(Africa Diligence) En 2012, la Banque Mondiale a désigné la Zambie comme l’un des pays les plus rapidement réformés économiquement dans le monde. Cependant, les analystes en intelligence économique d’Africa Diligence estiment que ces réformes devraient se poursuivre afin d’améliorer l’inclusion bancaire.

Malgré la présence des succursales de grandes banques sud-africaines et internationales comme Barclays et Standard Chartered Bank, le système bancaire zambien ne s’adresse majoritairement qu’aux plus riches et aux entreprises établies. Les crédits représentent 10% du PIB, illustrant la faible bancarisation du pays. Dans ce paysage bancaire peu enclin à prêter aux segments risqués que sont les particuliers et les PME, Zambia National Commercial Bank (Zanaco) est la banque commerciale à capitaux locaux créée initialement pour contrer la prédominance des banques étrangères et servir le marché local.

En 2010, la société néerlandaise pour le financement et le développement (FMO, Pays-Bas) et Proparco ont accordé un financement à Zanaco, sous forme de ligne de crédit à long terme d’un montant total de 25 millions de dollars. Ce financement est destiné à l’accompagner dans sa croissance future, et particulièrement à endosser ses crédits à long terme.

Banque de détail comptant plus de 200 000 clients particuliers (première banque zambienne en termes de dépôts), la restructuration de Zanaco permettra à un plus grand nombre de zambiens d’accéder à des services bancaires de meilleure qualité. On notera que Zanaco facture ses prêts à un taux situé en bas de la fourchette du marché zambien. Sur le segment des entreprises et notamment dans le secteur agro-alimentaire, l’offre de crédits à long terme permettra un meilleur refinancement des équipements, dont l’achat est actuellement financé par des crédits à court terme, ce qui occasionne de fréquents incidents de paiement.

En 2011, de nouveaux chiffres de la Banque Centrale de Zambie (BOZ) révélaient que le secteur bancaire zambien a connu une hausse du volume total de ses actifs. Selon l’institution, un volume important de liquidités et une croissance économique soutenue ont contribué à une augmentation de 20% de ses actifs sur l’année. Cette tendance s’est poursuivie en 2012, avec un volume des actifs s’élevant à 8% entre janvier et mai.

Le gouverneur de la Banque de Zambie (BoZ) Caleb Gondwe estime que l’inclusion financière reste un défi, malgré le rendement économique positif que le pays a enregistré récemment. Selon le chef de la banque centrale, l’entrée de nouvelles banques et l’expansion des produits et des services par les acteurs du marché n’ont pas résolu le problème, car il y avait encore plusieurs régions du pays et de nombreux secteurs de la société où les services financiers formels sont toujours absents.

En décembre 2013, le gouverneur de la Banque de Zambie (BoZ) a saisi l’occasion du lancement officiel de la First Bank Capital (FCB) Zambia Ltd ex International Commercial Bank (ICB) à Lusaka, pour exhorter les banques commerciales à profiter de l’environnement macro-économique favorable à l’expansion dans les zones rurales et d’améliorer l’inclusion des banques. De son avis, ces établissements financiers gagneraient à profiter de l’environnement économique pour se développer et accroître le taux de bancarisation, notamment dans les zones rurales. Pour le gouverneur de la banque centrale, ces établissements doivent étendre leurs réseaux de succursales dans les zones rurales afin d’aider à une inclusion financière plus étendue. En procédant de la sorte, les banques vont mobiliser l’investissement privé, source essentielle de capital à long terme à même de stimuler la croissance économique, tout en favorisant l’innovation et en soutenant les petites entreprises.

(Knowdys Database, avec Banque mondiale, Agence française & développement et Les Afriques)

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