(Africa diligence) Le Niger est un vaste pays enclavé de 1.27 million de kilomètres carrés dont le taux de croissance démographique (3.4% par an) est l’un des plus élevés au monde. Le pays compte quelques 16.601 millions d’habitants (2013). Après une croissance de 11.1% en 2012 tirée par le démarrage de la production de pétrole brut et une bonne récolte agricole, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel s’est établie à 3.6% en 2013. Pour les experts en intelligence économique d’Africa Diligence, les prévisions de croissance pour 2014 sont de l’ordre de 6%.

Le repli de la croissance nigérienne s’explique par le ralentissement de la production agricole affectée par un déficit pluviométrique au cours de la campagne agricole 2013/14. Cela s’explique également par le ralentissement de la production minière, conséquence des arrêts temporaires survenus dans certains sites uranifères et aurifères, en raison notamment du bras de fer entre le Niger et Areva. A ce sujet d’ailleurs, le gouvernement nigérien et le groupe français du nucléaire ont annoncé lundi 26 mai 2014 avoir signé, après dix-huit mois de négociations, l’accord renouvelant le contrat d’exploitation de deux mines d’uranium, en vigueur depuis des décennies.

Avec l’augmentation de la production de la raffinerie de pétrole de Zinder et celle des mines d’uranium et d’or, les perspectives pour 2014 et 2015 font état d’une reprise de la croissance économique, avec des taux respectifs de 6.0% et 6.2%, soumise toutefois à quelques risques. Ces risques concernent la persistance de poches d’insécurité le long des frontières Sud et Nord du Niger, la forte exposition de l’économie aux chocs climatiques et la récurrence des crises alimentaires.

Le Niger a initié plusieurs programmes dans le cadre du plan de développement économique et social (PDES 2012-15), avec l’objectif d’impulser une croissance soutenue et inclusive. Dans ce cadre, la mise en œuvre de l’initiative 3N (les Nigériens nourrissent les Nigériens) a contribué à l’augmentation de la production irriguée. Le pays s’est doté d’une charte nationale de bonne gouvernance dans la gestion des ressources minérales et a atteint en 2012, le statut de conformité totale de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

Cependant, le développement du secteur privé à même d’accompagner la diversification de l’économie nécessaire pour la croissance inclusive reste un défi. Le Niger n’a pas entrepris de réformes majeures en matière d’amélioration du climat des affaires. Il est classé 176e au dernier classement Doing Business 2014, soit une variation dans le classement de moins 2 places par rapport à 2013.

En 2013, le déficit des comptes courants s’est réduit à 14.7% du PIB (contre 15.4 % en 2012), les importations de biens d’équipement (et les investissements directs étrangers parallèles) ayant diminué avec l’achèvement de plusieurs projets miniers engagés autour de 2010. De leur côté, les exportations ont pâti des menaces sécuritaires, qui ont perturbé la production, et du déclin des cours mondiaux. Le taux de couverture des importations par les réserves de change s’est redressé en 2013 (à 5.2 fois, contre 4.7 fois en 2012). Dans les années à venir, la dynamique des comptes courants restera essentiellement tributaire des investissements à grande échelle dans le secteur minier, qui devraient repartir à la hausse en 2014/16.

Pour 2014, les prévisions tablent sur un rebond du PIB autour des tendances à long terme, des recettes fiscales et des exportations et la maîtrise continue du déficit budgétaire global.

L’insertion du Niger dans les chaînes de valeur mondiales (CVM) est timide en raison d’un appareil de production peu développé. Les secteurs des industries agroalimentaires, extractives et manufacturières peuvent toutefois offrir à terme, des perspectives de développement. À condition de mettre en œuvre des politiques visant à améliorer l’environnement des affaires et à favoriser une plus grande interconnexion entre les secteurs d’activités, notamment le secteur minier et le reste de l’économie.

(Knowdys Database, avec Perspectives économiques en Afrique et Banque mondiale)

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