urge

Le tissu économique des régions anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest, qui constituent près de 20% de la population du pays, s’effondre littéralement. Et pour cause… Selon les derniers chiffres, la crise séparatiste a créé un manque à gagner immédiat de plus de 5,9 milliards de FCFA de recettes fiscales pour l’Etat, au titre de l’impôt sur les sociétés.

Pour l’économiste Bernard Ouandji, les conséquences seront fatales pour l’économie camerounaise. « Le rapport qui m’a été donné indique que les plantations sont aux arrêts. Et ce sont des denrées recherchées dans le marché mondial. L’économie dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest est actuellement morte à 80%. Je suis surpris que le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) ait annoncé il y a quelques jours une croissance économique de 1,7%. C’est une fantaisie ! Tous les moteurs de l’économie sont en panne. Il y a une récession économique sévère. Et pour ma part je trouve que si ce conflit dure un mois de plus, ce sera honteux pour la classe politique dirigeante. »

La crise anglophone entretient une hémorragie qu’il faut stopper

Le secteur primaire est très durement touché, c’est le cas notamment du cacao avec 45% de la production provenant de la région du Sud-Ouest. 75% du café arabica est produit dans le Nord-Ouest, selon les chiffres du Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM). La banane, qui compte parmi les principaux produits d’exportations du pays, est aussi largement touchée. A l’arrivée, l’économie camerounaise perd trois places et occupe désormais le 166e rang au niveau mondial. Un mauvais signe pour les investisseurs locaux et internationaux.

L’amélioration du climat des affaires est un chantier prioritaire

Le président de la république, Paul Biya, l’a souligné lors de son discours d’investiture le 6 novembre dernier. « Les grands défis qui nécessitent l’accès à l’émergence de notre économie que j’ai rappelé, les engagements que j’ai pris pour améliorer la qualité de vie des camerounais, supposent que les conditions adéquates de stabilité et de sécurité soient réunies. Je puis vous donner l’assurance que je ferai en sorte que ce soit le cas. »

Place à l’action !

La Rédaction (avec Elisabeth Asen, le GICAM et Knowdys Database)

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