[Africa Diligence] A l’occasion de la visite officielle de Sa Majesté le roi Mohammed VI à Abuja du 1er au 2 décembre 2016, le Maroc et le Nigeria sont tombés d’accord pour mettre à l’étude la construction d’un gazoduc offshore entre l’ouest nigérian et le Maroc. Pourquoi et comment le gaz s’est-il invité aux noces de commerce Maroc-Nigéria, et pour quels enjeux ?

Le roi du Maroc, Sa Majesté Mohammed VI, était en visite officielle à Abuja les 1er et 2 décembre 2016, où il a rencontré le président nigérian Muhammadu Buhari. Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, a affirmé qu’un projet d’extension « d’un gazoduc transafricain qui ira du Nigeria au Maroc et finalement jusqu’en l’Europe », était en discussion, dans une vidéo publiée sur le compte Twitter de la présidence nigériane. « C’est un projet très important pour nous », a ajouté Onyeama, sans davantage de précisions.

La construction du plus grand gazoduc d’Afrique de l’Ouest reliant les zones gazières du sud du Nigeria aux marchés consommateurs d’énergie de la côte ouest-africaine – Bénin, Togo, Ghana – avait démarré en 2005 et l’acheminement du gaz a commencé cinq ans plus tard.

Mohammed VI a-t-il vraiment damé le pion aux Algériens, qui avaient entamé en 2001 « des négociations avec le gouvernement nigérian en vue d’un projet similaire à travers le Sahel, mais n’avaient finalement pas pu réunir les financements », comme l’estiment certains analystes marocains ? Il est trop tôt pour l’affirmer. Le memorandum d’entente entre l’Algérie et le Nigéria pour la construction d’un gazoduc transsaharien d’une capacité de 20 à 30 milliards de m3 est resté lettre morte pour trois raisons : (i) la présence des jihadistes de Boko Haram et d’Aqmi dans le nord du Nigeria et au Sahel, (ii) le manque de financements, et (iii) l’absence d’engagement de l’Union européenne par des accords commerciaux.

Le potentiel gazier du Nigeria, première économique du continent, est immense, avec les premières réserves prouvées en gaz naturel d’Afrique et les septièmes mondiales. Mais le delta du Niger (sud), d’où provient le gaz, est le théâtre de violences perpétrées par des groupes armés qui s’en prennent régulièrement aux oléoducs pour réclamer un meilleur partage des ressources, qui ont fait chuter la production de gaz et de pétrole en 2016.

« Au-delà des finances et des tchin-tchin, la sécurité est le principal enjeu de ce projet », estime un consultant en intelligence économique et due diligence du groupe Knowdys.

La Rédaction (avec Knowdys Database et AFP)

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