(Africa Diligence) Le Malawi continue de subir des tensions macroéconomiques : inflation, volatilité du taux de change et endettement intérieur excessif. Pour endiguer l’inflation, la Banque de réserve du Malawi (Reserve Bank of Malawi – RBM) a poursuivi une politique de rigueur monétaire. Si l’inflation a commencé de refluer, le rythme de la désinflation est plus lent que prévu en raison de la vive dépréciation du kwacha. Pour les experts en intelligence économique (IE) d’Africa Diligence, il est urgent que le Malawi améliore la reddition de ses comptes et la transparence dans son secteur public.

Avec l’arrivé au pouvoir en mai 2012 de Joyce Banda, la Banque Centrale a resserré sa politique monétaire, portant le taux d’intérêt directeur de 13 à 25% et retirant de la masse monétaire en circulation. Malgré une politique budgétaire qui se veut restrictive, le déficit de 2013 (1.3% du PIB) devrait se creuser à 4.2% en 2014.

La Banque centrale a en outre modifié en décembre 2013, la composition du ratio de réserves obligatoires (15,5%) et introduit une nouvelle facilité de prêt (Lombard Facility) permettant aux banques commerciales de se refinancer (depuis le 1er janvier 2014) auprès de la Banque centrale à un coût égal au taux directeur +2%. Ce resserrement de la politique monétaire s’est soldé par une très forte hausse des taux d’intérêt pratiqués par les banques, l’objectif étant de freiner l’inflation, issue en large partie de la dévaluation intervenue en mai 2012.

A la suite de cet épisode de dévaluation, le Kwacha s’est déprécié pendant un an, avant de s’apprécier sur la période d’avril à juin 2013 (+18,0%) et de se stabiliser à environ 320 Kwacha pour 1 dollar USD jusqu’à septembre 2013. Après avoir enregistré un nouvel épisode de dépréciation sur le dernier trimestre 2013, la devise s’est légèrement appréciée depuis le début de l’année 2014.

 Les défis macroéconomiques que le pays doit relever ont été amplifiés par la révélation en septembre 2013, du pillage de fonds publics à travers le Système d’information intégré sur la gestion financière (Ifmis), affaire qualifiée de « cashgate ».

Les donneurs ont suspendu leur appui budgétaire, ce qui a creusé le déficit. En réaction au scandale, le gouvernement a mis en place, avec l’aide des donneurs, un plan d’action complet destiné à corriger les faiblesses de la gestion des finances publiques. Ce scandale financier a souligné combien il était urgent que le Malawi améliore la reddition de comptes et la transparence dans son secteur public. Le pays a organisé, en mai 2014, les cinquièmes élections démocratiques multipartites de son histoire, un nouveau test de la maturité de sa démocratie.

Le nouveau président élu du Malawi annonce une batterie de mesures pour assainir les finances publiques. En effet, Peter Mutharika, a déclaré que son gouvernement a élaboré un plan d’actions pour faire face de manière décisive au scandale financier qui a secoué récemment son pays. Le « cashgate » est  considéré comme étant le pire pillage de fonds publics dans un gouvernement, estimé à hauteur de 13 milliards de kwacha, avec la complicité de politiciens, de fonctionnaires, et d’hommes d’affaires.

Le plan d’actions prévoit des mesures à court et moyen termes que le gouvernement a besoin de mettre en œuvre pour éviter un autre « cashgate » et pour prévenir les détournements de fonds publics. Le plan d’actions prend en compte tous les aspects de la finance publique et de la gestion économique, y compris la comptabilité publique,  les contrôles internes, l’élaboration du budget, la passation des marchés, les questions disciplinaires, les réformes administratives et les besoins en matière de renforcement des capacités.

(Knowdys Database, avec Perspectives économique en Afrique et Direction générale du trésor)

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