Le CEO de KCG promu Chevalier de l’Ordre National de la Valeur Due diligence en Afrique : Knowdys renforce la validation de partenaires Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique « afriques, Panafrique » : l’immense traité de géopolitique africaine

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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10 questions à Ismaël NZOUETOM, fondateur de i-Dispo

[Africa Diligence] Créateur de Sara, une assistante particulière disponible 24h/24 et 7j/7, Ismaël NZOUETOM s’est livré sans détour aux questions de Paul YANGE. Le jeune ingénieur camerounais, fondateur de la start-up i-Dispo, raconte ici la genèse et le développement d’un produit exceptionnel qui va révolutionner les habitudes.

Paul YANGE : Vous êtes le fondateur de I-Dispo, une Start-up dont on parle beaucoup en ce moment. Peut-on connaître votre background, et savoir comment vous avez évolué professionnellement avant de vous lancer dans l’aventure I-Dispo ?

Ismaël NZOUETOM : J’ai fait une partie de mes études au Cameroun. Après un bac « F » en électronique au lycée technique de Nkolbisson (Yaoundé), j’ai rejoint la première promotion du DUT « génie et télécoms et réseaux » de l’IUT de Bandjoun (Ouest-Cameroun). A la fin de mon DUT, j’ai pu obtenir une bourse d’excellence de la Francophonie qui m’a donné la possibilité de venir en France [en 2002] pour un an d’école d’ingénieur à l’ISPG au sein de l’université Paris XIII. J’ai fait ensuite trois ans de formation d’ingénieur en télécom, option informatique car j’étais déjà passionné d’informatique.

J’ai fini en 2005 et je me suis lancé dans le conseil en nouvelles technologies, j’ai travaillé dans trois sociétés de conseil différentes pendant ces cinq années : un an chez Expertime, une société à taille humaine spécialisée dans les technologies Microsoft, chez British Telecom où je pilotais le pôle « Dot net » en terme d’architectures et de relations partenariat. J’étais en rapport avec Microsoft que j’ai naturellement rejoins en 2007 dans le pôle conseil. J’y suis resté trois ans et j’ai accompagné des clients comme Axa, TF1, BNP dans le développement internet autour des technologies Microsoft.

Chez Microsoft, lors de mes deux dernières années, j’ai complété ma formation de base par un diplôme en stratégies et finance car je commençais à penser à l’entrepreneuriat. Pendant ce master (passé au CNAM), l’idée I-Dispo est née. J’ai aussi été lauréat du prix national de la stratégie pendant ce master où j’ai pu rencontrer plusieurs entrepreneurs dont un qui avait créé son entreprise juste à la sortie de l’école et qui en avait fait une vraie success-story puisqu’il était le numéro 1 des éditeurs de logiciels d’assurance en France. Cela m’a donné l’envie d’entreprendre. L’idée I-Dispo étant née, j’ai étudié l’opportunité et finalement je suis parti de Microsoft en octobre 2010. I-Dispo s’est créée en juillet 2010 et j’avais déjà commencé à avoir les premiers prototypes et les premiers partenaires.

Comment est née l’idée I-Dispo ?

L’idée même est née suite à un besoin personnel. Je cherchais à prendre rendez-vous avec un dentiste et j’ai dû passer une quinzaine de coups de fil pour en trouver un situé dans ma zone et qui était disponible au moment où je le souhaitais. Il y a eu un déclic.

C’est vrai que lorsqu’on y pense, quand on veut réserver dans un restaurant, chez un médecin, etc., il faut joindre le professionnel et même une fois qu’on l’a joint, on n’est pas forcément satisfait des disponibilités obtenues. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire sur ce thème. J’ai commencé à regarder ce qui existait sur le marché.

Aux Etats-Unis, il y avait des idées sur la prise de rendez-vous, il y avait au niveau des médecins un acteur qui avait beaucoup de succès aux Etats-Unis. En France il y avait des acteurs sur des niches ou des marchés plus matures comme la réservation d’hôtels ou de restauration.

Pendant que j’étais chez Microsoft, j’ai fait deux incubateurs, l’un suite au le concours Innovapole de la CCI de l’Essonne qui m’a permis pendant 6 mois d’avoir des cours sur la création d’entreprise, de challenger mon idée.

En même temps, il y avait le début d’un autre incubateur américain lancé par un serial entrepreneur qui vit dans la Sillicon Valley. Le concept était que des entrepreneurs ayant réussi dans la Silicon Valley ou dans le monde faisaient un retour d’expérience à des jeunes entrepreneurs en train de se lancer. Avec l’idée de dire : vous ne quittez pas votre entreprise, vous êtes encore au stade de l’idée, vous recevez un retour d’expérience de la part de gens comme Jonathan Benassaya, créateur de Deezer, Christophe Cremer, créateur de meilleurtaux.com, Will Bunker, fondateur de match.com

Cela a permis de faire mûrir le projet, et de lui donner une dimension globale. C’est à la fin de l’incubateur, lorsque la session s’est terminée en juin, que j’ai pris la décision de partir. Le contact avec d’autres entrepreneurs et la conviction que l’idée était bonne m’ont convaincus de me lancer.

Je suis parti de Microsoft en négociant un congé de création d’entreprise qui m’a permis de quitter progressivement Microsoft et partir officiellement en octobre 2010 avec quelques partenaires qui étaient prêts à rejoindre et à tester le produit.

Lorsque vous êtes parti aviez-vous déjà des associés ou étiez-vous tout seul ?

J’avais déjà des associés. Lorsque j’ai eu l’idée, j’avais un collègue avec qui j’avais développé les premiers prototypes. Il était l’associé de départ. Pendant les incubateurs et la phase de prospection, d’autres associés nous ont rejoints car l’idée était de trouver des profils complémentaires et le projet prenait de l’ampleur. Nous avions surtout une casquette un peu technique, il fallait rajouter une expertise commerciale, marketing et business développement. Une jeune entrepreneuse que j’ai rencontrée au Founder Institute qui avait une idée avec lesquelles il y avait des synergies et qui avait la même vision du marché nous accompagne dans la gestion du produit.

Le concours qu’on a vu sur internet et au cours duquel Steve Ballmer, PDG de Microsoft, a apprécié votre démonstration a eu lieu à quelle occasion ?

L’entreprise est créée en juillet 2010 et lancée en octobre 2010, à partir de ce moment-là j’y suis à temps plein. Je termine quand même ma mission chez Microsoft car j’avais accompagné Axa pendant un an sur la refonte de son espace client et je voulais aller au bout de cette mission. Mais je travaillais pendant mes congés pour I-Dispo. En octobre il y a eu l’opportunité d’un concours autour de Windows Phone avec la présence d’entrepreneurs, d’investisseurs, et surtout Steve Ballmer, PDG de Microsoft. On se dit que c’est une opportunité de se montrer, d’avoir de la visibilité de tester notre concept auprès du grand public.

On décide assez tard de participer puisqu’on développe l’application deux semaines avant la fin du concours. Et on a été assez étonné du buzz qui s’est créé. Le jury lui-même s’est dit étonné du buzz qu’on a su créer, des personnes qu’on a su ramener autour du projet. On finit quasiment premier dans le vote du public, on est élu meilleure application par le public sur Techcrunch.

On sent une vraie adhésion avec beaucoup de gens qui nous disent que l’idée est superbe. Lors du concours, on finit parmi les quatre meilleures applications. Cela nous a permis d’avoir une première validation du concept par le grand public, par des investisseurs… On a pris en compte les différents feedback reçus lors de ce concours et les contacts noués nous ont été utiles par la suite.

Entre le concours et la levée de fonds de I Dispo, qu’est ce qui s’est passé?

Une fois que nous nous sommes dit que l’idée séduisait, nous sommes passés à l’exécution et la sortie d’une première version de l’application avec les fonctionnalités de base telles qu’on les avait imaginées. Nous nous sommes mis à rechercher des fonds pour accélérer le développement puisqu’à cette époque, j’étais un peu seul au niveau développement. Un freelance nous accompagnait dans le développement, mais l’idée était de se renforcer pour avoir une première version opérationnelle de la plateforme.

Le concours a été une bonne idée pour avoir de la visibilité et Microsoft séduit par l’idée nous a permis d’intégrer le programme bizspark, un programme assez sélectif d’accompagnement de 25 startups en France dans le domaine de l’édition de logiciels. Tous ces différents facteurs : le concours, le programme Microsoft Bizspark, les contacts qu’on avait noués via l’incubateur du Founder institute, tout cela nous a permis de susciter l’intérêt des investisseurs qui croyaient au concept et ont souhaité nous accompagner car ils pensaient qu’il y avait une possibilité de créer une entreprise à dimension internationale. On a commencé les discussions avec comme objectif de sortir une première version en février.

On avait réussi après le concours à convaincre Microsoft de nous choisir comme partenaires pour des services qu’ils voulaient lancer sur le moteur de recherche de Microsoft Bing. L’objectif de notre première levée de fonds était de finaliser la plateforme pour être prêt pour cette sortie et commencer à lancer un pilote à partir de février mars autour de la plateforme. On a finalisé notre première levée de fonds courant janvier, ce qui nous a permis de sortir notre version pilote fin mars et on s’apprête à déployer dans quelques jours le service au niveau national puisque le pilote a été un succès. On déploie le service sur plusieurs métiers et plusieurs villes.

Le montant de la levée de fonds n’a pas été dévoilé. C’est un chiffre confidentiel ?

Exactement. C’est un chiffre confidentiel car nous sommes en phase de négociation d’un second tour de table. Donc nous préférons garder le montant confidentiel par rapport aux négociations qui sont en cours.

Tout à l’heure vous avez évoqué la possibilité pour I-Dispo de devenir une entreprise internationale. Est-ce que vous visez des marchés particuliers en dehors de la France, comme le marché américain ?

L’idée d’I-Dispo est par essence universelle puisque le constat qu’on a fait était que la prise de rendez-vous était aujourd’hui une tâche restant fastidieuse, répétitive, comportant beaucoup d’actions manuelles, que ce soit en ce qui concerne les services de proximité, ou même dans le cadre professionnel (prise de rendez-vous entre deux personnes, etc.).

Aujourd’hui 70% des personnes qui recherchent un prestataire de proximité font la recherche en ligne, puis sont obligés de joindre le prestataire pendant des périodes ouvrables. Ni les professionnels, ni les particuliers ne se retrouvent dans ce schéma. Nous nous sommes dit que nous pouvions créer un système permettant de combler ce manque, et ce quel que soit le système que les gens utilisent (agenda papier, logiciel informatique, etc.). Il s’agit d’offrir la possibilité de pouvoir prendre des rendez-vous 24h/24 ou 7j/7, notamment lorsqu’il n’y a pas besoin d’échange humain.

Comment voyez-vous le modèle économique de I-Dispo ?

Nous offrons notre produit gratuitement : chaque professionnel de proximité bénéficie de ce produit qui permet de prendre des rendez-vous de façon universelle 24/24h via internet. Ceux qui ont envie d’être plus visibles peuvent définir une commission qu’ils paieront lorsqu’une mise en avant effectuée déclenchera un chiffre d’affaires chez eux.
Lorsque l’internaute effectue ses recherches, nous pourrons mettre en avant des informations ou de la publicité qui peuvent être intéressantes pour les consommateurs. Il y a aussi de la publicité faite par des tiers.

Comment regardez-vous l’aventure I-Dispo avec un peu de recul depuis la création de la société ?

Quand on est dans une entreprise comme Microsoft qui est une belle entreprise et dans laquelle je me sentais très bien que ce soit en terme de qualité de travail, de potentiel d’évolution… et qu’ on se dit qu’on va tout arrêter et se lancer, on rencontre des gens qui vous disent que ça ne va pas marcher, que c’est compliqué, que c’est trop risqué… J’ai une nature qui me pousse à aimer les challenges. Quand on aime les challenges, il faut aussi écouter car quand on reçoit des critiques, cela signifie que le message n’est peut-être pas bien passé, ou qu’il y a des choses dans ce qu’on veut mettre en place qui sont à revoir. C’est toujours intéressant d’avoir un feedback. Aujourd’hui nous sommes très à l’écoute de nos clients et partenaires, ce qui nous permet d’adapter notre produit.

Cela dit, pour tout entrepreneur, il y a toujours des moments où c’est très difficile. Mais il faut croire en son idée, se dire qu’on est en train de résoudre un problème qui existe, que ce qu’on crée amène de la valeur pour le particulier, les professionnels, et les partenaires.

Si vous aviez un conseil à donner à des jeunes qui veulent devenir entrepreneurs, particulièrement ceux issus des minorités/diversité ?

Il faut croire en son idée, mais avoir de la capacité à prendre en compte la critique pour l’améliorer. Aujourd’hui avec Internet, il n’y a aucune limite à ce qu’il est possible de faire. Facebook a été créé par un étudiant dans sa chambre et aujourd’hui ce sont les utilisateurs partout dans le monde qui développent l’idée. Le marché, surtout avec les effets leviers d’internet valide l’idée.

Je crois qu’il faut aussi éviter de rentrer dans le schéma classique qui consiste à se mettre des barrières en se disant qu’on n’aura jamais les opportunités, ou le réseau qu’il faut parce qu’on vient d’ailleurs. Aujourd’hui en France et un peu partout [dans le monde], quand une idée est bonne, qu’on apporte un projet qui a de la valeur et qui peut s’imposer sur le marché, il y a beaucoup de gens ouverts qui sont disposés à suivre et à investir.

(Avec Grioo)

Veille multi-sectorielle, études de marché, authentification de documents, notes de conjoncture, organisation des RDV d'affaires, formations et conférences... Les experts en intelligence économique, due diligence et public affairs de Knowdys mettent à votre disposition une connaissance précise de l'environnement économique, culturel et géopolitique des marchés africains.

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2 Commentaires

  1. Chafickadjiba71 dit :

    Le monde à forcement besoin de vous les créateurs pour s’épanouir et se développer

    Chafick Adjibade : Infographiste
    PD Spotlight Magazine à
    Cotonou Bénin

  2. Cher compatriote, ton histoire donne espoir et fait rêver. Elle démontre surtout qu’il est important d’être déterminé à réussir au détriment de la peur de l’échec. Au Cameroun, ces derniers temps, on parle entrepreneuriat. J’aimerais que M. NZOUETOM passe de temps en temps dans les Lycées et Collèges pour partager son expérience et donne envie aux jeunes souvent en proie à la facilité. Félicitation pour cette success-story

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