«Cela fait en général quelques lignes dans la presse, mais le procédé est courant. Ainsi, on apprend, le 24 juillet 2009, l’annulation de la dette du Cameroun envers la France, pour un montant de 1,2 milliard d’euros (…). Mais cette annulation comprend une contrepartie : elle est faite ‘en échange de la réalisation de projets de développement, définis en commun par Paris et Yaoundé, d’ici 2016.’

« Sous-entendu les entreprises françaises devront avoir leur part du gâteau. Et en 2016, on annulera de nouveau la dette que le Cameroun ne pourra pas payer… La dette sert aussi à faire tourner des entreprises françaises à l’étranger, mais on finance des intérêts privés avec de l’argent public…

« On comprend le manège : la France prête de l’argent à des pays dans lesquels elle exerce une ‘certaine influence’, une grande partie de cette somme finance des contrats signés avec des entreprises françaises, puis quand vient le moment de rembourser, le pays ne peut pas (car de toute façon la corruption endémique empêche tout décollage économique). Ce n’est pas grave, on annule la dette et on recommence ! »

Extraits de : France, la faillite ?: Après la perte du AAA, ouvrage paru en mars 2012 aux éditions Eyrolles.

L’auteur, Philippe Herlin, est chercheur en finance et chargé de cours au Centre National des Arts et Métiers (France).

 

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La rédaction

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